Le nouveau Roi attendu sur le dossier des réformes

Le Roi Abdallah devrait "introduire de larges réformes, notamment depuis que les conditions financières et économiques sont propices au changement", a indiqué à l’AFP l’analyste politique Abdel Aziz al-Kassem.
Premier exportateur mondial de pétrole, l’Arabie, qui a bénéficié de la brusque augmentation des cours du pétrole, a dégagé un excédent budgétaire de 26 milliards de dollars en 2004. Abdallah a succédé lundi à son demi-frère, le roi Fahd, décédé à l’aube.
Il a manifesté "clairement son enthousiasme pour la mise en oeuvre des réformes, que ce soit au niveau de la participation publique, que pour remodeler les structures législatives et institutionnelles de l’Etat (…), tout en préservant les fonds publics, un sujet sur lequel il a déjà fait des pas significatifs", ajoute M. Kassem.
Les élections municipales du printemps, avaient permis pour la première fois d’élire la moitié des membres des 178 conseils municipaux du royaume, l’autre moitié étant désignée par le pouvoir.
Bien que le vote fut réservé aux hommes, le scrutin a été sans précédent dans ce pays gouverné selon une stricte interprétation de la loi islamique et où les forces conservatrices sont fermement opposées au changement, en particulier à l’intrusion des femmes dans la vie publique. Ces réformes prudentes sont intervenues alors que les Etats-Unis ont fait pression sur les gouvernements arabes pour élargir la participation publique à la vie politique. Mais en Arabie, des responsables ont insisté sur le fait que tout changement doit être compatible avec les conditions internes. Abdallah, qui gouvernait le royaume de facto depuis 1995, après que son demi-frère, le roi Fahd, eut été victime d’une embolie cérébrale, "fait face aux mêmes défis : développer l’Arabie saoudite aussi vite que possible dans le cadre des traditions et coutumes du pays, tout en préservant (…) la stabilité dans la région", a déclaré mercredi le ministre des Affaires étrangères Saoud al-Faiçal. Sur le plan économique, le royaume, qui espère rejoindre l’Organisation mondiale du commerce (OMC) d’ici la fin de l’année, s’est engagé sur la voie de la privatisation et s’est ouvert aux investissements étrangers.
Le Roi Fahd avait mis le royaume sur la voie de la modernisation et Abdallah va probablement "accélérer l’allure des réformes politiques et économiques", a indiqué à l’AFP l’éditorialiste Turki al-Hamad. "La réforme qui était une option il y a 20 ou 30 ans, est désormais une nécessité", estime-t-il.
L’une des principales tâches du nouveau monarque sera de "construire davantage d’institutions pour associer dirigeants et citoyens (à la vie publique) (…) et de réformer les institutions existantes", dont la justice, qui "a besoin d’être restructurée", selon lui.
Autre défi pour le nouveau roi: le chômage, qui n’a cessé d’augmenter, touchant principalement les jeunes et qui peut avoir, selon Al-Hamad, de graves répercussions sociales et politiques, rendant plus facile la diffusion des "idées extrémistes" après des jeunes désoeuvrés.
Selon des estimations officieuses, le chômage toucherait environ 20% de la population masculine.
"Je ne dis pas que la pauvreté est la cause du terrorisme, mais plutôt que la pauvreté fournit un environnement favorable à la montée de l’extrémisme", souligne l’éditorialiste.
Depuis mai 2003, l’Arabie a été frappée par une vague d’attaques meurtrières attribuées au réseau terroriste Al-Qaëda.
Enfin, selon l’éditorialiste, le roi Abdallah devra également "juguler la corruption", car, ajoute-t-il, "peu importe le flux d’argent qui entre au pays (…) s’il doit s’échapper ici et là". Dans un discours à la nation mercredi, le roi Abdallah a promis de "travailler pour la justice et de servir tous les citoyens sans discrimination".

Par Lydia Georgi

AFP 

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