Mawâzine : rythmes de l’ouverture

Mawâzine : rythmes de l’ouverture

Faire de Rabat une ville culturellement riche, ouverte sur les autres cultures et traditions musicales, avec un public heureux. Tel est l’objectif de Mawâzine-Rythmes du monde, dont la troisième édition est prévue du 18 au 25 mai.
Pour Abdejlil Lahjoumri, président de l’association Maroc-Cultures, organisatrice de cette manifestation, «Mawâzine-Rythmes du monde ambitionne de se créer une petite place parmi les nombreux festivals de Rabat, d’un total de huit, et garantir une signature culturelle de la ville». Ceci à travers le concept «le festival dans la ville, la ville dans le festival» qui consiste en l’organisation de plusieurs spectacles dans des endroits différents de la ville et à peu près au même moment ou les uns après les autres, mais sur plusieurs sites». Un concept qui se traduit par des spectacles aussi bien ouverts (la grande scène devant le Théâtre Mohammed V, les jardins de la ville), que fermés (le Théâtre Mohammed V, maisons traditionnelles), ainsi que des spectacles de rues au travers de parades. Une autre des particularités de Mawâzine reste que la plus grande partie des spectacles est gratuite.
Si les deux premières éditions de Mawâzine étaient consacrées aux musiques d’Afrique et d’Amérique du Sud, celle de cette année promet un changement. En plus des continents précités, et qui seront représentés par la Guinée, le Mali et le Maroc pour l’Afrique et l’Argentine, la Colombie, Cuba, le Mexique et Porto Rico pour l’Amérique du Sud, ainsi que plusieurs pays d’Europe, Mawâzine sera également élargi à l’Extrême-Orient. Ce sera notamment à travers la présence, pour l’édition 2004, du Balai Royal du Cambodge. Un balai détruit pendant la crise qu’a traversé le pays. La volonté et la détermination de ses membres a fait qu’il a été reconstitué. Et ce sera dans le cadre de ce festival qu’il se produira pour la première fois depuis sa reconstitution. La Chine, la Corée du Sud, l’Inde et le Vietnam seront également représentés. Une innovation à laquelle s’ajoute une autre. Les organisateurs comptent également installer un écran sur les remparts des Oudayas. Un écran qui servira à la projection d’un film documentaire de 45 mn, retraçant toute l’histoire de la ville de Rabat.
«Nous ambitionnons de proposer ainsi un voyage aux visiteurs aussi bien étrangers que marocains un voyage à travers les étapes historiques les plus marquantes de la ville. Notre objectif est également de faire se dissocier cet événement du festival pour devenir une manifestation à part entière» , a expliqué lundi dernier M. Lahjoumri lors de la cérémonie de signature de la convention de partenariat entre L’ONMT et l’association qu’il dirige. Plusieurs expositions d’arts plastiques sont également au programme de cette édition. Instruments de musiques et travaux de récupération seront à l’honneur. A cela s’ajoute une initiative des plus louable entreprise par les organisateurs. Il s’agit d’une exposition de travaux faits par de jeunes lycéens marocains avec des jeunes de leurs âges, mais qui sont en prison. Et M. Lahjoumri d’insister sur la qualité de ces oeuvres, dont la création a été libératrice pour des jeunes en soif de liberté.
Pour rappel, Mawâzine II a eu la chance ou la malchance d’avoir été entamé le 16 mai 2003, le jour des terribles attentats de Casablanca. Mais le choix fait par notre pays de ne pas céder aux voix de la terreur nous a poussé à maintenir le festival. Et ils étaient quelques 115.700 spectateurs, tous spectacles confondus, à avoir fait le déplacement. Quelques 244 artistes y ont participé. Le tout pour dire que le meilleur moyen d’en finir avec les voix de l’horreur est d’en élever d’autres, celles des mélodies et de la joie du partage.

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