Mustapha Bouhaddar : «J’ai écrit ce livre pour tous mes compatriotes du Maghreb»

Mustapha Bouhaddar : «J’ai écrit ce livre pour tous mes compatriotes du Maghreb»

ALM : La liberté est ce qui caractérise votre récit, que ce soit au niveau de la forme ou du contenu. Pouvez-vous nous expliquer la démarche de votre écriture ?
Mustapha Bouhaddar : J’ai fait une citation de Montaigne dans mon livre à savoir «Celui qui pense librement pour lui-même, honore toute liberté sur cette terre..» En effet, c’est cette liberté-là qui véhicule mon récit. Mon livre n’est pas écrit sous une forme linéaire, car le narrateur n’est pas omniscient, il ne sait pas où il va, il est emporté par le hasard des rencontres, lors de son voyage.

Pourquoi vous avez opté pour l’emploi du «Je»?
Rimbaud disait : « «Je» est un autre », le livre n’est pas autobiographique, même s’il y a des choses qui sont vraies dans le livre. C’est de l’auto fiction. Comme le narrateur fait un retour aux sources, il essaie de savoir ce qu’il est, c’est le «Connais-toi, toi-même » de Socrate. J’ai utilisé le « Je », car il y a un dédoublement de personnalité. Le narrateur a grandi en France, son pays d’accueil, et il est marocain d’origine. Il veut concilier les deux «Je».

Plusieurs références à vos lectures ponctuent ce roman, mais aussi toutes sortes de récits rapportés de divers personnages rencontrés dans vos voyages. Quel est le principal message de votre ouvrage ?
J’ai toujours aimé les auteurs qui citent d’autres ouvrages dans leurs livres. Par exemple, c’est en lisant l’écrivain iranien Sadegh Hedayat que j’ai découvert Kafka. Alors j’ai décidé de citer dans mon livre les auteurs que j’ai aimés, pour les partager avec mes lecteurs. Le principal message de mon livre c’est la tolérance, et puis aussi la quête de l’identité. Quoi qu’on fasse, il ne faut jamais oublier d’où on vient, il faut rester attaché à ses racines. Je me suis servi des personnages que le narrateur a rencontrés lors de son voyage, pour faire passer des messages de tolérance, et parfois aussi politiques.

Vous avez un doctorat en mathématiques doublé d’un diplôme supérieur en littérature. L’intervention de chacun de ces domaines se manifeste-elle dans la construction de votre récit ?
Les mathématiques m’ont appris la rigueur, et le sens de la déduction. La littérature est une discipline où tout est possible, c’est comme un rêve. Dans l’écriture, l’espace et le temps sont illimités.

C’est votre premier ouvrage, quel a été son parcours, comment a-t-il été accueilli jusqu’à ce jour ? Travaillez-vous sur un deuxième livre ?
Quand j’ai écrit ce livre, je ne pensais pas une seconde qu’il marcherait en Europe, d’ailleurs, c’est un livre que j’ai écrit pour tous mes compatriotes du Maghreb que je salue à l’occasion de ce mois de Ramadan. Mais bizarrement, mon livre a très bien marché en France et surtout au Canada. Je pense que la littérature est comme la musique, elle n’a pas de frontières, et tant mieux. Je viens de finir un livre intitulé «L’exil», je suis un exilé moi-même, c’est un sujet qui me tient à cœur. J’espère le partager avec mes lecteurs prochainement, Inchallah.

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