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Ninja, le tueur nocturne (9)

Ninja jure sur la tête de ses deux petites filles de se venger contre les deux policiers.
«Tous les policiers doivent payer pour ce qui m’est arrivé à cause du sergent et des deux policiers», décide-t-il.
Nous sommes le mercredi 4 novembre 1992. Vers 1 h du matin, Ninja sort de chez lui en emportant ses vêtements de déguisement. Il n’arrive pas encore à chasser les images du sergent et des deux policiers qui le hantent. Dans un coin d’une ruelle obscure, il enfile ses vêtements pour se déguiser. Tout en noir dans l’obscurité de cette nuit sans Lune. Il déambule. Sa destination est déjà ciblée: le poste de police situé au quartier Al Qods, près de l’autoroute à Sidi Bernoussi. Il marche rapidement. Soudain, il arrive au poste. Ninja s’arrête, lance à gauche et à droite des regards scrutateurs. Il n’y a personne. Sauf le sous-brigadier, Arour Moha Ou Saïd, de la deuxième brigade urbaine de la sûreté de Hay Mohammedi-Aïn Sebaâ, qui est à l’intérieur du poste. Scotché à sa place, il le regarde de loin sans réagir. Il y reste un long moment.
Le policier fait les va et vient à l’intérieur des quatre coins de poste. Un moment, il disparaît. Peut-être qu’il s’est asssi devant le bureau installé à l’intérieur. Ninja se dirige doucement vers le poste. Il essaie de ne pas faire de bruit. Il avance à pas de loup. Un pas avant d’y arriver, il s’arrête une fois encore. Pourquoi? Il se souvient qu’il est désarmé, sans couteau, ni bâton. Il lance ses regards à gauche et à droite. Il remarque une  grosse pierre. Il la saisit. Et il avance doucement. Il est 3 h du matin. Il y rentre. Le policier se lève de sa chaise. Face-à-face et n’a pas l’air d’être surpris de la présence de cette personne déguisée en Ninja, il le regarde avec arrogance. Les flammes de la haine jaillissent des regards de Ninja. Et comme un monstre, celui-ci attaque le sous-brigadier et lui assène rapidement des coups avec la pierre sur la tête. Le policier s’effondre. Le sang coule à flot de sa tête. Ninja sort. Sans aucun doute, il se sent mieux. Peu importe s’il ne s’agit pas de l’un des deux policiers qui l’avaient humilié quand il était de retour chez lui et quand il était au cinéma. Se rassurant que le policier est gravement blessé, il sort, puis il revient au poste, y rentre, s’approche du cadavre du policier, fouille les poches de sa tenue et sort  plusieurs billets de banque qu’il met dans sa poche. Puis, il lui déleste le pistolet, un F.N, calibre 7,65 mm, deux chargeurs contenant chacun cinq cartouches. Ninja sort, enlève ses vêtements de déguisement un peu plus loin sans être remarqué et rentre chez lui. Sur le lit, à côté de sa femme qui  plonge dans un profond sommeil, il compte l’argent. Il trouve 4.800 dirhams. À l’insu de son épouse, il planque le revolver et l’argent. Il la réveille, lui chuchote à son oreille : «Je vais partir à Taza. Je retourne d’ici trois ou quatre jours».
Il lui met quelques billets de banque sous l’oreillette,  embrasse ses deux petites filles et sort. Trois jours plus tard, il retourne chez lui. Sa femme lui dit que tout le monde à Sidi Bernoussi parle d’un policier qui a été tué à l’intérieur du poste. Les rumeurs vont bon train. Les uns parlent d’un réseau de terroristes, les autres de règlement de compte, d’autres prévoient que c’est le début du gangstérisme… La police se lance à la recherche meurtrier. Ils essaient vainement d’avoir la moindre information sur lui (ou eux) pour l’identifier. Est-il celui qui a tué, en 1991, un veilleur de nuit et un marchand de charbon et qui a agressé plusieurs autres veilleurs de nuit ?

 (Lundi : Ninja sera-t-il identifié ?)

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