Le Roi Fahd : Un monarque tenace et prudent (Bio Portrait)

Fahd, dont le nom signifie "léopard" en Arabe, avait accédé en 1982 au trône de l’Arabie saoudite, pays qui détient les réserves de pétrole les plus importantes du monde et est le premier exportateur de brut.
Mais sa santé s’était détériorée à partir de 1995 à la suite d’une embolie cérébrale, ce qui l’avait amené à abandonner le pouvoir à son demi-frère, le prince héritier Abdallah, qui dirigeait de facto le royaume depuis lors.
Dès son accession sur le trône, en 1982, Fahd est confronté à une dégringolade de 20% des cours du brut qui le contraint à engager des réformes économiques, notamment des coupes massives dans les subventions publiques.
Il se consacre aussi à développer la puissance militaire du royaume en dépensant, entre 1985 et 1991, près de 50 milliards de dollars, selon les estimations du Jane’s Intelligence Weekly.
Mais en dépit de cet investissement, les forces armées du royaume ne sont pas de taille pour faire face toutes seules à la menace irakienne.
Après l’invasion du Koweit par l’Irak de Saddam Hussein, en août 1990, Fahd prend la décision historique d’autoriser le déploiement de troupes américaines dans son pays, berceau de l’islam et qui abrite les deux lieux saints les plus importants de cette religion.
La guerre du Golfe, en 1991, et l’arrivée des troupes de la coalition anti-irakienne sur le territoire saoudien commencent alors à briser les tabous d’une société fondée sur le wahabisme, une interprétation rigide de l’islam.
Le mécontentement monte, sur fond d’immobilisme politique et de crise financière due au faible niveau des cours du pétrole et à la facture de la libération du Koweët.
Dans l’espoir de prévenir toute agitation de la part des islamistes, Fahd décide en 1992 de lancer les premières réformes politiques de l’histoire du royaume.
Il inaugure ainsi en 1993 un Conseil consultatif (Majlis al-Choura) composé de 60 membres nommés (élargi à 90 membres en 1997, à 120 en 2001 et à 150 cette année) et promulgue une Loi fondamentale inspirée de la charia (loi islamique) qui laisse le pouvoir entre les mains des Al-Saoud.
Mais l’alliance militaire avec Washington a provoqué la colère des fondamentalistes, notamment des jeunes Saoudiens qui, comme un certain Oussama ben Laden, sont rentrés triomphants d’Afghanistan après avoir combattu l’Armée Rouge.
En novembre 1995 et juin 1996, 24 soldats américains périssent dans deux attentats à Ryad et Al-Khobar (est).
Depuis mai 2003, les attentats revendiqués par les militants du réseau Al-Qaëda se sont multipliés sur le sol saoudien, faisant près de 100 victimes parmi la population saoudienne et les résidents étrangers. Une quarantaine de policiers et plus de 100 activistes islamistes ont également péri depuis cette date.
La répression déclenchée par les autorités a contribué à atténuer la forte tension avec les Etats-Unis née des attentats du 11 septembre 2001, dont 15 des 19 auteurs étaient des Saoudiens.
Après une jeunesse quelque peu dissipée, cet homme au visage empâté marqué d’une moustache et d’un bouc noir se pose dès son accession au trône en leader du monde islamique.
En 1986, le roi Fahd adopte ainsi le titre de "Gardien des deux saintes mosquées" de La Mecque et de Médine.
De l’Afghanistan, alors occupé par les troupes soviétiques, au Maghreb, en passant par l’Afrique, il joue la carte financière pour contrer le communisme ou soutenir des mouvements islamistes, avec l’aval public ou tacite des Etats-Unis.
Né vers 1921, il est le huitième fils d’Abdel Aziz Ibn Saoud, fondateur du royaume.
Ministre de l’Education dès 1953, il ouvre l’Instruction publique aux jeunes filles et introduit l’enseignement des sciences.
Lorsqu’en novembre 1964 la famille royale décide d’écarter le roi Saoud, jugé incapable, c’est le prince Fahd qui est chargé de lui demander d’abdiquer au profit de son frère le prince Fayçal, a raconté un prince sous le couvert de l’anonymat.
Après la mort de Fayçal, assassiné en 1975, et l’avènement du roi Khaled, Fahd devient prince héritier, dirigeant en fait le pays en coulisses en raison de la mauvaise santé du souverain. Une situation similaire à celle qui devait prévaloir plus tard sous son propre règne.
Le tournant de ce règne se situe le 29 novembre 1995, lorsqu’il est victime d’une embolie cérébrale. Il confie alors la régence à son demi-frère, le prince héritier Abdallah.
Il reprend progressivement ses fonctions officielles à partir de février 1996, mais sa santé empire rapidement et il doit subir plusieurs opérations, au point d’être confiné dans un fauteuil roulant. Les rumeurs sur son décès marqueront les dernières années de sa vie.
Le roi Fahd était, selon l’hebdomadaire américain Fortune, l’un des hommes les plus riches du monde.

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