L’innocence de Troy Davis examinée

Âgé de 41 ans, Troy Davis est enfermé dans le couloir de la mort en Géorgie (sud des Etats-Unis) depuis 1991 pour le meurtre deux ans plus tôt d’un policier blanc. Il devait être présent dans la salle d’audience mercredi. Après avoir mené une bataille judiciaire acharnée et avoir échappé à trois dates d’exécution en moins d’un an, la Cour suprême lui a donné le droit en août de présenter devant un juge fédéral des éléments prouvant son innocence, une première depuis le rétablissement de la peine de mort aux Etats-Unis en 1976. Troy Davis a toujours clamé son innocence. Il a été condamné sans preuve matérielle, ADN, empreinte digitale ou arme du crime, sur la foi de neuf témoins à charge dont sept se sont depuis dédits, assurant avoir fait à l’époque l’objet de pressions de la part de la police. Mais leurs nouveaux témoignages peuvent convaincre le juge William Moore qui rendra ensuite ses conclusions à la Cour suprême. La plus haute juridiction des Etats-Unis avait estimé que «le risque conséquent de mettre à mort un homme innocent justifie de manière évidente la tenue d’une nouvelle audience» mais n’avait pas dit si elle souhaitait se prononcer sur la constitutionnalité d’exécuter un innocent. «Très optimiste», Virginia Davis, 65 ans, la mère du condamné, a déclaré à l’AFP qu’elle voulait surtout que les témoins «puissent dire qu’ils reviennent sur leurs déclarations». «Il aura une chance de voir les gens qui l’accusent», a-t-elle aussi observé, convaincue que «la justice l’emportera».

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