Mohamed Belahrach : l’épicurien qui tue les prostituées (7)

Nous sommes dans un bureau sombre aux services de la Sûreté d’El Jadida. Mohamed Belahrach se tient, calmement, devant le chef de la brigade, face-à-face, l’œil dans l’œil. Un long moment de silence s’établit. « – Je t’ai demandé ce qui t’est arrivé, samedi dernier, avec Zahra Enniyar ?
– Avec Zahra ? Ah Zahra». Joue-t-il l’idiot ? Non. Car, enfin, il commence à lui raconter l’histoire de Zahra, cette sexagénaire, veuve, qui demeure au quartier El Berkaoui et y a laissé sa peau ce samedi 2 juin. «Je n’avais plus d’argent», entame-t-il ses déclarations. Mohamed n’a plus le moindre sou. Comment doit-il faire pour en avoir ? Il a besoin de quoi acheter du vin rouge et de quoi payer les belles gonzesses. «J’ai pensé à Aïcha quand je venais de sortir d’une maison close du quartier El Berkaoui. Je n’avais plus d’argent et je dois en avoir. J’ai besoin surtout de cigarettes, d’alcool et de prostituées», affirme-t-il sur un ton sec et clair. Il est 10 h 30 du matin. Belahrach sort de chez une proxénète après avoir passé la nuit à picoler, danser, chanter et faire l’amour. Il se plante au seuil, met ses mains dans ses poches. Il n’y trouve rien. Il pense à quoi ? Il ne sait rien. Mais, il doit avoir de l’argent. Cinq, puis dix minutes passent sans qu’il bouge de sa place. Tout d’un coup, une idée lui passe par la tête. «Zahra arrivera, au maximum, dans un quart d’heure», pense-t-il. Mohamed ne quitte pas le lieu. Il se pointe dans un coin loin des regards. Il guette l’arrivée de Zahra. D’abord, Belahrach est au courant des mouvements de tous les habitants du quartier dont la majorité sont des proxénètes et des prostituées. Parce qu’il le fréquente presque quotidiennement. Soudain, Zahra arrive, se plante devant la porte de son domicile, met sa main dans sa poche, saisit la clé et s’apprête à l’ouvrir. C’est le moment où Mohamed se plante derrière elle sans qu’elle se rende compte de lui. Et quand elle s’apprête à rentrer, Belahrach la pousse violemment vers l’intérieur. Elle tombe par terre et crie. Pour la faire taire, il lui donne un premier coup de couteau au ventre. Elle demande secours. Sans pitié, il lui assène deux autres coups. Elle se tait. Belahrach commence à fouiller les quatre coins du domicile. Il arrive à mettre la main sur soixante dirhams. Rien que soixante dirhams. Tout d’un coup, Zahra reprend ses cris. Mohamed entend un brouhaha qui provient de l’extérieur. Il regarde depuis la fenêtre. Des badauds s’attroupent devant la porte. Que doit-il faire ? Il ne sait rien. Il lui demande de se taire. En vain. Il lui assène une autre fois des coups de couteau et enfonce ensuite le couteau dans sa poitrine. Il a choisi de se suicider que d’être arrêté par les badauds et la police. Il tombe par terre. Mais, il est resté en vie. « Mais, ce n’était pas mon premier et unique crime », avoue-t-il aux enquêteurs qui restent bouche bée. Bizarre !

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