Les Petits Déjeuners de l’Excellence : les défis économiques de l’Oriental

Les Petits Déjeuners de l’Excellence : les défis économiques de l’Oriental

En organisant les Petits Déjeuners de l’Excellence sur «Les défis économiques d’une région prometteuse» à Oujda, ALM inscrit sa contribution dans le débat entamé sur la régionalisation dans une approche innovante de communication de proximité. Déplacer le débat médiatique en dehors de l’axe Rabat-Casablanca conforte la presse dans son rôle de partenaire incontournable de développement socio-économique des régions. Et c’est à quoi se sont convenus les différents intervenants lors du débat qui a suivi les exposés introductifs de Khalil Hachimi Idrissi, directeur de la publication et de la rédaction d’Aujourdhui Le Maroc et Ali Belhaj, président du conseil de la région de l’Oriental. C’est devant un parterre d’élus, intellectuels, industriels, journalistes, universitaires, acteurs de développement et responsables locaux sous la houlette de Mohammed Brahimi, wali de l’Oriental et gouverneur de la préfecture d’Oujda et de Mustapha Aida, gouverneur de Jerrada, que Khalil Hachimi Idrissi a précisé que le fait de délocaliser Les Petits Déjeuners de l’Excellence d’ALM n’est nullement un effet de mode mais conforte une volonté ancienne d’aller à la rencontre des personnes qui font de la valeur ajoutée au niveau des régions. L’objectif étant de voir comment les phénomènes du centre et des périphéries en mouvement cohabitent, s’enrichissent et aboutissent. «La réflexion lancée par SM le Roi sur la régionalisation élargie pose manifestement la question du partage des pouvoirs entre le centre et les périphéries», a fait savoir Khalil Hachimi Idrissi tout en notant que «pour profiter du nouveau système, il faut que les régions expriment leurs désirs d’autogestion et qu’elles transforment en synergies leurs actions sur le terrain et les dispositions de la loi qui font que les gens ont plus d’identité, plus d’activité et plus de performance». Et d’expliquer comment les autonomies qui ont des bases culturelles solides sont plus performantes que celles qui attendent tout des pouvoirs centraux.
Par la suite, M. Hachimi Idrissi a rappelé que l’Oriental est une région spécifique avec une singularité frontalière qui touche son organisation sociale et son économie. Et que depuis le discours royal du 18 mars 2003, on a commencé à penser de manière dynamique cette région. «On a trouvé qu’il y avait du potentiel en mesure de changer complètement la donne d’une région dépendante de sa situation géographique en région en pleine croissance. Il a fallu juste changer de focal et de dire que c’est possible de réaliser des challenges. En somme, c’est savoir comment transformer des handicaps apparents, des adversités naturelles ou contraintes géopolitiques en atouts», a martelé M. Hachimi Idrissi avant d’interpeller les différents acteurs de développement pour répondre à des questions qui cadrent toute approche novatrice de développement régional et qui sont : Comment rassembler en programme de région efficace les atouts d’une région avec une forte identité culturelle et une grande diversité paysagère ? Comment mettre en synergie les communes rurales et urbaines et les ressources humaines dans un même élan de développement ? C’est aussi comment faire de la culture un puissant levier de l’image de la région tout en consolidant son identité ? «On est en face de questions fondamentales et j’espère que l’Oriental trouvera son inspiration et sa vitesse de croisière dans les prochaines courses de régionalisation élargie », a conclu le directeur d’ALM.
Quant à Ali Belhaj, il a précisé qu’il préfère parler de méthodologies, d’approches et de pistes que de programmes lancés. Il a, à cet effet, déclaré qu’au niveau du conseil régional, ils sont en train de faire un constat sur ce qui a été réalisé pour qu’ils puissent le concrétiser par des actions palpables pour conforter les élans de développement que connaît la région. «Il y a d’autres atouts dans la région qu’on va lancer grâce à une stratégie de développement innovante et qui n’est nullement en attente de l’ouverture des frontières», a expliqué M. Belhaj. Le président du conseil de la région de l’Oriental a, par la suite, présenté ce qu’il a appelé les tendances lourdes de ce qu’il préconise pour la région. Un programme orienté vers le développement durable des industries de l’environnement qui sont l’avenir de cette région avec notamment les potentiels énormes naturels et un positionnement stratégique par rapport aux marchés demandeurs. «L’industrie de l’environnement peut nous faire gagner beaucoup de temps en terme de croissance. L’idée est de positionner l’Oriental comme une éco-région. Cela aura un impact énorme au niveau de l’aide internationale et nous permettra aussi de donner de la cohérence à nos projets», a expliqué M. Belhaj. Et d’ajouter: «On a déjà entrepris quelques contacts lors du sommet de Copenhague en initiant la création d’un réseau de 20 régions R20. Un réseau constitué de régions développées du Nord qui travaillent en étroite collaboration avec d’autres régions du Sud. Ensemble, elles essayeront de prendre le devant et de lancer un plan concerté de développement durable». Il y a aussi le programme TAC des Nations unies auquel l’Oriental vient d’adhérer et qui est un partenariat qui se fait sous la tutelle des Nations unies entre une région et des grands donateurs. Il consiste en un engagement de la part de la région bénéficiaire qui s’engage à investir un million de dollars. En contrepartie, elle bénéficiera de 50 millions de dollars comme contributions des Etats donateurs pour la concrétisation des projets liés à l’environnement et au développement durable. «Cela nous permettra de nous positionner comme région pionnière dans un domaine pionnier. C’est aussi pour nous aider à sortir de l’absence du positionnement de la région et de nous donner une nouvelle visibilité», a ajouté M. Belhaj. D’autres choix et projets intégreront le Kyoto-parc -Printec d’Oujda destiné aux industries de développement durable. L’Oriental veut aussi bénéficier de l’apport des futures centrales solaires nationales vu son positionnement stratégique par rapport à ces centrales et sa proximité de l’Europe. Toujours dans le cadre de cette démarche d’éco-région, le conseil de la région veut positionner certains secteurs par le biais de labellisation de produits agricoles. Elle est aussi en phase de lancement d’une nouvelle forme de promotion de l’écotourisme. «On veut surtout que cette approche soit participative et proactive et pas seulement confinée à des études», a conclu M. Belhaj.

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