Marwan Barghouti, le populaire

Marwan Barghouti, le populaire

Populaire et multilingue, Marwan Barghouti est un bon connaisseur de la société israélienne. Malgré son statut de député palestinien, il purge une peine dans les prisons israéliennes pour meurtre. Né en 1959 dans le village de Kober, au nord de Ramallah, il a grandi au sein d’une famille modeste. En 1978, son activisme lui vaut une première condamnation à quatre ans et demi de geôle. Depuis, Barghouti fréquente la plupart des établissements pénitenciers israéliens.
En prison, il apprend l’hébreu et côtoie les grands noms du mouvement national palestinien. Libéré en 1983, il reprend à l’université de Bir Zeit, près de Ramallah, les études d’histoire et de sciences politiques poursuivies en prison. Auteur d’un mémoire sur l’histoire des relations franco-palestiniennes, président de l’Union des étudiants de l’université, il fonde en même temps la Chebiba, le mouvement de jeunesse du Fatah, interdit par Israël. En 1989, il est déporté au Liban, d’où il va rejoindre le président de l’Organisation de libération de la Palestine dans son exil tunisien. Revenu dans les territoires palestiniens après les accords d’Oslo de 1993, dont il est alors un fervent partisan, ce charismatique dirigeant est élu au Conseil législatif palestinien (Parlement) lors du premier scrutin qui suit la proclamation de l’autonomie.
Durant son mandat, Marwan Barghouti a souvent critiqué la gestion des affaires intérieures du gouvernement palestinien et les concessions faites à Israël. Il s’est également battu pour que le Fatah garde son autonomie par rapport à l’Autorité, pour qu’il ne devienne pas le parti au pouvoir. Il considère que le processus de paix lancé en 1993 a débouché sur une impasse. Son credo devient désormais la lutte armée avec la négociation. Il a donné un contenu politique à la seconde Intifada. Israel accuse Marwan Barghouti de diriger, en marge de ses activités politiques, un groupuscule militaire clandestin du Fatah, les Brigades des martyrs d’Al-Aqsa. Les autorités israéliennes avaient déjà lancé, en octobre 2001, un mandat d’arrêt contre lui. Sombrant dans la clandestinité, il est arrêté le 15 avril et jeté immédiatement en prison. Sa parfaite connaissance de la société israélienne et sa popularité le prédestinent à devenir un interlocuteur de choix pour des temps apaisés.

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