Les livres de la semaine

L’épreuve, les preuves
Cinq ans d’attente d’une décision de justice qui a finalement lavé son honneur le 19 janvier 2003 ont permis à Roland Dumas de réaliser un document de poids qui démontre avec brio un scandale programmé peut cacher une affaire d’Etat.
Amours téléguidés, harcèlement journalistique et judiciaire, dissimulation de pièces à décharge, vol de dossiers dans les imprenables locaux de la Brigade financière : papiers officiels à l’appui, dans le texte et en annexes, tout amène à conclure que « l’affaire Dumas » ne visait qu’à distraire l’attention des vrais détournements de l’affaire Elf et du vaste « complot des frégates » où disparurent plusieurs milliards de francs.
Mais le livre ne s’en tient pas là. Il nous fait pénétrer dans les coulisses inexplorées du théâtre politico-économique à l’échelle nationale et mondiale, connaître le rôle des services spéciaux officiels et officieux et de leurs écoutes téléphoniques, découvrir les intérêts croisés – et parfois contraires – des grandes entreprises et des marchés d’Etat, les arcanes de la diplomatie française, certains secrets de Matignon et de l’Elysée.
Avec une élégance de style qui n’enlève rien à sa démonstration, Roland dumas nous dévoile ici, sur fond de drame personnel, tout un pan de l’histoire des dernières années.

Libre
Ni bilan, ni état des lieux, le livre de Nicolas Sarkozy nous raconte à la première personne l’itinéraire politique d’un homme de convictions qui revendique son engagement à droite.
Du discours de clôture de l’assemblée des jeunes RPR, prononcé il y a plus de 20 ans en présence d’un certain Jacques Chirac – qui remarquera immédiatement ce jeune homme élancé au verbe facile et à l’intelligence fulgurante et l’appellera auprès de lui à la Mairie de Paris – à la cuisante défaite de la liste qu’il conduit aux européennes de 1999. Nicolas Sarkozy aura vécu au coeur de l’histoire politique contemporaine et participé à la modernisation de l’Etat et aux changements qui ont touché la société française. Les Cassandre annonceront sa mort politique après la défaite de Balladur au premier tour des élections présidentielles de 1995, pensant que Jacques Chirac ne pardonnera jamais à l’un de ses lieutenants de l’avoir trahi en prenant fait et cause pour l’ennemi balladurien.
C’est mal connaître la pugnacité de Sarkozy qui imposera une traversée du désert et un silence volontaires vis-à-vis des médias qui lui permettront de mieux préparer son retour. Le temps lui donnera raison puisqu’il sera à nouveau reçu à l’Elysée et qu’il participera activement à la campagne de Jacques Chirac pour les présidentielles de 2002, pour être nommé ministre de l’Intérieur, avec rang de ministre d’Etat, et devenir non seulement premier flic de France mais aussi N°2 du gouvernement Raffarin.
Nicolas Sarkosy nous raconte tous ces moments et propose sa vision des choses sur les grandes réformes à entreprendre pour moderniser la France et lui permettre de tenir son rang dans le concert mondial.

Mémoires : « Vous mettrez du bleu au ciel»
C’est le 24 août 1993 à Hardelot-Plage, station balnéaire proche du Touquet, qu’eut lieu ma dernière vraie journée d’intimité avec François Mitterrand.
En fin d’après-midi, se retournant pour me saluer alors qu’il montait dans son hélicoptère, il porta son regard vers le ciel si caractéristique de la côte d’Opale, un ciel d’été encore très bleu où s’étiraient quelques nuages. Il me glissa doucement, en guise d’adieu, cette phrase poétique et mystérieuse: «Et vous, continuez à mettre du bleu au ciel».
Il me semble aujourd’hui que, depuis mon adhésion au socialisme en 1945, à la fédération Léo-Lagrange, aux Jeunesses socialistes, à la mairie de Lille, à l’Hôtel Matignon, à la direction du Parti socialiste, à l’Internationale socialiste, partout où m’a conduit mon engagement,  » mettre du bleu au ciel  » exprime bien la mission que j’ai tenté de remplir, au fil du temps et à ma place, au service du progrès et du bonheur des hommes.
Ce n’est qu’un exemple de ce que Pierre Mauroy, ancien Premier ministre français a écrit dans ses mémoires. Un récit qui retrace près de 50 années de militantisme, mais surtout de politique.

Les socialistes français et le mythe révolutionnaire
Pourquoi le parti socialiste, aussi systématiquement, éprouve-t-il depuis sa création le besoin de récuser sa pratique réformiste dans des textes de congrès qui prônent la rupture avec le capitalisme ?
Pour quelles raisons ne cesse-t-il de rendre les armes devant les critiques de gauche qui lui sont adressées ? Pourquoi encore aujourd’hui, au lieu d’analyser les causes de sa défaite, s’oriente-t-il vers une surenchère antimondialisation à l’occasion de son prochain congrès ?
Dans cet ouvrage, Jacques Moreau analyse les motifs de cette persistance de la thématique révolutionnaire dans un parti qui ne l’est plus guère, et s’interroge sur les moyens que pourrait avoir le Parti socialiste de mettre enfin son discours en accord avec sa pratique.

François Mitterrand, le Phénix
L’image dominante qui s’est imposée de Mitterrand est celle d’un politicien insaisissable, doublée d’un individu impénétrable et retors, indéchiffrable et mystérieux. C’est une tout autre lecture de la vie de Mitterrand qui est proposée ici.
Comment devient-on Mitterrand, le phénix, celui qui, déclaré « mort », « abattu », à plusieurs reprises, renaît toujours de ses cendres?
D’où vient qu’il ne sombre jamais et que, sur la fin, il capitalise popularité et affection, alors que grandit l’impopularité des socialistes ?
Un portrait à deux dimensions, psycho-politique, qui fait céder la mythologie de pacotille (le sphinx, l’énigmatique) qui entoure encore le personnage.

La vie, c’est quoi monsieur le ministre ?
Il n’est pas facile de trouver ses repères dans le monde. Avec ce petit livre, boussole d’un homme très intelligent, Lionel Stoléru nous apporte ses réflexions sur la société dans laquelle nous vivons.
Regard original sur les rapports du judaïsme et du capitalisme, sur les attitudes de la société française, sur la gauche et la droite, sur la manière d’exercer la politique, ce livre, à la fois drôle et sérieux, qui se lit d’une traite, est en même temps émaillé de souvenirs personnels : les portraits de Giscard et de Rocard, les nombreuses anecdotes sur des personnages célèbres feront le bonheur des lecteurs et des journalistes.
Polytechnicien, économiste, ministre, conseiller du prince, Lionel Stoléru nous révèle encore une autre facette de lui-même: son amour de la musique qui a fait de lui un chef d’orchestre talentueux, une façon peut-être d’atteindre à la sérénité.

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