Mohamed Filali : Le Pelé africain

Mohamed Filali : Le Pelé africain

A l’âge de soixante deux ans, le Pelé africain des années soixante-dix a déjà ses gloires derrière lui. Mais la fierté du footballeur marocain, pétri de talents, est toujours intacte. Il suffit de le voir toucher un ballon pour que tous les souvenirs les plus enfouis émergent et témoignent de la singularité de l’homme. Cet ancien capitaine du Mouloudia d’Oujda pendant une décennie et de l’équipe nationale pour plusieurs matchs est un homme comblé. On vient de lui annoncer qu’il est grand-père pour la troisième fois. Après les deux petits fils de sa fille cadette c’est au tour de son fils Kamal de l’inviter au «Sboue».
Sa journée commence tôt, car Filali est un matinal depuis qu’il exerçait à la protection civile. Même en retraite, il n’a pas changé ses habitudes. Quant à sa journée, il la passe entre son café habituel au centre-ville et la lecture des journaux. «J’ai beaucoup couru et beaucoup voyagé, maintenant j’ai besoin d’un maximum de repos pour que je puisse rattraper les moments de joie que je n’ai pas savourés avec ma petite famille», confie-t-il à ALM.
Au Mouloudia d’Oujda ses réels débuts en tant que titulaire à part entière se confirment avec l’entraîneur Abdellah Settati lors de la saison 1963-64. Une saison de folie ponctuée par un but anthologique contre l’excellent Beggar à Casablanca.
Avec le MCO, Filali a joué à tous les postes. Il fut même gardien à trois reprises suite aux blessures des gardiens de l’équipe. En ces temps là, les changements n’étaient pas possibles. Sur cette polyvalence exceptionnelle il n’a d’autres secrets que le fait de se limiter aux consignes de ses entraîneurs. D’autres nous confirmèrent qu’il était tout simplement pétri de génie footballistique. Il était le joueur des missions difficiles et lorsqu’il endossait un maillot c’était pour le «mouiller» et le faire distinguer.
Avec de telles qualités, les consécrations n’ont pas tardé à prendre forme. Il emporta l’unique titre de champion avec le Mouloudia d’Oujda en 1975, se fit distinguer lors de la coupe Mohammed V en 1975 en s’imposant en match de classement face à L’Estudiente de la Plata. Il fut choisi meilleur joueur dans des tournois internationaux en Iran et en Algérie.
Sa première sélection en équipe nationale remonte à la rencontre qui a qualifié le Maroc aux phases finales des Jeux Olympiques de Mexico 1968 .Ce fut contre le Ghana à Acra. Les Marocains se sont imposés par deux buts à un.
Ce fut le début d’une fabuleuse carrière de 73 rencontres en équipe nationale.
Lors de la première participation marocaine aux phases finales d’une Coupe du monde de football en 1970, Filali Mohamed fut l’une des figures majeures de l’équipe nationale et pièce maîtresse du système de jeu élaboré par l’entraîneur Védinic. C’est devant des géants tels que le kaiser Beckenbauer, le buteur Muller ou la star sud américaine Cubillass que Filali a gagné le «titre» de Pelé africain. A tel point que Beckenbauer déclara qu’il avait perdu ses repères en jouant devant la ligne médiane marocaine, composée de Filali et Mâaroufi. Par sa vivacité, son sens du jeu et sa technicité il a fait éclipser pas mal de numéro 8. Et Dieu sait qu’ils étaient légion lors de cette Coupe du monde au Mexique. Ce monument du football national ne regrette rien car il pense qu’en tant que joueur, il n’a rien à envier aux meilleurs et entant qu’entraîneur il a permis à plusieurs équipes d’accéder à des divisions supérieures.

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