Le lait de chamelle , un don du Sahara

Le lait de chamelle , un don du Sahara

Pour se nourrir, l’homme sahraoui a toujours compté sur la consommation de viande et de lait de chamelle. Lorsque ce dernier est disponible en abondance durant les époques grasses, les Sahraouis le boivent à tous les repas et en toute circonstance. A Laâyoune comme dans les autres villes du sud du Royaume, la vente de ce lait passe par deux étapes seulement, à savoir la production et la vente, sans passer par la distribution, comment ?
La production se fait d’une manière traditionnelle et individuelle, et non pas dans des unités industrielles spécialisées comme c’est le cas pour les autres genres du lait. Les producteurs de ce lait ne sont pas groupés dans le cadre d’une coopérative qui leur facile la tâche, mais chacun travaille individuellement. La commercialisation de ce lait reste toujours dans ses débuts, et se heurte à quelques obstacles liées notamment aux coutumes et us des cette région. Donc l’élément reste toujours dominant dans cette région, dans laquelle les dromadaires étaient presque exclusivement utilisés pour le transport des hommes et des marchandises dans ce rude environnement.
Le lait, la viande et les fibres qu’ils procurent sont néanmoins de plus en plus appréciés pour leurs vertus. Aujourd’hui Les produits à base de lait de chamelle pourraient venir non seulement enrichir l’alimentation des populations des zones arides et semi-arides, mais aussi fournir une importante source de revenus aux éleveurs nomades.
On estime à 85.000 dromadaires dans le sud du Royaume, c’est-à-dire la moitié du cheptel national, mais il ne s’agit que d’une approximation. Et dont les éleveurs se déplacent en quête de pâturage selon les saisons et sont capables de survivre jusqu’à un mois dans le désert sans avaler rien d’autre que du lait de chamelle. La production de lait de chamelle reste généralement un système à faibles intrants et rendements, ce qui explique pourquoi cinq litres par jour sont considérés comme un résultat tout à fait acceptable. Des chiffres sur la production nationale de lait de chamelle sont indisponibles, mais elle est sûre qu’elle est infime par rapport à celle de lait de vache. Alors que la production mondiale totale est de 5,3 millions de tonnes. Une chamelle allaitante produit de 1 000 à 12 000 litres de lait pour une période allant de 8 à 18 mois. Le premier producteur mondial de lait de chamelle est la Somalie (850 000 tonnes par an), suivie de l’Arabie Saoudite (89 000 tonnes). Dans les provinces du Sud, la commercialisation reste un parcours semé de bosses, et se fait lui aussi d’une manière anarchique, malgré la demande de plus en plus croissante. Un litre de lait de chamelle se vend aujourd’hui contre dix dirhams, et l’offre reste très loin de répondre à la demande. La vente se fait des crémeries spécialisées, qui couvrent la majorité des quartiers d’une ville comme Laâyoune. «Parfois ces crémeries n’ouvrent qu’une demi-heure, le temps suffisant pour vendre leur produit et qui reste suffisant, vu la très grande demande, notamment lors de ce mois sacré», confie à ALM Salka Dih, vendeuse dans une crémerie à Laâyoune.
Vu la demande d’une gamme diversifiée de produits à base de lait de chamelle, beaucoup de jeunes de la région de Laâyoune, Boujdour-Sakia El Hamra comptent investir dans ce secteur, pour créer des entreprises modernes capables d’assurer aux consommateurs des quantités suffisantes de ce lait, et des produits qui lui sont dérivés.
«En améliorant l’alimentation animale, l’approvisionnement en eau, l’élevage et les soins vétérinaires, les rendements journaliers pourraient grimper jusqu’à 20 litres, ce qui sera bénéfique pour les éleveurs», explique Hamdati Mohamed, éleveur des dromadaires. Selon les explications de ce dernier la traite est variable selon les régions et n’est faite généralement que quand les conditions alimentaires le permettent. Dans les conditions difficiles le lait est entièrement réservé aux chamelons.
La chamelle continue de produire du lait pendant plus de deux ans broutant seulement des épines et les maigres herbes du désert. La qualité de ce lait est parfaitement conforme aux exigences de l’homme. Dans cet esprit, le lait de chamelle contient trois fois plus de vitamines C que celui du lait de vache.
Le lait de chamelle contient les protéines, les sucres, les graisses, les minéraux et les vitamines dont l’homme a besoin.
Ce lait a un goût sucré ou salé selon les plantes dont l’animal se nourrit. Généralement le lait de chamelle est blanc rougeâtre, doux et âcre.Beaucoup d’analyses physico-chimiques ont permis de rapprocher sensiblement le lait de chamelle et à celui de la femme. Les composants du lait de la chamelle varient selon le troupeau auquel elle appartient la chamelle, d’une chamelle à une autre, les plantes et les herbes que consomme la chamelle, le type et la quantité d’eau qu’elle boit, la saison durant laquelle elle grandit, la température du milieu, l’âge de la chamelle, la période de l’allaitement, le nombre de petits, les capacités héréditaires et les techniques d’analyse utilisées.

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