L’étrangleur des prostituées à Agadir (2)

L’étrangleur des prostituées à Agadir (2)

Les investigations, les recherches et les fouilles se poursuivent ce dimanche 29 janvier 1996. Les enquêteurs ont du mal à trouver les autres parties du corps. En fait, l’enquête policière ne peut être suspendue même pas pour quelques secondes. C’est un travail continu de fourmi. Le retour tardif de quelques limiers, pour se reposer au moins deux ou trois heures chez eux n’a pas laissé le terrain vide. D’autres enquêteurs y restent afin de chercher la moindre preuve susceptible de les mettre sur le bon chemin de l’enquête. Le lendemain, lundi 30 janvier 1996, les enquêteurs reprennent les investigations. Vers l’après-midi, dans un terrain vague, derrière l’établissement scolaire privée Al Kastalani, ils découvrent le tronc, les épaules, les bras, les mains et les pieds, ainsi que toutes les autres parties du corps. Cette découverte  permettra-t-elle d’identifier la jeune fille ? Oui, si la victime dispose d’une carte d’identité nationale. Dans ce cas, les empreintes digitales seraient déjà fichées chez la police. À l’hôpital médico-légal, les empreintes digitales sont prélevées sur les doigts des deux mains. Destination ? Le laboratoire national de la police scientifique de Casablanca. Les policiers en blouse blanche commencent alors leur autopsie. Le rapport est mis entre les mains des services de l’identification. Dispose-t-elle d’une carte d’identité nationale ? Effectivement, répond le policier qui se charge de l’identification au chef de la brigade qui est chargé de l’affaire. L’air optimiste, il croit que son équipe a le vent en poupe pour arriver à démêler l’écheveau embrouillé de cette énigme.
– « Qui est-elle ?» , demande-t-il au policier devant le PC. 
– Rajae. K, née en 1972 à Safi, célibataire…
– C’est déjà pas mal. Son identité va nous permettre de déterminer et savoir les personnes avec lesquelles elle entretenait des relations et qu’elle rencontrait. C’est un bon départ pour une bonne enquête».
Après l’autopsie de ses parties du corps, les policiers sont arrivés à déterminer son âge, Rajae n’a alors que 24 ans. Malheureusement, pour cette jeune fille qui rêvait d’avoir un avenir meilleur, avait le sentiment d’aller droit au mur. Elle venait tout juste de commencer à se tenir sur ses pieds quand le courant ne passait plus entre ses parents. Enfin,la répudiation. Sa mère était  obligée de quitter la capitale d’Abda, vers celle de Souss. Pourquoi un tel choix ? Pas de réponse.
Peu importe. La fillette et sa mère ont occupé une chambre dans une maison au quartier Boutassra, dans la région de Bensergaou. Le père qui s’est remarié ne leur rendait plus visite. À son adolescence, Rajae a décidé d’aider sa mère, elle a regagné Casablanca. Elle a été accueillie par une famille pour être bonne à tout faire. D’un mois à l’autre, elle envoyait de l’argent à sa mère. Elle ne lui rendait visite qu’une fois pendant plusieurs mois. Mais, enfin, elle a décidé de rejoindre définitivement sa mère. Elle ne supportait plus d’être bonne. Que devait-elle faire? Elle n’avait jamais appris de métier ? Elle sortait de chez elle et n’y retournait que vers le soir. Elle se débrouillait pour gagner sa vie. Elle disparaissait même parfois pour quelques jours pour réapparaître et annonçant à sa mère qu’elle avait été recrutée dans un restaurant qui ne ferme pas ses portes la nuit. A-t-elle raison ou tort ? Peut-être qu’elle a raison. Mais pourquoi les mauvaises langues n’hésitaient pas à la traiter de prostituée. Personne ne pouvait ni le confirmer, ni l’infirmer. n

(Demain : Rajae est-elle sa première victime ?)

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