Nour-Eddine Sail : «Le Maroc est la capitale de la cinématographie africaine»

Nour-Eddine Sail : «Le Maroc est la capitale de la cinématographie africaine»

ALM : Dans votre ouverture  de cette douzième édition, vous avez qualifié la production cinématographique africaine actuelle de désertique. Pourquoi ?
Nour-Eddine Sail : En dehors de l’Egypte qui produit 35 films, l’Afrique du Sud 15 films et le Maroc produisant entre 15 et 18 films, il ne se passe pas grand-chose au niveau de la production cinématographique africaine. L’ensemble de la production africaine aujourd’hui, en dehors de ces trois pays formant un triangle, correspond à 12 films, moins que la production sud-africaine ou marocaine. Donc, je considère que c’est un désert. L’Afrique est un continent qui a été exploité, vidé de ses richesses et abandonné. L’Afrique revient aux Africains, il faut qu’on s’en occupe nous-mêmes. N’attendons pas que l’Europe nous donne des subventions, n’attendons pas qu’il y ait des Américains qui viennent tourner des films au Sénégal, pour faire tourner un peu les machines. Bien sûr si cela se fait, c’est formidable, mais attendons-nous surtout à ce que nous, Africains, fassions des films africains.

Comment le Maroc compte-t-il aider la production cinématographique africaine, et quel est l’objectif du Festival de Khouribga ?
Le Maroc, déjà avec ses 15 et bientôt 18 films  par an, aide énormément la cinématographie africaine subsaharienne. Nous sommes coproducteurs de films du Bénin, du Burkina Faso, de la Guinée, de films mauritaniens et tunisiens entre autres. Je ne présente pas le Maroc comme modèle, mais comme volonté. Dans le désert de la production africaine, il faudrait que le rendez-vous annuel de Khouribga devienne une rencontre, pas simplement entre des idées, mais aussi avec les moyens de les réaliser. Je pense que si on démarre sur de bonnes bases, il n’y a rien qui empêche Khouribga de devenir la plus importante rencontre du cinéma africain, une sorte de rencontre entre les projets et les producteurs. Cela n’existe nulle part en Afrique. L’Egypte ne s’intéresse pas à l’Afrique, absolument pas, l’Afrique du Sud non plus. Le Maroc s’intéresse à l’Afrique, on le dit tout haut. Le Maroc sera la capitale de la cinématographie africaine. On veut le devenir, on le deviendra.

Quels sont les buts de la récente création de la Fondation du Festival de Khouribga ?
La création de la Fondation du Festival de Khouribga répond à deux objectifs. D’une part, il est question de renforcer l’existence du Festival de Khouribga. D’autre part, il s’agit de donner à l’ensemble des cinématographies africaines les moyens d’exister. Et on le fera parce qu’il y a une vrai volonté.  Quand vous avez l’OCP, le ministre de la Communication et la ministre de la Culture ainsi que l’ensemble de toutes les organisations élues de la ville de Khouribga, qui vous disent, «on croit en ce festival et en ses moyens. On marche avec vous», quand vous avez le haut patronage de SM le Roi Mohammed VI, je pense que la volonté qui existe déjà va enfin avoir  les moyens de se matérialiser. Mais vous savez, il ne faut jamais s’endormir, même avec l’ensemble des moyens qui nous sont  promis. Il faut maintenant les arracher et faire en sorte que les principes que nous affirmons se concrétisent et soient perceptibles dans la réalité, et ce à partir des prochaines années. Ainsi, cette douzième édition constituera une transition dans l’histoire du festival de Khouribga.

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