Les Zouabris du Système (1)

Le système algérien puise ses nervis dans un très large panel d’agents dispersés partout ; des agents qui sont éliminés par la suite pour ne laisser aucune trace dès que leurs missions arrivent à terme. Deux exemples étourdissants ont marqué la scène nationale par leurs fins ces dernières années, des cas presque d’école pour les services de renseignements. Celui du sanguinaire Antar Zouabri et du criminel Ahmed Merah, deux redoutables agents  »islamistes » qui ont très certainement marqué les consciences pour longtemps.Concernant le cas de cet impitoyable barbare, il était tout de même surprenant d’apprendre la neutralisation de Antar Zouabri? Beaucoup se sont demandé s’il s’agissait de l’élimination d’un témoin gênant qui risquait de faire des révélations sur le rôle du GIA dans les assassinats collectifs !  Comme à chaque fois, lorsqu’il s’agit de GIA, les responsables de la lutte antiterroriste n’essayent jamais de capturer les terroristes vivants !  Dans une cérémonie joviale et en présence des médias nationaux et étrangers, le général-major Fodhil Chérif Brahim, commandant de la 1ère Région militaire a présenté un trophée de guerre peu ordinaire au siège même de la première région militaire: le corps inanimé du Antar Zouabri. Fodhil Chérif a déclaré à l’ensemble de la presse, invité pour la circonstance, que les unités spéciales avaient agi sur la base d’un renseignement ; que le quartier où se trouvaient les assaillants avait été bouclé et l’opération (qui consistait à neutraliser trois terroristes dont Antar Zouabri) avait duré plusieurs heures ! Une déclaration pour le moins surprenante puisque connaissant les méthodes de lutte du DRS, arrêter trois individus aussi redoutables qu’ils soient, n’est qu’un jeu d’enfants pour les éléments d’élite du GIS ou des autres unités spéciales de l’armée. Alors tous ceux qui sont à la recherche de la vérité se doivent normalement de se poser un certain nombre de questions parmi lesquelles :
1- Pourquoi toute cette mascarade sachant que Zouabri et ses deux acolytes n’étaient même pas en possession d’un Kalachnikov ? Avec trois vieux pistolets, ils n’auraient tenu guère plus de dix minutes.
2 – Pourquoi Khaled Ziari, un haut cadre de la DGSN lors d’une interview publiée par un quotidien le 10.02.2002 évoque-t-il un fait hasardeux pour justifier l’élimination du chef présumé du GIA, contredisant ainsi en bloc les propos du général Fodhil Chérif qui a affirmé qu’il s’agissait d’une opération minutieusement préparée ?
3 – Par quel miracle le commandant de la 1ère Région militaire peut-il affirmer avec exactitude qu’il ne reste plus que 37 ou 39 terroristes du GIA qui sévissent ?
4 – Pourquoi le terroriste le plus recherché en Algérie depuis six ans, et dont la tête a été mise à prix (450 millions de centimes), a t-il pris le risque de retourner chez lui à Boufarik ?
5 – Pourquoi les responsables de la lutte antiterroriste ont-il fait appel à des terroristes détenus à la prison militaire de Blida pour identifier l’ennemi public n°1 ? Est-il inconnu des militaires, lui qui fut maintes fois "abattu" et ressuscité par la presse ?
6 – Pour quelles raisons la dépouille de Zouabri a t-elle été exhibée au siège de la 1ère RM devant un panel invraisemblable de journalistes? Est-ce dans les mœurs des généraux de l’ANP d’offrir de tels spectacles ? Eux qui ont attaqué (et qui le font toujours) des journalistes en justice pour publication d’informations à caractère sécuritaire et qui distillent les informations au compte-gouttes.
Après cinquante jours, un nouveau Zouabri est né; Abou Thourab ! Sortie tout droit des casiers du DRS et comme à l’accoutumée, cette nouvelle nomination à la tête du GIA apporte son lot de massacres habituels qui n’en finissent plus !
En réalité, Antar Zouabri devait rencontrer son officier traitant, le commandant Touat Mahfoud Alias Djamel Alias Abou Mohamed. Cet officier du DCE/DRS, originaire de Baba H’ssen a fait jusque-là, la majorité de sa carrière comme adjoint de Djamel Zitouni depuis qu’il était lieutenant. C’est Smain Lamari qui suit exclusivement l’évolution du dossier Touat. Comme convenu, le rendez-vous est pris chez un agent du commandant Djamel ; un pseudo-repenti nommé Abdelhakim Boumediene qui habite un petit appartement situé à la rue des frères Kerrar non loin du stade Mohamed Regag à Boufarik.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *