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Enfance et jeunesse sur les deux rives du Bouregreg

«Enfance et jeunesse sur les deux rives du Bouregreg » est le titre d’un livre de plus de 250 pages écrit en langue arabe et contenant quatre grands chapitres et une annexe – qui vient de paraître à Casablanca; l’auteur en est Abdallah Chakroun qui y raconte maints souvenirs de sa vie d’enfant et de jeune homme orphelin et exposé à de multiples obstacles et épreuves face à son désir ardent de s’instruire. Abandonné à lui-même, il erre à travers les quatre coins de sa ville natale cherchant à fréquenter les très rares cours du soir pour apprendre quelques rudiments de langue arabe et du Coran. Plus tard, et par un simple concours de circonstance, il se trouve un jour mêlé à des enfants qui participent au déménagement de leur école publique d’un quartier à un autre et, naïvement, prend place parmi eux dans une classe de cours élémentaire alors qu’il ne connaît même pas les lettres de l’alphabet français. Une aventure qu’il arrive vite à surmonter. Trois mois plus tard, cet enfant est sélectionné et reclassé comme élève de la classe immédiatement supérieure! Ce livre raconte, d’autre part, les différentes pharases du cheminement de ce jeune homme qui, mal gré bon gré, continue ses études tout en travaillant pour gagner des subsides lui permettant de suivre sa formation (primaire, secondaire et spécialisée). Il rappelle également son séjour à Paris en tant qu’étudiant boursier des autorités marocaines et réalisateur stagiaire à l’école de la Radiodiffusion-Télévision française, en faisant allusion, finalement, à ses débuts professionnels à la Radiodiffusion nationale et au métier de dramaturge.   

Enfance et jeunesse sur les deux rives
du Bouregreg d’Abdallah Chakroun – Édité par l’auteur lui-même et imprimé à l’Imprimerie Najah El Jadida – Casablanca-, 2008



Le voyage du fils

Qui se souvient de ce jeune Chinois venant chercher les cendres de sa mère défenestrée à Belleville quelques semaines plus tôt ? S’inspirant de ce fait divers, Olivier Poivre d’Arvor compose un roman où se croisent plusieurs destins. Il y a là Fan Wen Dong, âgé d’une vingtaine d’années, garçon sensible et poétique, d’une beauté étrange et d’une infinie tristesse, encombré d’une cage, d’un oiseau de feu et d’une urne de jade. Anne Latour, qui réalise un documentaire sur Marguerite Duras, a un besoin éperdu de concevoir un enfant avant qu’il ne soit trop tard et rencontre brutalement son « amant de la Chine du Nord » à la faveur d’un accident. Thomas Schwartz, intellectuel humaniste, prend en charge le jeune Chinois comme s’il était le fils qu’il n’a pas eu de la mère morte… Ce « Voyage du fils » tisse, en brefs chapitres, une histoire de solitudes, de désirs, de rencontres intenses, de passions amoureuses, sur fond de face-à-face impossible entre la Chine et l’Occident, le nanti et le démuni, l’exilé et son hôte.

Le Voyage du fils
d’Olivier Poivre d’Arvor
Édition : Grasset, 2008


À l’abri de rien

Marie a perdu le fil de sa vie. Plus rien n’arrête son regard, sauf ce jour-là, un groupe d’hommes en haillons massés près du Monoprix. Sans savoir pourquoi, elle pénètre dans la tente dressée près de la mairie, se joint aux bénévoles pour servir des repas à ceux que, dans la ville, on appelle les « kosovars ». Négligeant sa famille, indifférente aux attentions de son mari, à la tendresse de ses enfants, elle se consacre entièrement à la survie de ces hommes en perdition. Elle leur donne tout : de la nourriture, des vêtements, son temps, son argent. Entraînée malgré elle dans un drame intime, elle s’expose à tous les dangers, y compris celui d’y laisser sa peau. Dans certaines vies trop tranquilles un événement, parfois, survient. Comme une bombe, une épidémie, un tremblement de terre, il dévaste tout sur son passage. « A l’abri de rien » nous raconte l’une de ces aventures aux portes de la folie. 

À l’abri de rien d’Olivier Adam
Éditions: Points, 2008

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