Le monstre de Casablanca : Mustapha Moutachawiq (5)

Le monstre de Casablanca : Mustapha Moutachawiq (5)

Mustapha Moutachawiq, son ami et amant, Bouchaïb Zinani et l’enfant, Abdelghafour, rebroussent chemin à Sidi Messaoud. Abdelghafour semble se familiariser avec eux. Ils s’éclatent de rire, plaisantent…19 h sonne. Abdelghafour ne se rend pas compte du temps qui passe. Pour un enfant comme lui ce temps n’a plus de valeur. Mustapha leur demande de l’attendre dans un terrain vague au douar Al Hamri. Après un quart d’heure, il retourne en possession de deux bouteilles de «Chaudsoleil» et un verre. Avec Bouchaïb, il picole. L’enfant veut rentrer chez lui. «Je vais te conduire chez tes parents d’ici une heure», le rassure Moutachawiq.
Un sourire se dessine sur les lèvres du petit Abdelghafour. Malheureusement, il ne s’agit que d’une promesse qui ne sera jamais tenue. Pourquoi ? Abdelghafour s’assoit à côté de Moutachawiq qui commence à lui toucher les jambes. Surpris, Abdelghafour le fixe avec innocence. Une innocence que Moutachawiq désire bafouer. Et comme un tigre, Moutachawiq se jette sur l’enfant, tente avec force de l’immobiliser, lui déboutonne son pantalon tout en défaisant le sien. Et comme une gazelle, Abdelghafour se débat de toutes ses forces. Bouchaïb intervient et soutient son ami. L’enfant crie, demande du secours. À qui ? Il n’y a personne. Moutachawiq perd les pédales. L’enfant se débat et Moutachawiq serre de ses deux mains son cou. Après quelques secondes, Abdelghafour décède. Les deux amis abandonnent le cadavre et partent en rigolant comme si rien ne s’était passé. Et Moutachawiq tue le premier enfant au cours de son parcours criminel. S’arrêtera-t-il à ce premier crime ? Non.
Moutachawiq croise, le matin du 14 novembre 1974, au centre-ville de Casablanca, un ancien taulard de la prison d’El Adir, Mohamed Al Marrakchi. Tous deux se réfugient dans un café, se souviennent de leur vie à la prison. Après avoir bu leur thé, ils quittent le café, errent sans objectif, conversent sans sujet, se sentent à l’aise comme s’ils étaient des amis intimes. Quand ils s’arrêtent, ils se retrouvent à la Place des Sraghna, quartier de Derb Soltan. Ils s’attablent dans l’un des cafés. Mais, tout d’un coup, Moutachawiq remarque un enfant qui passe devant le café. Leurs regards se croisent. Mustapha lui lance un sourire. L’enfant lui répond avec un autre sourire. Moutachawiq se lève, avance vers l’enfant et s’approche de lui.
– «Ça va ?»
– «Oui».
– «Tu habites ici ?»
– «Non, je demeure à Derb Al Baladia»
– «Ah bon, c’est bien et que cherches-tu?»
– «Un travail».
C’est Hassan Laouina. Il vient d’avoir ses quinze années. Issu d’une famille indigente, il cherche à gagner sa vie et subvenir à sa famille. Un petit rêve qui ne se réalisera jamais. Pourquoi ?
– «C’est très bien pour un enfant comme toi de penser à travailler au lieu de perdre le temps à jouer. Vraiment, j’aime aider les enfants qui ont des ambitions. Et je suis sûr que je peux t’aider à avoir un travail bien rémunéré», lui promet Moutachawiq.
– «Je veux n’importe quel emploi pour aider ma famille».
– «Rassures-toi, d’ici demain tu seras recruté».
Hassan le croit. Les mots et la promesse de Moutachawiq le rendent très heureux. Son petit sourire et ses regards le confirment. Moutachawiq le convainc de rester en sa compagnie. Tous les trois, Mustapha, Al Marrakchi et l’enfant, discutent. Quand ils arrivent derrière l’entrée de l’école Lalla Mimouna, ils s’arrêtent et s’assoient par terre. Mustapha et Al Marrakchi s’enivrent, alors que Hassan les observe. A un moment donné, Moutachawiq met sa main sur l’épaule de Hassan, le tire et l’embrasse. Hassan lui crache au visage. Mustapha le gifle et lui ordonne de baisser son pantalon. Hassan tente de s’enfuir. Al Marrakchi l’empêche, le gifle à la joue. Hassan résiste… Parviendra-t-il à sauver sa peau ? n
 
(Demain : Moutachawiq tue le deuxième enfant, Hassan Laouina et abuse et étrangle un SDF).
 
 

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *