Najat El Wafi : «je suis gourmande»

ALM : Que représente le mois de Ramadan pour vous en tant qu’actrice ?
Najat El Wafi : Le Ramadan, pour nous en tant qu’actrices est,  généralement, un grand moment de vérité. Nous sommes impatientes, et surtout angoissées, de découvrir les résultats et les réactions du grand public par rapport à nos travaux. D’ailleurs une chose est sûre, c’est un mois durant lequel nous sommes particulièrement sur le qui-vive. C’est en fait une période où le stress est omniprésent. Durant le Ramadan, on s’attend en effet à recevoir soit la fleur, soit la gifle du téléspectateur. Parfois, nous sommes confrontées à des critiques très dures sur la qualité des travaux diffusés durant ce mois-ci, alors que nous subissons quantité de contraintes, liées notamment au manque de temps et de moyens. Les préparatifs pour ce mois ne commencent généralement que vers le mois de juin ou de juillet. Et c’est là une contrainte que nous ne pouvons malheureusement pas maîtriser. Personnellement, je ne demande pas mieux que de commencer les préparatifs pour le prochain mois de Ramadan à partir de maintenant même, mais ça ne fonctionne pas ainsi.

Najat El Wafi sera-t-elle présente sur nos petits écrans pour ce Ramadan ?
Il faut dire que cette année, j’ai été très prise par plusieurs productions, notamment par Lalla Laâroussa, ce qui explique mon absence du petit écran durant ce mois de Ramadan. J’ai cependant une participation dans la série « Labass Oualou Bass » de Touria Jebrane. J’ai également été prise au piège par une émission de caméra cachée. Il faut dire qu’ils m’ont mise dans une posture assez drôle. J’ai en effet été complètement gagnée par le fou rire. Cet épisode donnera certainement au téléspectateur une idée de ma manière de penser, parce que j’ai réagi avec une grande spontanéité.

Quelles sont vos occupations favorites durant ce mois sacré ?
J’ai une grande occupation que je ne change pratiquement jamais durant ce mois sacré, c’est celle de faire beaucoup de sport. Mais cette année, je risque d’être prise par un tournage puisque la première chaîne de télévision a donné son accord pour la production d’un feuilleton auquel je prendrai part. Je devrais donc certainement tourner, notamment le soir. Par ailleurs, et en temps normal, j’essaie de ne pas trop entrer dans ce cercle vicieux de stress lié au mois de Ramadan. J’aime également rendre visite à ma famille, recevoir mes amis. J’ai aussi un trait de caractère assez sympathique, c’est que je prends plaisir à observer les gens après le ftour et à contempler les Casablancais qui ne sont plus stressés, qui ne font plus la gueule et qui papotent entre eux sur les terrasses des cafés.

Aimez-vous les friandises du Ramadan ?
Je suis un cas spécial puisque j’adore les «Ch’hiwate» du Ramadan, mais au même temps je préfère les déguster après la fin de ce mois. Sinon, j’ai un grand penchant pour certains petits plats, notamment le Tajine de poisson, le tajine de foie « Mcharmel », les crevettes «pil-pil». Il faut dire que je suis gourmande.

Pensez-vous que le Ramadan soit favorable pour le travail ?
Il faut dire que c’est une question qui me dépasse en tant qu’individu. C’est-à-dire que même si l’envie de travailler est là, c’est tout l’environnement qui n’est pas très favorable.
Les gens sont stressés, sur leurs nerfs, ce qui n’arrange pas les choses. Il vaut donc mieux à ce moment-là consacrer ce mois à visiter ses proches et ses amis et faire un nouveau départ une fois passée cette période.

Regardez-vous la télévision pendant ce mois sacré ?
Absolument. Je veille, en effet, à suivre toutes les productions marocaines et je pense que les acteurs qui disent ou font le contraire sont des hypocrites. Nous avons besoin, en tant qu’acteurs, d’avoir une idée sur les travaux des autres et de voir le niveau de chacun d’entre-nous. J’estime que pour avancer, il faut apprendre de ses bêtises ainsi que de celles des autres. C’est en fait comme une étude de marché. Je ne peux sortir mon produit que si j’ai pris le temps de bien connaître ceux de mes concurrents. Il faut par ailleurs être à l’écoute du public. Pour cela, le mois de Ramadan est un moment des plus propices. Il suffit de prendre place dans un café après le ftour et d’écouter les commentaires des uns et des autres. C’est vraiment très constructif.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *