Les livres de la semaine

Passer l’Hiver
Ils sont sonnés, lessivés, cassés. Un souffle suffirait à les faire tomber. Pourtant, les personnages de ce livre possèdent une force intérieure insoupçonnée. Chauffeur de taxi, infirmière, ex-taulard ou vendeuse de supermarché, ils s’accrochent à la vie avec l’énergie du désespoir. Ce sont des invaincus.
Olivier Adam décrit avec sobriété ces grands blessés de l’existence, ces paysages noyés dans le brouillard, qui sont comme la métaphore d’une inguérissable mélancolie, ces femmes maternelles auprès de qui des hommes déjà usés tentent de retrouver un réconfort.
Avec ce recueil, Olivier Adam s’impose d’emblée comme un  » nouvelliste  » hors pair, dans la lignée des  » grands  » américains (Carver, Cheever), dont il a assimilé leurs techniques : stylisation, art de l’ellipse, montage  » cut « , refus de la psychologie.

La dernière tribu
Pourquoi le corps d’un homme, assassiné il y a deux mille ans au Tibet, se retrouve-t-il aujourd’hui dans un temple shintoïste de Kyoto ?
Pourquoi tient-il dans sa main le fragment d’un manuscrit de Qumran ? Qui avait intérêt à ce qu’on le découvre là ?
Chargé par les services spéciaux israéliens d’élucider le mystère, Ary Cohen se retrouve lancé dans la mission la plus périlleuse qui lui ait jamais été confiée. Thriller autant qu’aventure spirituelle, La dernière tribu explore les arcanes du judaïsme et du bouddhisme tibétain et japonais.
Érudition, intelligence, invention : avec le talent d’une grande romancière et le sens de l’intrigue d’un maître du suspense, Eliette Abécassis joue avec les textes sacrés, les religions, l’Histoire et le temps.

Enregistrements pirates Des textes courts
Ce sont des enregistrements pirates, des expressions, des bribes de phrases happées au passage, des scènes filmées à la dérobée dans la rue, dans des endroits publics, quais de gare, wagons de métro, places de marché, plages.
Parfois c’est simplement un bruit, un graffiti. Philippe Delerm pose sur ces éclats d’humanité un regard amusé qui débusque la saveur de l’instant.
Comme dans les tableaux du peintre vénitien Longhi qui font l’objet du premier et de l’ultime texte du recueil, les révélations viennent des signes, des comportements les plus infimes, volés au quotidien.

Le treizième mort du chevalier
En cette année 1799, le chevalier de Saint-Georges, mulâtre, célèbre maître d’escrime, de guerre et de musique, est atteint d’un mal qu’il pressent mortel. La nuit, alors que de terribles douleurs au bas-ventre le tiennent en éveil, il songe à Jeanne qu’il connaît à peine et dont la jeunesse l’émeut.
Un soir de cette même année, Beaumarchais, mourant, convoque Saint-Georges pour lui confier une mystérieuse écritoire. Un homme masqué surgit, et tente de s’emparer de l’objet. Saint-Georges tire l’épée, mais la brusque pensée de Jeanne le surprend. L’inconnu s’enfuit.
Beaumarchais expire, après avoir remis au chevalier un tract de L’extrême ambigu, un obscur théâtre… Quelle est donc cette existence mystérieuse dans laquelle le chevalier joue, s’exalte, titube de douleur, d’amour ?
Et quel est le secret de cet homme ? Est-ce la couleur de sa peau ?
Est-ce une passion de jeunesse pour une reine sublime et mal-aimée, qui finit en charrette vers le couperet populaire ?
Ou est-ce un enfant de couleur, un gamin rieur, courageux, bruyant, comme notre héros en croise à chaque instant, à son Académie d’épée ou sur les planches des théâtres?
Lorsque, intrigué, Saint-George se rend à l’Extrême ambigu, il assiste avec stupéfaction à la représentation publique d’un épisode honteux de sa propre vie : le duel avec la chevalière d’Eon, que douze ans auparavant, il accepta de perdre pour des raisons politiques… à la demande du même Beaumarchais.
Multipliant les énigmes, Daniel Picouly entraîne le lecteur en une course effrénée dans le Paris du Directoire finissant peuplé de passions et de mystères. Les personnages haut en couleur s’affrontent au cours de scènes étonnantes où le ballet des mots n’a rien à envier à celui des gestes.

Globalia
Le roman se déroule dans la deuxième moitié du XXIe siècle. La planète est devenue le siège d’une démocratie universelle, Globalia, qui rassemble sous la bannière des droits de l’homme et des libertés individuelles l’ensemble de l’humanité. Tel est du moins le discours officiel, abondamment relayé par les médias.
En réalité, Globalia est un archipel de territoires protégés par d’immenses bulles de verre, coupés d’un monde extérieur officiellement constitué de terres sauvages et désertes où la Nature a repris ses droits : Globalia est foncièrement écologiste ; on y respecte tous les êtres vivants, animaux ou végétaux.
La durée de vie des humains est très longue, grâce aux progrès de la médecine et aux saines habitudes alimentaires.
Les jeunes y sont moins nécessaires, et généralement peu aimés. Les guerres ont disparu, grâce à l’éradication de toute culture historique et géographique – hormis quelques résidus folkloriques tolérés dans chaque ethnie.
Or à l’extérieur des zones protégées vivent bel et bien des humains, exclus de la prospérité globalienne… Ils sont réputés très peu nombreux et « terroristes ». La presse électronique fait état régulièrement de bombardements dont les campements terroristes des « non-zones » font l’objet ; et des attentats en zone protégée, de temps à autre, rappellent à la population qu’elle doit rester soudée dans l’idéal démocratique face au danger terroriste.
Au nom de la démocratie, chacun est surveillé en permanence, car la démocratie ne saurait exister sans son corollaire sécuritaire. Le héros, Baïkal Smith, est jeune.
Contrairement à la plupart de ses congénères, il refuse d’adhérer à la bonne pensée consensuelle. Sa compagne, Kate, est moins rebelle, mais elle est prête à le suivre dans toutes ses aventures.
Baïkal entraîne Kate hors du monde sécurisé de Globalia – ce qui est formellement prohibé.
Le roman raconte l’errance de Baïkal dans les territoires hostiles, peuplés de tribus misérables et de bandes mafieuses.

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