Mohamed Belahrach : l’épicurien qui tue les prostituées (5)

Mohamed Belahrach : l’épicurien qui tue les prostituées (5)

Aux Urgences de l’hôpital Mohammed V, Mohamed est alité. Le médecin-chef ne sait quoi faire. Comme dans un film, le couteau s’enfonce encore dans la poitrine de Mohamed. D’abord, les policiers ne connaissent, jusqu’à présent, que son prénom. Et rien d’autre. Mohamed souffre de douleurs intenses. Il crie, hurle, demande de le sauver. Il risque de mourir à chaque instant. Il faut le sauver. Comment ? Il n’y a qu’une seule solution : le conduire à Casablanca, au Centre hospitalier universitaire Ibn Rochd. Une ambulance arrive. On tente de gagner du temps. Pour le sauver? Le médecin-chef de l’hôpital Mohammed V à El Jadida ne pense pas qu’il arrivera à le sauver. D’El Jadida à Casablanca ? C’est difficile. Mais, il y a la main invisible du Destin qui peut faire son jeu. Le couteau est toujours enfoncé dans sa poitrine. La sirène de l’ambulance retentit tout au long du trajet allant de la capitale de la région des Doukkala à la capitale économique. A 17 h de ce samedi 2 juin 2001, l’ambulance arrive au Centre hospitalier universitaire Ibn Rochd. Le couteau est toujours enfoncé dans la poitrine de Mohamed. Celui-ci est encore en vie. Par miracle ? Peut-être. Rapidement, il a été conduit au bloc opératoire. L’opération chirurgicale a réussi. Le lendemain matin, dimanche 3 juin 2001, Mohamed se réveille, regarde autour de lui, s’assure qu’il est à l’hôpital. Le médecin-chef arrive, l’examine, lui dit que l’état de sa santé sera rétabli dans moins de vingt-quatre heures et part. Mohamed s’allonge sur le lit, tout en fixant le plafond de la chambre. Se souvient-il de Aïcha, la femme de soixante-dix ans ? Est-il au courant qu’elle a rendu l’âme ? L’un des deux policiers plantés à l’entrée de la chambre rentre. Mohamed lui demande : «Où suis-je ?».
Le policier lui affirme qu’il est à l’hôpital à Casablanca.
«À Casablanca ? Mais j’étais à El Jadida», s’interroge-t-il comme s’il ne croit pas ses oreilles.
Le policier le rassure qu’il est effectivement à Casablanca.
«- Et la femme ? Qu’est-ce qui lui est arrivé ?
– Quelle femme ?
– Aïcha ?
– Je ne sais pas, je suis là pour te surveiller…Mais, j’ai appris que tu avais tué quelqu’un, je ne sais pas si c’était une femme ou un homme». Mohamed pousse un soupir. De soulagement ? De désespoir ? D’aise ? Lui seul sait de quel soupir il s’agit. Le lendemain matin, lundi 4 juin 2001, le médecin l’examine. «Ton état de santé s’améliore rapidement… C’est bon. La police peut t’interroger maintenant», lui dit le médecin avec un sourire aux lèvres.En sortant de la chambre, le médecin rentre dans son bureau, compose un numéro de téléphone et appelle : « Allô, M. le commissaire, je suis le médecin qui a opéré Mohamed que vous avez emmené samedi à l’hôpital Ibn Rochd… Son état de santé lui permet d’être interrogé». Aussitôt, les limiers de la brigade criminelle au service de la PJ d’El Jadida qui se chargent de l’affaire quittent leur bureau, montent dans leurs voitures. Destination ? Le Centre hospitalier universitaire Ibn Rochd, à Casablanca.

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