Mohamed Belahrach : l’épicurien qui tue les prostituées (4)

Mohamed Belahrach : l’épicurien qui tue les prostituées (4)

Nous sommes le matin du samedi 2 juin 2001, à Derb El Berkaoui, à El Jadida. Tout le monde au quartier s’étonne de ce cri strident qui provient de la maison de Zahra Enniyar. Qu’est-ce qui est arrivé à cette veuve ? Elle crie, hurle, demande du secours. Les portes des maisons s’ouvrent à la hâte. Les voisins sortent de leurs maisons et accourent vers une seule destination : le domicile de Zahra. Ils y arrivent. Ils frappent à la porte verrouillée. Les deux volets d’une petite fenêtre s’ouvrent. Quelques badauds lèvent leur tête et aperçoivent le visage d’un jeune homme qui vient d’apparaître avant de disparaître rapidement en fermant les volets. Les curieux sont maintenant sûrs qu’il y a une seconde personne, un étranger, à l’intérieur. Qui est-il ? Que veut-il de Zahra ? L’agresser? Lui a-t-il fait maintenant du mal ? En fait, ils l’identifient. «C’est Mohamed, ce jeune qui fréquente souvent nos bordels», crie une proxénète sur un ton d’exclamation. D’autres confirment sa remarque. «Défonçons la porte, cassons-la pour l’arrêter», crient quelques jeunes du quartier. D’autres le leur interdisent, leur demandent de ne pas quitter les lieux jusqu’à l’arrivée de la police pour ne pas permettre au ravisseur de s’enfuir. Une idée qui plaît, enfin, à tout le monde. «C’est un type pacifique, il n’a jamais fait de mal à une cliente. Qu’est-ce qu’il vient faire chez Zahra ?», s’interroge une prostituée qui semble lui avoir déjà vendu son corps. «Tu as raison, c’est un type bien qui semble n’avoir que trois choses dans sa vie : les femmes, le vin et les chevaux», lui répond son amie qui lui a confirmé avoir passé une nuit blanche en sa compagnie. Tout le monde le connaît dans ce quartier abritant plein de bordels. Il le fréquente presque quotidiennement. Mais, qu’est-ce qu’il vient chercher chez une femme, sexagénaire, loin du monde du proxénétisme et de la prostitution ? Personne ne sait au juste. En conséquence, les badauds réussissent à le coincer à l’intérieur. L’un d’eux prend aussitôt l’initiative d’alerter la police. Rapidement, les limiers de la police judiciaire arrivent. La porte du domicile est encore verrouillée. Les badauds n’ont pas osé la défoncer. Les policiers ne peuvent, selon la loi, prendre une décision sans avoir l’aval du procureur du Roi près le Tribunal de Première instance ou du parquet général près la Cour d’appel. Le chef de la brigade téléphone au procureur du Roi, lui décrit l’état des lieux avant de lui demander son autorisation pour intervenir. Autorisé à prendre les décisions convenables pour mettre fin à cette agression qui a mis tout le quartier sous le choc, le chef de la brigade a donné ses instructions à ses limiers afin d’intervenir. En un clin d’œil, ils défoncent la porte et rentrent. Dès qu’ils ont dépassé le seuil, ils ont été frappés de stupeur. Pourquoi? Zahra criblée de coups de couteau, gisant dans une mare de sang, semble avoir perdu la vie. Elle ne respire plus. À côté d’elle, un jeune homme qui s’est donné un coup de couteau dans le ventre, mais qui respire encore. Le couteau est encore planté dans sa poitrine. Les éléments de la protection civile arrivent, évacuent Mohamed vers le service des Urgences de l’hôpital Mohammed V, à El Jadida. Le médecin-chef et les infirmiers l’entourent. À défaut des moyens médicaux nécessaires pour le soigner, que doivent-ils faire ? Le sauver ? Par quel moyen ?

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