L’étrangleur des prostituées à Agadir (8)

L’étrangleur des prostituées à Agadir (8)

«On doit retrouver Latifa. J’espère qu’elle sera le tuyau qui nous conduira jusqu’au meurtrier», a dit le commissaire, chef de la brigade qui se charge de l’affaire.
En fait, les limiers n’ont pas perdu trop de temps pour la retrouver. Elle était chez elle, en compagnie de sa fille.
– «Latifa n’est-ce pas ?
– Oui.
– Connais-tu une certaine Fatima?
– Fatima ? Oui, je la connaissais. Elle était mon amie.
– Où est-elle ?
– Quoi ? Où est-elle ? Je… je ne sais pas.
– Tu ne sais rien sur elle ?
– Je n’ai plus fréquenté le café où je la rencontrais depuis quelques jours.
– Depuis sa disparition ?»
Latifa a gardé le silence tout en baissant sa tête.
– «Fatima est une amie à toi. Elle ne te pardonnera jamais si tu caches ce que tu sais sur elle et sur sa disparition. Il faut nous aider pour que son âme soit en paix», lui a précisé le chef de la brigade. Latifa s’est fondue en larmes. Pire encore, il criait comme si elle avait été prise d’hystérie. Pourquoi? Parce qu’elle s’est souvenue de son amie intime ? Parce qu’elle endurait le calvaire d’avoir caché la vérité?
Etait-elle d’abord au courant de la vérité ?
– «Oui, je sais ce qui s’est passé, mais je ne pouvais pas le divulguer.
– Pourquoi ?
– Je crains d’être tuée et enterrée comme Fatima. Son meurtrier m’a menacée de meurtre si je le  dénonçait ».
Qui est le meurtrier de Fatima? Comment Latifa l’avait-elle connu ? Avait-elle assisté au crime ? Etait-elle complice puisqu’elle s’est rétractée de dénoncer l’assassin ?
-« M. le commissaire, j’ai peur… Je crains d’être tuée comme Fatima. J’ai mes raisons d’avoir peur, surtout pour ma fille…Je n’imagine pas la voir corps sans âme. C’est pourquoi je n’ai pas pu divulguer la vérité», dit Latifa au commissaire qui l’écoutait attentivement.
Quelle vérité ?
«C’était le samedi 18 juin 1994, vers 23 h, quand j’étais en compagnie d’une amie et sa fille, dans une boîte de nuit», a-t-elle affirmé au commissaire de police et ses collègues.
«Tout d’un coup, Al Gabbas nous a rejoint. Al Gabbas est son surnom alors qu’il se prénomme Abdelhak. J’ignore son nom de famille. Il nous a invité à boire un verre. Ce qui était étrange c’est qu’il sortait de la boîte et y rentrait à chaque moment. Il était perturbé, sur ses nerfs, au point que je l’ai sollicité de rentrer chez lui. Il a refusé car il a l’intention de rencontrer Fatima. À ce moment, tout le monde parlait de sa disparition depuis quelques jours. J’ai demandé à Al Gabbas la raison pour laquelle il sortait et rentrait à chaque fois, il m’a répondu qu’il surveille son vélomoteur».
Les limiers l’écoutaient sans l’interrompre. Ils ont essayé de garder le silence sans la marteler de questions. La laisser raconter tranquillement était la meilleure façon pour qu’elle leur livre tout sans rien oublier.
«Plus de deux heures sont passées. Mon amie et sa fille sont parties et je suis restée toute seule. À chaque fois, Al Gabbas sortait et rentrait dans la boîte de nuit. Soudain, il m’a rejoint avec le visage pâle. Il s’est approché de moi et m’a chuchoté à l’oreille que mon amie et sa fille qui venaient de me quitter, ont été renversées par un chauffard sur la route à destination d’Inzegane. Il m’a demandé si je voulais l’accompagner au lieu de l’accident pour être au chevet de mon amie. Ne sachant rien faire, je suis montée sur son vélomoteur. Il l’a mis en marche. Il conduisait sans me dire le moindre mot».
Il était 3h du matin quand il est arrivé à l’intérieur d’une petite forêt à Bensergaou, juste à côté du quartier Sonaba. Elle lui a demandé si son amie était encore en vie. Pas de réponse. On n’écoutait que le bruit du vélomoteur. Toutes les mauvaises idées lui sont passées en un éclair par la tête. La solution? Elle s’est jetée du vélomoteur pour tenter de s’enfuir.

(Demain : Arrivera-t-elle
à s’enfuir? )

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