Les livres de la semaine

«Un si bel avenir» de Véronique Olmi
Il faut croire que Véronique Olmi aime les histoires gouvernées par les fêlures et les failles. Bord de mer et Numéro six étaient scandés par les ruptures psychologiques. Dans le même esprit et les mêmes intentions, l’auteur sonde la matière du personnage au moment des bascules et l’existence plutôt banale de se plier à la dislocation. Dans Un si bel avenir , deux couples se déchirent, malmenés par un passé qui ne passe pas. Divorce, séparation, ici Élisabeth et Pascal, là Boris et Clara. En ces périodes douloureuses, la folie n’est jamais très loin, l’effondrement intime guette. Olmi excelle précisément dans ces points culminants, à cheval entre le calme et la tempête ou alors engoncés dans la tourmente. Et, comme l’auteur se refuse à un désespoir rédhibitoire (au contraire donc de Bord de mer ), la rencontre entre Clara et Élisabeth sera l’occasion d’une amitié salvatrice. De quoi se reconstruire. Ciselé, calibré au millimètre, ce «Si bel avenir» est une promesse à la vie (du lecteur). – Céline Darner

«Neiges bleues»
 » Comme toujours de malheur, le gel arriva sans prévenir. Il suffit d’une seule nuit pour qu’il ouvrît son portail d’argent et semât soigneusement partout ses graines mortifères. Une oreille sensible pouvait percevoir un chuchotis comme celui du blé qui glisse dans la goulotte d’un moulin. Ceci signifiait que la température était tombée en dessous de moins quarante degrés.
La neige se fit bleue et la limite entre terre et ciel s’estompa. Le soleil, dépouillé de sa splendeur et privé de son éclat, végétait désormais dans une misère prolétarienne. Le froid vif buvait toute sa chaude et vivifiante liqueur – désormais seuls le feu de bois, l’amour et trois cents grammes quotidiens d’un pain mêlé de cellulose et d’arêtes de poisson devaient nous défendre contre la mort.  » Au coeur du système répressif soviétique des années 40, dans l’antichambre du Goulag, un petit garçon de huit ans tente, malgré les épreuves, de garder l’allégresse naturelle à l’enfance. Sur une terre froide et austère avec le Goulag pour seul horizon, certains lisent la Bible en cachette et ne se résignent pas à l’Enfer.
Malgré une vie rythmée par les morts, les disparitions, les emprisonnements, le jeune Petia, condamné à devenir adulte avant d’avoir dix ans, va découvrir un terrain de jeu nécessaire et absolu où pousse une des plus belles fleurs de l’espoir : la poésie.

«Disparu à jamais» de Harlan Coben
Livingston, banlieue de NewYork. Il y a onze ans, Ken Klein, accusé d’avoir violé et étranglé sa petite amie, disparaissait à jamais, emportant avec lui la vérité sur ce meurtre aussi atroce qu’inexplicable… Convaincu de l’innocence de son frère, Will s’est résigné à cette fuite sans retour. Jusqu’au jour où il apprend que, revenu sur les lieux du crime, Ken a été aperçu dans le cimetière de la ville…
Bientôt, Will voit sa fiancée le quitter sans explication… Pur hasard ? Difficile à croire. Brutalement plongé au coeur d’une ténébreuse affaire, il est temps que Will comprenne que les deux êtres qui lui sont le plus chers sont peut-être ceux qu’il connaît le moins… « Seuls les amateurs du grand huit savent ce que l’on peut ressentir à la lecture de ce thriller époustouflant de Harlan Coben. A lire d’une traite et de toute urgence.» – Le Nouvel Observateur
« (…) ouvrez «Disparu à jamais» et préparez-vous à vivre quelques-unes des meilleures heures d’angoisse de votre vie. » – Le Figaro Magazine.

«Une amitié absolue»
Edward « Ted » Mundy est guide touristique au château de Linderhof en Bavière. Grand, dégingandé, la cinquantaine, cet Anglais placide, qui mène enfin une vie tranquille en Allemagne avec sa compagne turque Zara et le fils de celle-ci, voit soudain resurgir son passé au beau milieu d’une visite guidée en la personne de Sasha, avec lequel il avait perdu tout contact depuis douze ans. Commence pour lui et pour le lecteur un long flashback retraçant tout le parcours de Ted: sa naissance dans l’Hindu-Kush le jour de l’indépendance du Pakistan, la mort en couches de sa mère, la lente déchéance de son père, major dans l’armée britannique, son retour au pays, sa pénible scolarité en école privée, ses études à Oxford et son arrivée à Berlin en pleine période d’activisme révolutionnaire.
Il y rencontre Sasha, un Allemand de l’Est à la tête de ses pittoresques agitateurs qui l’entraînent dans leurs actions commando, ce qui lui vaut arrestation, passage à tabac et expulsion du pays. Après s’être cherché une vocation de littérateur, il est embauché par le British Council, épouse une militante au Parti travailliste. Chaperon d’une troupe de jeunes acteurs anglais en Europe de l’Est, il voit son destin croiser à nouveau celui de Sasha : celui-ci lui fait passer des renseignements aux Services secrets anglais, tout en faisant croire à ses supérieurs de la Stasi qu’il recrute Ted pour leur camp. La chute du Mur de Berlin marquera la fin d’une longue et fructueuse opération d’agent double.
Retour au présent : quand les deux « amis indéfectibles » se retrouvent, sept semaines après la fin officielle de la deuxième Guerre du Golfe, Sasha enjoint Ted de rencontrer son richissime mentor, Dimitri, qui envisage de fonder une « contre-université » pour libérer le savoir universel de l’emprise des multinationales américaines, responsables selon lui, de l’appauvrissement intellectuel des peuples et de la manipulation des esprits à seule fin d’imposer leur idéologie capitaliste dominante. Séduit par ce noble projet mais néanmoins soupçonneux, Mundy s’en ouvre à un ancien contact de la C.I.A. Mais les temps ont changé, les anciens soldats de la Guerre froide ont fait allégeance à de nouveaux bailleurs de fonds et, lors d’une scène finale d’une rare violence, Ted et Sasha finiront en victimes expiatoires de leur idéalisme obsolète sur l’autel du cynisme politique d’une Amérique plus impérialiste que jamais.
Si le Carré semble d’abord renouer ici avec ses premières amours en nous narrant le lent montage d’une opération d’agent double, c’est pour mieux sonner le glas de l’espionnage à l’ancienne et des valeurs surannées qui structuraient l’univers des agents secrets : après le 11 septembre, le monde ignore tout code de l’honneur et les « justes causes » n’y ont plus cours quand l’Amérique de Bush fait subir à tous la marche forcée de son autocélébration triomphaliste et hégémonique.
John le Carré est né en 1931. Après des études universitaires à Berne et Oxford, il enseigne à Eton, puis travaille pendant cinq ans pour le Foreign Office. Son troisième roman, «L’Espion qui venait du froid», lui vaut la célébrité. La consécration vient avec la trilogie : La Taupe, Comme un collégien et Les Gens de Smiley.

«Rien de grave»
Justine ou plutôt Louise, puisque c’est le nom qu’elle donne à son personnage principal, raconte sa vie, ses relations avec son père, avec son mari, parti avec une autre, ses combats, sans angoisses..
Certains ont critiqué le livre en disant que ce n’était que VOICI romancé.. On ne peut pas nier le côté people vu la notoriété des personnages mais au delà de ça, l’auteur touchante. Elle décrit les relations avec son père, son inquiétude, cette façon d’être là sans empiéter dans sa vie avec beaucoup de tendresse.
De même, elle décrit assez bien ses interrogations, son manque de passion pour une relation qui ne la satisfait que par son côté protecteur.Touchant, c’est le mot qui vient le premier à l’esprit en pensant à ce livre.

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