Mawâzine, bonne note

Mawâzine, bonne note

La ville de Rabat aura rarement vu autant de spectacles et autant de foules, ne serai-ce que pour cela : le Festival Mawazine, dont la troisième édition, entamée le 18 mai, et qui a pris fin mercredi dernier dans la capitale. Plus d’un coin et recoin de la ville ont, le temps d’un festival de qualité, et sur tous les niveaux, vibré aux rythmes des différents spectacles qui ont agrémenté la vie d’une ville connue pour sa tranquilité, voire sa morosité. La cérémonie de clôture a eu lieu dans un décor somptueux du site historique de la Kasba des Oudayas, où les mélomanes de la capitale ont suivi « Machâhid », dernier spectacle de cette fête des rythmes du monde. « Machâhid », événement culturel et artistique original, riche en sons, lumières et textes, est une reconstitution artistique, un divertissement poétique, musical et théâtral qui porte de la lumière sur des moments phares de l’histoire de Rabat. Cette projection vers le passé retrace l’histoire de cette ville impériale depuis le peuplement initial des Amazigh, des Phéniciens et des Carthaginois en passant par les différentes dynasties jusqu’au retour de feu SM le Roi Mohamed V de l’exil, la Marche Verte et le processus de modernisation et de démocratisation que connaît le pays.
Un spectacle qui a fait office de cerise sur un grand gâteau gracieusement offert à une population rbatie en soif de sensations. Des sensations, il y en a eu de fortes. Abdeljalil Lahjomri, président du Festival Mawazine l’a bien résumé en affirmant que « cette édition a réalisé un saut qualitatif puisque le festival a pu animer la ville durant une dizaine de jours et surtout arriver à faire en sorte que la population de la capitale découvre les sites historique de Rabat ».
Le public venu d’autres villes du Maroc, telles Casablanca, Marrakech, Agadir et Tanger constitue un autre point fort de cette rencontre. « Mawazine est en passe de devenir un festival de l’ensemble des Marocains », a-t-il dit. « Nous avons également bénéficié d’une importante couverture médiatique aussi bien au Maroc qu’au niveau de la présence de plusieurs journaux et chaînes internationales comme TV5 et Mezzo », a noté M. Lahjomri, estimant que le festival commence à forger sa place parmi les manifestations de renommé internationale. Riche et variée, la 3ème édition du Festival Mawazine initiée par l’association Maroc Cultures, a ouvert, du 18 au 26 mai, les portes des sites, des salles et des espaces publics de la capitale aux artistes et aux troupes venus d’Amérique latine, des Caraïbes, d’Afrique et des Moyen et Extrême-Orient. Des spectacles d’une excellente qualité, mais aussi un public qui s’est avéré connaisseur, polyglotte et surtout sensible.
Grâce à leur goût élevé dans le choix de la musique et leur assiduité, les mélomanes de Rabat ont dévoilé leur capacité à savourer les différents genres de musique. «Je présente de la musique traditionnelle chinoise, mon concert nécessite beaucoup de silence et de concentration, c’est une manière de s’exprimer intérieurement », a souligné la chanteuse chinoise, Ling Ling Yu. « J’ai, agréablement surprise de constater que le public marocain connaissait certaines de mes chansons », a, pour sa part, confié la diva portugaise du fado, Maria Ana Boboné, chaleureusement applaudie par le public lors de ses spectacles. De quoi dire que la bonne initiative trouve toujours une bonne écoute.

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