Les dessous d’une participation infructueuse

Les dessous d’une participation infructueuse

Quelques jours seulement après l’ouverture des 29 èmes jeux de Pékin, le signe de l’élimination pointait dans le ciel de la participation nationale. À commencer par la sortie surprise du boxeur Tahar Tamsamani. Beaucoup d’espoir était pourtant porté sur ce vétéran de la boxe marocaine. En interrogeant Abdelhak Achik sur cette sortie primaturée de Tamsamani, il avait répondu que «On ne reconnaissait pas sa manière habituelle de boxer qui est d’un niveau plus élevé». Achik a imputé la responsabilité de la défaite de Tahar Tamsamani au nouvel entraîneur de la sélection nationale, le Roumain Auras avançant que ce dernier n’avait pas assez d’expérience pour mener l’équipe nationale seniors à Pékin. L’ex-entraîneur national, Achik, a donc été clair en présentant la raison, selon lui, du mauvais résultat enregistré par les boxeurs. Mustapha Kendali, secrétaire général de la Fédération royale marocaine de boxe (FRMB) a déclaré à ALM après la clôture des JO que «les préparations n’étaient pas suffisantes. La sélection nationale s’est envolée à Pékin après des stages qu’elle a effectués en Roumanie, en Moldovie et en Hongrie»,  «personnellement, j’attends le rapport de la délégation marocaine de la boxe composée du staff technique et du président délégué de la FRMB pour pouvoir se prononcer sur le bilan de la participation nationale. Celui-ci serait prêt à partir de la première semaine du mois sacré de Ramadan. L’assemblée ordinaire de la FRMB et une réunion du bureau exécutif sont prévues pour le mois d’octobre», a-t-il ajouté.
 Kendali a affiché son étonnement de la prestation du boxeur Amenisi. Ce dernier n’a enregistré aucun point lors de son combat. Et pourtant, il avait remporté la médaille d’or lors de la Coupe Mohammed VI qui s’est tenue quelque mois avant le commencement des jeux.
Concernant le judo, la grave blessure de Attaf Safouane a suscité plusieurs interrogations.
Attaf avait franchi le cap du premier tour et n’a pas pu résister à ses blessures pour surmonter le second tour. Dans une déclaration sur la chaîne Arryiadia, après son dernier match, il avait dit que «nous nous sommes déplacés aux Jeux sans médecin. Personnellement, je souffre de neuf blessures. Malgré cela, je me suis accroché». Attaf, sur lequel les membres de la Fédération avaient fondé beaucoup d’espoir a dans son intervention demandé à ce que «chaque responsable assume correctement ses responsablités. Mes co-équipiers, eux, ont fourni beaucoup d’effort».
Contacté par ALM, El Arabi El Jamali, directeur technique de la sélection nationale de Judo a répondu que «Il est évident que si le médecin avait été présent lors de l’accident de Attaf, il aurait pu le soulager pour réaliser un résultat meilleur » avant d’ajouter «Notre objectif, d’abord, était de se qualifier aux jeux olympiques. Ce n’était pas facile. On a toujours souhaité que notre médecin accompagne les athlètes, mais la désignation du médecin a toujours été du ressort du Comité national olympique marocain (CNOM)», a-t-il assuré.
Pour El Jamali , il faut une véritable politique des sports au Maroc qui assurera à l’élite un meilleur avenir. «La plupart des judokas s’interrogeaient sur leur sort après le retour de Pékin. Ils se disaient souvent qu’une fois les épreuves terminées, personne ne s’intéressera à eux.  C’est l’occasion de réfléchir aux échéances prochaines notamment aux jeux olympiques de 2012 en essayant de rectifier les erreurs qui ont lieu durant ces jeux», a -t-il renforcé.
Au niveau de la natation, la seule représentante du Royaume a battu trois records marocains lors de sa participation, la première aux JO dans les épreuves du 50 m (32 sec 34), du 100 m (1 min 8 sec 6), et du 200 m (2 min 30 sec 4). L’objectif de Sara à Pékin était de réaliser de bons chronos. C’est effectivement, ce qu’elle a réussi à réaliser et elle en est fière. Sara a maintenu le deuxième rang sur le plan africain dans sa spécialité. Avec moins de séances d’entraînements que d’autres nageuses internationales, Sara a pourtant été au rendez-vous au point de terminer en tête de la 3 ème série du 100 m brasse. «Dans cette première présence aux jeux olympiques, le résultat de Sara la qualifie comme la locomotive de la natation nationale», a insisté Mohamed Rachidi, entraîneur de Sara El Bikri . Selon lui, la relève est assurée au Maroc, toutefois il est important d’établir une planification et une stratégie pour hisser le niveau de Sara et de la natation en général.
La participation nationale dans d’ autres disciplines comme l’escrime et le tir à l’arc était formelle. Le chef de la délégation nationale, Noureddine Benabdenbi à Pékin a affiché, selon le journal sportif Al Mountakhab, sa satisfaction relative quant au rendement de la délégation nationale dans les JO. Bien qu’il a précisé que les résultats étaient contraires aux pronostics. Ben Abdenbi a assuré que les deux médailles obtenues avec le concours de plusieurs athlètes en finale notamment dans l’épreuve du 1500 m était un point positif pour l’avenir de l’athlétisme nationale. Généralement, la participation arabe à Pékin était modeste avec à leur actif deux médailles d’or du Bahreïn et de la Tunisie.
 L’Egypte est arrivée à la dernière place au tableau des médailles, avec une médaille de bronze, en judo. Pour dévoiler les détails de ce recul, le président égyptien Hosni Moubarak a ordonné la formation d’une commission d’enquête sur les résultats médiocres de la délégation égyptienne.
Cette commission aura pour mission «l’établissement des causes de la terne prestation de la majeure partie des athlètes engagés, la détermination des manquements dont les responsables doivent rendre des comptes», a rapporté lundi 25 août, l’agence, Mena.
Le Premier ministre égyptien, Ahmed Nadhif, a publié une décision relative à la formation de cette commission, placée sous la présidence du ministre d’Etat aux Affaires juridiques et aux Relations avec le Parlement,
Moufid Chihab.
La commission, qui comptera dans ses rangs des spécialistes et des experts, se penchera sur «l’examen des résultats obtenus en comparaison avec les engagements pris par les fédérations sportives, avant d’en soumettre le rapport au président Moubarak à la première occasion». Cette initiative des Egyptiens inspirera-t-elle d’autres pays arabes ?  

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