L’étrangleur des prostituées à Agadir (6)

L’étrangleur des prostituées à Agadir (6)

«Quartier Aghrod, à Bensergaou».
– «Abdelhak».
– «Vélomoteur rouge qui ressemble à un scooter».
– «Black & White».
– «Ce sont les traits et les signalements de l’homme que Rajae avait accompagné cette nuit du 28 janvier 2006 »…
Chaque information est précieuse, une clé qui pourrait décoder l’énigme d’un crime. On les compare, les vérifie, les examine, les recoupe… une tâche qui nécessite professionnalisme et expérience au sein du service des affaires criminelles mais aussi de l’intelligence, la patience, l’abnégation et le sens du travail en équipe.
– «Nous avons le nom du quartier, le prénom de la personne qui a accompagné Rajae la veille de la découverte des parties de son corps, la couleur et la marque du vélomoteur de son client. Ce sont des informations insuffisantes. Mais nous allons essayer de parvenir à une solution… D’abord, l’un de vous doit chercher l’identité des gens qui ont acheté cette marque de vélomoteurs à Agadir… Y a-t-il d’autres propositions ? », demande le chef de la brigade à ses limiers. 
L’équipe semble être homogène. La proposition du chef a été approuvée. Pas moins de deux heures, les deux policiers chargés de s’adresser au concessionnaire de la marque du vélomoteur qui ressemble à l’engin qui a été utilisé par le jeune homme retournent à leur bureau avec une liste de plus quatre cents acheteurs qui semblent circuler uniquement à Agadir. Parmi eux, y a-t-il un certain Abdelhak ? Certainement, il y en a même plusieurs.Une vingtaine? Une trentaine? Peut-être plus. Mais, parmi eux, il y a un homme qui demeure au quartier Aghrod, à Bensergaou. L’unique personne qui possède cette marque de vélomoteur. Il n’y en a pas deux! Son nom de famille est Toumi.Abdelhak Toumi ? Est-il l’auteur du double crime? Peut-être.Mais avant d’aller le chercher au quartier Aghrod, à Bensergaou pour savoir s’il s’agit bien du meurtrier, les enquêteurs doivent faire une recherche dans son fichier pour avoir le maximum d’informations. Devant son PC, le policier chargé du service de l’identification écrit «Abdelhak Toumi» dans la case: recherche.
– «Abdelhak Toumi, voilà son fichier… », affirme le policier.
Le chef de la brigade reçoit le fichier, le lit rapidement et à haute voix : «Nom… prénom… date de naissance…».
Soudain, il arrête de scruter le fichier. Ses coéquipiers le fixent tout en se posant plusieurs questions. Puis, le commissaire reprend son souffle et s’interroge: «Quoi ? Il est repris de justice ? Il avait déjà purgé une peine de sept ans de réclusion criminelle pour coups et blessures ayant entraîné la mort sans l’intention de la donner ? »
Quelle est son histoire ? Le chef de la brigade s’adresse aussitôt à l’un des policiers : «M. l’officier (…) allez chercher aux archives la procédure n°… /94 …Nous devons avoir les détails du crime qui avait été commis par le mis en cause avant que l’on débarque chez lui».
Une vingtaine de minutes plus tard, l’officier revient au bureau avec le dossier de l’affaire. Le commissaire l’ouvre et le lit ligne par ligne : C’était le matin du 26 juin 1994. La canicule de ce mois d’été a obligé deux bergers à se réfugier à l’ombre d’un arbre d’une petite forêt de Sonaba. Ils discutaient en creusant la terre à l’aide de deux bâtons. Soudain, ils  sont pétrifiés. Pourquoi ? Ils ont trouvé le crâne d’un être humain enterré par terre ! Oubliant leurs troupeaux, les deux bergers se sont enfuis.
– « Qu’est-ce qui vous arrive ? », leur a demandé un jeune homme qui venait de les croiser sur son chemin tout en les empêchant de continuer à courir.
– «Un crâne humain… », lui a répondu l’un d’eux qui n’arrivait pas à tenir ses soupirs.
– «Un crâne humain ? Il faut alerter la police… Venez avec moi, un responsable de police demeure là-bas. On doit l’alerter», les a sollicités le jeune homme.
Tous les trois se sont pointés devant la porte du responsable de la police. Le jeune homme a sonné. Ils attendent que le policier ouvre la porte.

(Demain : À qui appartient
 ce crâne ?)

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