«Le vrai acteur est celui qui ne joue pas le rôle d’un acteur»

«Le vrai acteur est celui qui ne joue pas le rôle d’un acteur»


ALM : Quelles sont les raisons qui vous ont poussé à choisir une carrière de metteur en scène? Ce choix est-il personnel ou une influence de votre entourage familial?
Abdelhak Zerouali : Moi, j’appartiens à une famille qui est très loin du domaine artistique. Comme on dit: il n’y a pas d’effet sans cause. On peut dire que ma référence dans cette expérience est l’appartenance à la ville de Fès avec toutes les composantes sociales et religieuses de sa civilisation, ainsi que de ses traditions profondes dans la création jusqu’au bout de l’étonnement.

Comment abordez-vous un rôle de théâtre ou de cinéma?
Il y a une règle qui dit que le vrai acteur est celui qui ne joue pas le rôle d’un acteur!! Ainsi, je traite les rôles, soit en les écrivant pour moi ou bien, ceux qui m’ont été accordés par d’autres réalisateurs -écrivains. Je les traite avec un style d’unification de la personnalité et de réaction par rapport aux événements et aux états psychologiques des personnages, pour persuader le public qu’il est devant une situation réelle, et pas devant une tauromachie.

Que représente pour vous la carte professionnelle ?
Il y a un proverbe qui dit «Ne pas donner le pouvoir à celui qui le désire». En effet, cela concerne aussi le sujet de la carte artistique. Certes, cela pourrait être obligatoire du côté administratif pour éviter les cas de débordement, malheureusement, cette initiative est retardée; et elle est arrivée d’une manière généraliste qui ne distingue pas entre abeilles et mouches.
 
Quelles sont vos activités en dehors du monde de l’art?
J’aime jouer aux mots croisés. Je veux être au courant des événements politiques, de l’actualité sportive, et être toujours en état de voyages soit dans mes entrailles ou hors de mon esprit. Je veille sur la bonne éducation et la formation de mes enfants, pour les mettre à l’abri des risques et des échecs qui envahissent notre époque.
Quel est le film ou bien la pièce de théâtre qui a laissé un impact sur votre personnalité?
J’admets que je suis formé et influencé par de nombreux films et pièces de théâtre que j’avais vus dans des différentes circonstances et qui ont enrichi mon expérience. Pour les films, je cite «A daquira al khesba» de Michel Khalifi, «Al Massir» de Youssef Chahine, «Rakibe a Daraja» de Hayat Paploniroda.
«Titanic», «Les khitanousses arrivent». Alors que pour les pièces de théâtre, j’ai été marqué par «Hamlet» de William Shakespeare, «Le conte du cheval» de Tolstoi, «Makamat Badii Zaman Hamadani» de Taib Sediki, «Dairat a Tabachir El Koukazia» de Brecht, «Arab arab» de Fadil Jaibi et le groupe tunisien. Et autres oeuvres artistiques arabes et mondiales.

Quels sont vos projets à venir?
Il y avait une journaliste iraquienne poète qui s’appelle Amal Jbouri qui m’a posé la question suivante «Ne voyez-vous pas que vous avez abouti à l’aube» et j’ai répondu que j’admets que je n’ai même pas encore commencé, c’est-à-dire que le vrai créateur est celui que lorsqu’il achève un travail artistique, pense qu’il doit recommencer à nouveau. Personnellement, je n’aime plus entendre cette question car ceci me pousse à réfléchir et revivre mon passé… Alors que ce qui m’intéresse, c’est de penser au nouveau projet pour satisfaire mon public.

Parlez-nous de vos débuts artistiques?
Le début de ma carrière artistique était hasardeux, ayant neuf ans, à Fès j’étais choisi parmi des enfants dans mon quartier Mekhfia pour jouer le rôle du prince dans la pièce de théâtre: «Fi Sabil Al Watan» d’un ami de ma famille Abdelkamel Benisse. Ensuite, j’ai passé une période dans le théâtre des amateurs 1961-1976. J’ai travaillé dans le pur écrit et l’audio-visuel, puis j’ai participé dans des dizaines de festivals arabes et européens. J’ai écrit quelques neuf oeuvres: Théâtre, roman et poésie. Aussi j’ai obtenu plusieurs prix comme écrivain et acteur. Je suis ex-membre du bureau central de l’Union des écrivains du Maroc. Je suis ex-attaché dans le cabinet du ministère de la Culture à l’époque de Dr. Said Bel Bachir. J’ai trente monodrames avec lesquels j’ai fait plusieurs tournées dans divers villes, patelins et villages.

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