Le puissant Prince Sultan, nouveau prince héritier (Bio Portrait)

Le prince Sultan, qui serait né en 1928, selon une biographie officielle sur un site du ministère de l’Information, est à la tête du ministère de la Défense et de l’Aviation depuis 1963.
Après l’accession au trône de Fahd, en 1982, il a été désigné deuxième vice-président du Conseil des ministres, le premier étant le prince héritier Abdallah, 82 ans.
La succession étant régie par le droit d’aînesse, c’est logiquement qu’il devient prince héritier après l’accession au trône de son demi-frère Abdallah.
Sa santé fragile et son âge avancé amènent toutefois à s’interroger sur ses chances de devenir un jour le souverain de cette riche monarchie pétrolière.
En mai 2004, il avait subi une opération des intestins pour l’ablation d’un polype.
Il y a quelques années, des rumeurs non confirmées avaient fait état de désaccords sur la succession avec le prince Abdallah, avant que celui-ci consolide son pouvoir.
Le prince Sultan a occupé de hautes fonctions gouvernementales dès son plus jeune âge, devenant gouverneur de Ryad en 1947.
En tant que ministre de la Défense, il a renforcé et modernisé les forces armées saoudiennes, en concluant notamment d’importants contrats avec les Etats-Unis et la Grande-Bretagne.
L’Arabie saoudite, l’un des principaux clients arabes de l’industrie militaire britannique, est liée à Londres par le contrat Al-Yamamah. Conclu en 1985, ce méga-contrat, qui aurait généré plus de 40 milliards de dollars de ventes d’armes à Ryad, serait la plus importante transaction militaire de l’histoire du royaume.
La plus grande base aérienne du pays, située à al-Kharj (80 km au sud de Ryad), porte son nom. Construite dans les années 1990, cette base du prince Sultan a accueilli les forces aériennes américaines chargées de faire respecter la zone d’exclusion aérienne au-dessus du sud de l’Irak après la première guerre du Golfe, en 1991.
La base abritait quelque 4.500 soldats américains au début de 2003, avant que les Etats-Unis ne décident de les transférer vers la base d’Al-Oudeid, au Qatar, à la suite du refus de Ryad d’autoriser les forces américaines à utiliser le territoire saoudien pour attaquer l’Irak en mars 2003.
Le prince Sultan avait aussi refusé aux Etats-Unis le droit d’utiliser des installations militaires saoudiennes lors de la guerre lancée fin 2001 par les Etats-Unis contre le régime des taliban alors au pouvoir à Kaboul.
"Nous n’accepterons pas la présence sur notre sol d’un seul soldat pour combattre les musulmans et les Arabes", aurait-il dit alors.
Le prince Sultan ne s’est jamais confiné à son domaine de la Défense, prenant publiquement position sur la politique du royaume, notamment le processus de réforme, ou sur des questions relevant de la diplomatie.
En mars 2004, il s’était ainsi prononcé pour l’élection des membres du "Majlis al-Choura", un Conseil consultatif dont les membres sont désignés par le roi, "si les Saoudiens estiment que c’est justifié".
Accusant, en juin 2002, des membres juifs du Congrès américain de mener une campagne contre le royaume après les attentats du 11 septembre 2001, il n’avait pas hésité à lancer: "il suffit de constater sur des photos que ces membres du Congrès portent la kippa", la calotte des juifs religieux. "C’est suffisant".
Le prince avait été poursuivi en 2002 par des familles de victimes des attentats du 11 septembre 2001 pour des contributions présumées à des associations caritatives liées au réseau terroriste Al-Qaëda.
Mais un juge fédéral américain a rejeté en janvier et en mai les plaintes déposées contre l’Arabie saoudite, ainsi que certains de ses dirigeants et de ses institutions financières, à la suite de ces attentats, estimant que les plaignants n’avaient pas apporté de preuves suffisantes.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *