Le Ramadan dans l’empire du milieu

Selon le président de l’Association islamique de Chine, ce pays compte plus de 34.000 mosquées. Celle de Niujie existe depuis un millénaire et celle de Dongsi depuis 500 ans. Ce sont les deux grandes mosquées de Beijing. Les musulmans de la capitale chinoise sont basés essentiellement dans le quartier Niujie tout autour de la mosquée éponyme. C’est dans celle-ci que se rassemblent la majorité d’entre eux durant le mois sacré.
A la veille du Ramadan, des calendriers sont distribués dans les principales mosquées et les restaurants musulmans. Région par région, tout y est précisé, du 1er jour du mois jusqu’à la fête : les horaires des prières, le coucher du soleil, la rupture du jeûne, ….
Dans les lieux de prière, les calottes blanches et les voiles deviennent alors de plus en plus visibles. D’année en année, le nombre de pratiquants ne cesse de croître.
Selon les historiens, l’Islam a commençé à se répandre en Chine au VIIème siècle, sous la dynastie Sui.
A la veille de l’émergence de la République populaire en 1949, la situation de l’Islam a été ainsi décrite dans un document officiel : "Le nombre des adeptes de l’Islam doit se situer entre 20 et 30 millions. Les Chinois se convertissent difficilement à l’Islam. Dans l’armée, on ne trouve des musulmans chinois que dans les troupes dont les officiers sont musulmans. Aucune fille musulmane n’épouserait un Chinois. Une certaine croissance vient du fait que des musulmans épousent souvent des Chinoises qui embrassent leur religion ».
En ces temps là, les musulmans de Chine se répartissaient entre les deux sectes de la religion traditionnelle et du courant nouveau. La première qui appartient à l’école des hanafites se fonde sur le Coran et sur la sounna. La seconde, qui a pris naissance dans le Gansu et étend de fortes ramifications au Shaanxi, au Sichuan et au Yunnan, est plus attachée au culte de ses saints et de leurs tombes et reconnaît que ses chefs sont investis par Dieu de grâces célestes particulières qu’ils transmettent à leurs successeurs. Les deux sectes sont vivement opposées l’une à l’autre..
En 1945, les communistes définissent leur politique dans les zones contrôlées par eux et notamment celles où des musulmans vivaient : «Toutes les religions sont autorisées dans les régions libérées de la Chine, selon le principe de liberté de foi religieuse. Tous les adeptes du protestantisme, du catholicisme, de l’islam, du bouddhisme et des autres croyances jouissent de la protection du gouvernement du peuple à condition qu’ils observent les lois». Mais dans leur entreprise de "libération et unification" de la totalité du pays, les dirigeants communistes rencontrent beaucoup de résistance chez les populations islamiques.
Après la fondation de la République populaire, le gouvernement communiste officialise prudemment dans la constitution sa politique de liberté des religions, en donnant des instructions précises pour la faire avant tout observer dans les régions des minorités ethniques. Il faut maintenir envers celles-ci le respect qui convient, se garder à leur égard de toute interférence indue pendant les réformes socialistes. Dans le même temps est créé un Bureau des affaires des minorités pour assumer, avec le département du Front uni, la tâche d’une politique prudente de réconciliation et de contrôle.
Cette ligne d’action se concrétise dans l’autonomie régionale concédée à quelques régions à forte population musulmane, en particulier à la Mongolie intérieure en 1947, au Xinjiang Uigur en 1955, au Ningxia Hui et au Guangxi Zhuang en 1958, au Tibet en 1965, ainsi qu’à de nombreux districts dans les autres provinces. Il faut en outre observer que la politique communiste à l’égard des musulmans en Chine a été également dictée, en partie, par des considérations internationales.
Comme ensemble religieux, les musulmans chinois font partie intégrante du monde islamique du sud-est asiatique et du Moyen-Orient à l’égard desquels la Russie et la Chine ont des visées politiques. Supprimer la religion musulmane à l’intérieur du pays rendrait extrêmement difficile l’amélioration des rapports avec ces régions. L’intensification des activités communistes, en particulier au Moyen-Orient, est donc une cause partielle du traitement bienveillant de la religion musulmane.

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