Le prince héritier Abdallah à la tête d’un pays confronté au terrorisme (Bio Portrait)

Les sévères critiques américaines contre le laxisme supposé de Ryad envers le terrorisme — et surtout contre le rôle éventuel de la monarchie saoudienne dans l’émergence d’un islamisme ultra-radical — ont été motivées par le fait que 15 des 19 auteurs de ces attentats étaient des Saoudiens, tout comme Oussama ben Laden, chef du réseau Al-Qaëda responsable de ces attaques.
Le prince Abdallah a déclenché une lutte sans merci contre les partisans d’Al-Qaëda, auteurs d’une série d’attentats meurtriers depuis mai 2003, d’autant qu’ils s’en prennent directement au régime saoudien, et plus seulement aux étrangers qui vivent dans le royaume.
En dépit des efforts des néo-conservateurs américains, qui continuent à alimenter une campagne anti-saoudienne aux Etats-Unis, Abdallah entretient des rapports directs avec le président George W. Bush, notamment par de fréquents entretiens téléphoniques.
Sa récente visite en avril au ranch texan de M. Bush et l’accueil qui lui a été réservé par le président américain — illustré par les images des deux hommes marchant main dans la main — sont venus attester de leurs excellentes relations personnelles, mais surtout de l’amélioration des relations bilatérales depuis le 11 septembre.
Lors d’une précédente visite officielle aux Etats-Unis, en avril 2002, les deux hommes avaient discuté d’un plan de paix pour le Proche-Orient lancé par Abdallah.
Adopté par le sommet arabe de Beyrouth de mars 2002, ce plan, qui n’a pas eu de suite, proposait à Israkl une normalisation de ses relations avec le monde arabe en échange de son retrait de tous les territoires arabes occupés.
Conscient de la colère dans le monde arabe, le prince avait décidé en 2003 de ne pas autoriser les forces américaines à utiliser le sol saoudien pour envahir l’Irak.
Il dirige de facto le royaume depuis l’embolie cérébrale subie en 1995 par le roi Fahd, son demi-frère.
Abdallah, qui a connu des problèmes cardiaques à la fin des années 1980 et suit depuis un régime très strict, bénéficie du soutien des influentes tribus du royaume et des religieux.
Vu de l’étranger, le royaume est perçu comme fermé et arriéré, mais Abdallah essaie de le faire évoluer graduellement dans la voie des réformes, en équilibrant une tradition musulmane ultra-conservatrice et une modernisation jugée inévitable.
Dans la foulée du 11 septembre 2001, le royaume a dû faire face à la colère d’une petite frange d’extrémistes, disciples d’Oussama ben Laden, qui veulent renverser la famille royale et instaurer un islam dur et ont lancé à cette fin une vague d’attentats sanglants.
Abdallah a promis de manière répétée d’éradiquer le terrorisme, mais parallèlement, il a répondu aux appels à une ouverture politique en lançant un très prudent processus de réforme.
Un "dialogue national", avec la participation de divers secteurs de la société, a ainsi vu le jour.
Surtout, l’Arabie a organisé cette année des élections municipales, une décision historique, puisqu’il s’est agi du premier scrutin de toute l’histoire du pays.
La condamnation en mai à de lourdes peines de prison de trois réformateurs jugés pour avoir réclamé une monarchie constitutionnelle montre toutefois les limites de cette ouverture.
Né en 1923 à Ryad, Abdallah est le 13ème fils du roi Abdel Aziz, fondateur du royaume.
Depuis 1962, il est à la tête de la Garde Nationale, formée d’hommes d’origine bédouine réputés pour leur loyauté qui protègent les installations stratégiques, comme les installations pétrolières, ainsi que la famille royale.
Il devient deuxième vice-Premier ministre en 1975 et prince héritier en 1982.
"Personne ne doute de sa piété", dit de lui un diplomate occidental, ajoutant qu’il est "le personnage le plus accepté par les détracteurs islamistes de la famille royale".
Irréprochable sur le plan de l’honnêteté et de la moralité, contrairement à certains membres de la famille royale, il est parvenu à restreindre les dépenses des milliers de princes et princesses, notamment en imposant des quotas pour le nombre de billets d’avion ou d’appels téléphoniques dont ils bénéficient gratuitement.
Moins lié aux Etats-Unis que le roi Fahd, Abdallah a renforcé les relations avec le monde arabe, comme en témoigne sa médiation entre Damas et Amman en 1980, ou encore son rôle décisif dans l’accord de Takf, qui mit fin à la guerre civile au Liban (1975-90).
Il a aussi réussi un rapprochement avec l’Iran chiite, dont le président Mohammad Khatami a visité le royaume en 1999.
Sur le plan économique, il a ouvert son pays aux investissements étrangers, notamment le secteur des hydrocarbures, et dirigé le plan de privatisation des grandes compagnies publiques, lancé en 1997.

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