Malika Zarra : «Le jazz m’a séduite par sa liberté d’expression»

Malika Zarra : «Le jazz m’a séduite par sa liberté d’expression»

ALM : Qui est Malika Zarra en quelques mots ?
Malika Zarra : Je me définis comme une chanteuse, auteure-compositeur originaire du Maroc.

On vous inscrit dans la nouvelle vague «jazz oriental». Comment avez-vous créé votre propre couleur ?
C’est d’abord en écoutant beaucoup d’autres musiciens allant de Lhajja L’Hamdaouia à Ella Fitzgerald et en passant de Stevie Wonder à Thelonious Monk. J’ai commencé par les imiter avant de composer mes propres chansons. Aussi, j’ai pu me découvrir et m’imprégner d’autres influences au fil des échanges et des rencontres dans différentes villes où j’ai pu vivre.

A-t-il été facile pour vous en tant que femme afro-arabe de vous imposer dans le milieu du jazz parisien puis new-yorkais?
Pour moi, Paris et la France en général ont été les lieux où j’ai appris à marcher. Est venue ensuite l’étape de New York où j’ai appris à voler avec plus de liberté. C’est une ville où j’ai reçu un très bel accueil. J’ai eu l’occasion de m’y produire lors de mon premier voyage, l’on m’avait encouragée à explorer davantage mes deux cultures. A chanter et improviser en arabe et en français. C’était la première fois où quelqu’un m’a permis de voir clairement que mes deux cultures étaient un plus. En ce qui concerne le fait d’être une femme: En général, quel que soit l’endroit ou l’on se trouve, la femme doit toujours faire plus d’effort pour prouver qu’elle est capable de mener à bout un projet.

Le Maroc, avec ses rythmes et sa langue, est fortement présent dans votre musique. Comment se manifeste sa présence dans votre vie de tous les jours?
L’influence de ma culture marocaine dans ma musique n’aurait jamais été si forte si elle ne l’avait pas été dans mon quotidien. C’est aussi en rencontrant des gens des quatre coins du monde à New York où je vis en ce moment, que se manifeste mon amour pour cette culture marocaine. Ceci à travers le culinaire, la musique, la langue, l’art et le savoir-vivre en communauté.

On vous qualifie aussi d’artiste engagée? La chanson «Pouvoir» en est la preuve. Quelle est l’origine de cet engagement?
Je ne sais pas si le terme artiste engagée est ce qui me définit le plus. Mais c’est vrai que j’ai des opinions. Je vois, je vis des choses et à un moment donné je dois les exprimer sous une forme ou sous une autre. C’est aussi mon histoire de vie que je partage, et à travers laquelle les gens peuvent se reconnaître.

Vous vous produisez sur de nombreuses scènes en France et à New York. Pour quand le Maroc ?
J’espère que ce sera pour bientôt. «Incha Allah !» et aussi avec la prochaine sortie de mon nouvel album.

Présentez-nous votre prochain album, ses rythmes, ses thèmes?
Je dévoilerai davantage ce nouvel album à sa sortie, mais je peux vous dire que le Maroc y est plus présent ainsi que le thème de la femme…. (rires). Je laisse un peu de suspense.

Parlez-nous de votre premier album : «On The Ebony Road»?
C’est un album né de l’urgence où je me trouvais dans la nécessité d’enregistrer pour la première fois mes compositions. C’est comme un premier enfant.

Quelle est votre ambition ?
Présenter et partager mon travail aux quatre coins du monde sans oublier le Maroc.

Pouvez-vous nous parler de votre enfance au Maroc?
Avec mes parents, je suis allée en France alors que j’avais 2 ans. Ensuite, nous venions tous les étés rendre visite à notre famille au Sud du Maroc et ailleurs.
Et j’ai des souvenirs inoubliables d’odeurs de fleurs d’oranger, de cuisine, de couleur, de fêtes et de musique.

Qu’est-ce qui vous attire dans le jazz ?
Le jazz m’a séduite par sa liberté d’expression qui est l’improvisation et qui est le lien pour moi avec les musiques arabe et africaine. Puisque qu’elles y sont aussi très présentes.

Quelques dates de concert?
J’ai été ce 11 juillet à la « Bastille day » à New York. Le 20 août, je participe à l’événement « Alwan for the art center» à New York. Le 28 août je suis au «55 Bar club» toujours à New York. Le 6 septembre c’est parti pour un concert à Toronto Canada. Le 2 octobre, je suis programmée à Brooklyn Academy of Music. Puis, j’ai une petite tournée européenne les 5, 8 et 9 novembre (Italie, Autriche et Slovénie).

Que représente pour vous votre double culture française et marocaine ?
Je suis très fière d’avoir une double culture, car je peux comprendre les deux. C’est aussi grâce à cela que j’ai commencé à m’intéresser à l’art. J’ai compris très vite qu’il pouvait avoir un rôle significatif pour rapprocher les gens. Alors je peux dire que ce conflit d’être entre les deux a forgé ma personnalité et mon art.

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