Les comédiens font la fête

Le Maroc célèbre, ce vendredi 14 mai, sa journée nationale du théâtre. Une journée qui fait office d’un temps d’arrêt sur une pratique théâtrale toujours en quête de repères. Une pratique qui rompt peu à peu avec une situation alarmante dans laquelle cet art pataugeait, réanimée en cela par un programme de soutien à la production théâtrale mis en place par le ministère de la Culture. Un programme qui a fait élever à 30 le nombre de compagnies, soit une augmentation de 3%.
Une avancée à laquelle s’ajoutent d’autres. Louant dans ce sens cette démarche, plus d’un professionnel du théâtre marocain partage cet avis. Parmi eux, le vétéran du théâtre marocain, Tayeb Seddiki, qui avait dans des déclarations à ALM, mis en exergue certaines initiatives dont la création du fonds d’aide au théâtre, la création et le renforcement du Festival national de Meknès, qui en est à sa 5-ème édition et le développement d’infrastructures théâtrales, comme c’est le cas dans les villes de Khouribga et Meknès, où un théâtre a été construit dans chacune des deux villes. L’absence d’infrastructures n’est pas encore résolue pour autant. Une ville de près de 4 millions d’habitants, comme Casablanca, ne possède toujours pas de véritable théâtre. Les autres grandes villes ont parfois quelques petits théâtres, mais qui sont négligés, mal équipés et mal entretenus.
Parmi les initiatives à mettre à l’actif du ministère de la Culture, figure également la création d’un festival international bi-annuel de théâtre pour jeune public. Six troupes régionales ont également été créées. Elles montent chaque année une production et participent à des festivals internationaux. Exemple : la troupe régionale de Rabat, primée au Festival de Carthage et la troupe régionale de Meknès qui a eu de très bons échos lors du Festival expérimental du Caire. Toujours est-il que la formation des comédiens pèche toujours par la rareté d’écoles et centres dédiés à la cause. La seule école de théâtre qui existe dans le pays à ce jour, l’ISADAC (Institut supérieur d’art dramatique et d’animation culturelle), n’a été créée qu’à la fin des années 80 à Rabat. Et il faudra sûrement attendre longtemps, avant que de grands talents ne surgissent d’entre ses murs.
L’adoption par le Parlement du statut de l’artiste représente une base pour développer les statuts régissant les métiers de l’art et une reconnaissance du métier . Une avancée très importante dans la mesure où ce statut constitue une plate-forme pour aller de l’avant et avoir une réglementation spécifique à ce métier. Un statut, mais aussi un public qui, lui, se fait de plus en plus rare.
Le public marocain reste peu initié à la culture du théâtre. Tayeb Seddiki insiste à cet égard sur les rôles des médias télévisés. Pour lui, tout effort de sensibilisation du théâtre ne peut se faire sans l’apport des chaînes de télévision nationales. « Il s’agit de l’un des meilleurs moyens d’instaurer une culture du théâtre au Maroc. Non seulement par la diffusion régulière de pièces théâtrales, mais d’émissions sur le théâtre à même de créer un intérêt pour cet art chez le public. Des émissions qui auraient à relever le challenge d’être didactiques, sans être ennuyeuses pour autant », avait-t-il déclaré. Si les choses avancent au niveau structurel, il reste un problème de taille à résoudre : celui de la qualité des productions.

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