L’étrangleur des prostituées à Agadir (13)

L’étrangleur des prostituées à Agadir (13)

Al Gabbas a-t-il vraiment voyagé à Tan Tan ? Et quand ?
Pour ses voisins du quartier, ils sont sûrs et certains qu’il  est à Tan Tan. Mais, personne ne se souvient du jour exact de son départ. Pour les enquêteurs, c’est important de savoir s’il a quitté la ville avant ou après la découverte des parties du cadavre de Rajae. Mais, ils ne doivent pas perdre de temps. Ils n’ont plus rien à attendre. À bord de voitures de service, ils partent à destination de la ville de Tan Tan. Ils y arrivent. Ils contactent les services de la sûreté de cette ville située à la porte du Sahara marocain pour les aider. Les investigations reprennent. Le temps presse. Al Gabbas a été  repéré. Les policiers doivent prendre toutes leurs précautions. Qui sait ? Il peut se suicider. Il a déjà tenté de le faire. Qui l’empêchera de récidiver ? Toutes les hypothèses doivent être prises en considération. Rien ne doit être négligé. Pour un repris de justice, ex-meurtrier, tout est possible. Chacun des membres de la brigade doit être soutenu par ses collègues de la sûreté de Tan Tan. Ils se pointent, ce samedi 11 février 2006, non loin du port où Al Gabbas gagne sa vie. Tout d’un coup, le voilà qui passe et s’apprête à entrer dans un café. En un clin d’œil, les policiers se jettent sur lui comme un faucon qui chasse sa proie. Al Gabbas s’immobilise, ne réagit pas, reste les yeux hagards, ne sait ni quoi faire ni quoi dire. Menotté, il fut monté au fourgon et conduit au commissariat de police à Tan Tan. Pas d’interrogation, ni de pause. Le temps est précieux. Il ne faut pas le perdre. Qui sait ? Si Al Gabbas est l’assassin, chaque seconde devient précieuse. Car, la durée de la garde-à-vue, quarante-huit heures y ajoutant vingt-quatre heures de prolongation reste très insuffisante en perdant une demi-journée uniquement en route de Tan Tan à Agadir. Ils y arrivent, se dirigent directement au commissariat de la sûreté de la ville, conduisent Al Gabbas à un bureau…et le matraquent de questions.
«As-tu tué Rajae et Meriem ?».
Une question directe, sans équivoque, qui n’a pas bouleversé Abdelhak. Ses mains menottées derrière son dos, il baisse sa tête, fixe le sol comme s’il pense à son sort. Il semble comme s’il ne se rend pas compte de ceux qui l’entourent, qui l’interrogent, qui lui demandent de se confier, d’ouvrir son cœur et sa conscience aux enquêteurs.
S’il n’est pas l’auteur du double crime, pourquoi garde-t-il le silence ? Pourquoi ne se disculpe-t-il pas à haute voix ? Pourquoi a-t-il quitté la ville d’Agadir? Pour fuir la traque policière ou uniquement pour gagner sa vie ? 
«Il faut que tu parles. Le temps presse? Ne joues pas la carte de la perte du temps jusqu’à l’expiration de la durée de la garde-à-vue pour qu’on t’emmène vers le parquet général avec un dossier vierge. Je sais que tu es intelligent», lui dit le chef de la brigade.
Et pourtant, Al Gabbas ne dit pas un seul mot. Il lève cette fois ses regards, fixe le chef et  pousse enfin un soupir. De soulagement? De souffrance ?
«Je veux discuter avec toi de l’affaire qui a coûté la vie de Fatima et sept ans de réclusion criminelle pour toi. Je veux juste savoir si vraiment Fatima était cardiaque et qu’une gifle était suffisante pour qu’elle la tue. Sa mort me paraît bizarre», lui précise le policier.
Abdelhak le regarde attentivement et lui répond :
– «J’ai déjà payé la facture pour la vie de Fatima. Je crois qu’elle dort maintenant en paix puisqu’elle n’a plus rien à me réclamer.
– Et les autres ?
– Qui ?
– Meriem et Rajae ?»
Cette brève conversation entre le policier et Al Gabbas semble être importante pour les enquêteurs. Pourquoi ? Le policier qui lui a posé la question n’avait pour objectif que de le pousser d’abord à parler, à dire au moins une phrase. Seulement, Abdelhak se renferme dans son propre monde. Une stratégie pour défier les enquêteurs ?
«Pour ne pas perdre du temps, on doit aller à son domicile pour effectuer une perquisition», propose le chef de la brigade à ses limiers.

 (Demain : Les enquêteurs
arrivent-ils à avoir au moins une preuve qui compromet
Al Gabbas ?)
 

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