Les poètes se retrouvent à Dakhla

Les poètes se retrouvent à Dakhla

C’est à Dakhla au cœur du Sahara que convergent chaque année poètes, musiciens et chanteurs pour perpétuer le patrimoine hassani. Au Festival national de la chanson et de la poésie hassanie, initié par le ministère de la Culture, ce sont tous les mélomanes et les passionnés du verbe qui se retrouveront au mois de novembre pour célébrer ce pan de la culture locale.
Depuis son lancement, il y a plus de cinq ans, ce festival, organisé avec le concours des institutions locales, s’est voulu pour stratégie et pour raison d’être de perpétuer cette tradition et empêcher la disparition d’un héritage culturel de toute la nation. Et cela, par la «mise en place d’une infrastructure de base adéquate et la formation de cadres spécialisés», comme l’ont souligné au moment de son lancement les responsables du département de la Culture.
Les organisateurs ont voulu faire de ce festival une rencontre annuelle des poètes et artistes des provinces du sud afin de mettre en valeur et de préserver le patrimoine hassani riche et diversifié.
Au menu de ce festival, figurent des tables rondes sur le patrimoine hassani, des lectures de poèmes, des soirées artistiques, des expositions de manuscrits, de documents historiques, de recueils de poèmes, de photographies reflétant des pans entiers de l’histoire de ces régions. Le festival célèbre une poésie considérée comme partie intégrante de la poésie populaire.  Une poésie qui recèle en elle une certaine spécificité, intimement liée aux us, tradition culture et mode de vie de la population de cette région. Une poésie qui, selon les grands connaisseurs comme le professeur et poète Badi Ould Mohammed Salem, se résume à «un type de conversation pris sur la langue commune et dans le langage local. Elle est régie par certaines règles qui sont similaires aux cinq règles de la Chari’a (loi islamique) notamment l’obligatoire, le recommandé, le permissible, le répréhensible et le prohibé».
Par moments, la poésie est pour le poète hassani une «forme de prose qui lui sert de sujet, il la façonne puis tisse sa toile de mots pour la perfectionner». Dans un autre endroit, il en ferait un corps complet «n’admettant aucune addition ni diminution et qui occupe sa place parmi toutes les autres créations avec sa beauté et sa laideur, ses courts et longs textes…etc».
Outre le fait qu’elle restitue toutes les facettes de la vie de cette tranche du peuple marocain, la poésie hassanie a son importance spécifique. Malgré le fait que les poètes soient fiers de dépasser les confins de la poésie standard, la poésie hassanie est «remplie de termes communément utilisés en arabe standard, ou avec des phrases significatives, en plus d’emprunts lexicologiques d’autres langues, desdits prophétiques, des sourates coraniques, ainsi que de la poésie arabe de toutes les époques». Et l’émergence de la musique a représenté une nouvelle avancée pour le développement de la poésie hassanie. La musique l’a fait évoluer vers une phase plus sophistiquée.
C’est ainsi qu’une nouvelle tradition est apparue dans ces contrées sahariennes. Les soirées musicales animées par poètes confirmés et musiciens au talent avéré. C’est tout ce patrimoine, toutes ces subtilités de la vie des tribus sahariennes que le festival de Dakhla veut aujourd’hui maintenir, réhabiliter, voire restituer, pour les parties en phase de tomber dans la désuétude, pour le présenter aux nouvelles générations et aux passionnés de cette facette de la culture multidimensionnelle de notre pays.
Le chant et la poésie hassani  constituent en effet un pilier important pour et une voie intéressante pour appréhender le mode de vie dans les provinces sahariennes. Le patrimoine hassani reflète la créativité distinctive de l’homme sahraoui à travers le temps.

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