Noureddine Lakhmari : «La culture est une nécessité à Safi»

Noureddine Lakhmari : «La culture est une nécessité à Safi»


ALM : Comment est née l’idée de la création de la Fondation Safi Horizons ?
Noureddine Lakhmari : En fait, j’ai toujours voulu mettre au profit de Safi ma ville natale, ma notoriété en tant qu’artiste ayant des contacts au Maroc et à l’étranger. Et ce, pour participer à la promotion de cette ville et essayer de lui rendre tout l’éclat qu’elle mérite. Ainsi, j’ai été contacté par le wali de Safi et nous nous sommes réunis avec Nourreddine Sail directeur du Centre cinématographique marocain pour la création d’une fondation qui aura pour mission de redynamiser l’action culturelle à Safi de manière professionnelle avec des exigences de qualité. Parce que la culture est aujourd’hui une nécessité au Maroc et dans toutes ses régions. Et Safi est le berceau de plusieurs artistes.

Comment s’articulera l’activité de la Fondation ?
La Fondation Safi Horizons réunit plusieurs personnalités de la culture et acteurs de la ville. On commencera par organiser le Festival Amwaj Assafi, mosaïque des cultures du 21 au 23 juillet 2009 où sont prévus des concerts, du cinéma, des ateliers et tables rondes, des espaces solidaires, des expositions, des découvertes culinaires. C’est un événement qui annoncera la couleur des prochaines activités de la Fondation. Cette dernière a signé une convention de cinq années pour animer la ville. On prévoit à partir de 2010 la création d’un Festival de cinéma et un autre de musique ainsi qu’une programmation d’activités tout au long de l’année.

Quel sens revêt votre récente consécration comme meilleur réalisateur dans divers festivals internationaux ?
Effectivement, j’ai reçu vendredi dernier le Prix du meilleur réalisateur au Festival du film arabe de Rotterdam ainsi qu’au Festival international de Taomina (en Italie). Ces Prix témoignent de la mutation que connaît la production cinématographique marocaine aux plans quantitatif et qualitatif, ainsi qu’une reconnaissance de la valeur artistique des films réalisés par des Marocains. Je vous rappelle que CasaNégra a eu un succès européen. Puisqu’il a été distribué dans onze pays européens, de même qu’il occupe la 3ème place au box-office néerlandais.

Quel sont vos projets ?
Actuellement, je suis en train d’écrire un prochain long-métrage, tout en développant la série télévisée Al Kadia. Mon prochain film s’inscrira dans la continuité de CasaNégra. Ce sera un film urbain, où l’esprit d’ouverture et la liberté seront les maîtres mots. J’y traiterais des sujets contemporains avec au centre de mes préoccupations la condition humaine parce que c’est un sujet universel. Mais il me faut du mon temps. Faire vite est dangereux. En fait, ce qu’il va falloir faire c’est surtout du travail approfondi. Parce que faire un bon film n’a jamais été une question d’argent. Il faut que le cinéma marocain sorte de ce raisonnement et que l’on bouge.

Mais désormais, vous avez assez de moyens avec le succès qu’a connu CasaNégra?
C’est aux producteurs que reviennent les bénéfices du film, pas à moi et je suis content pour eux ! J’espère que cela permettra aux producteurs de soutenir des projets audacieux ! Beaucoup de gens pensent que je suis devenu riche avec CasaNégra. Je ne suis ni riche ni millionnaire. Et cela n’a jamais été mon but. Mon premier souci est de pouvoir faire mon art de la meilleure manière. J’espère juste pour mon prochain film que j’aurais assez de moyens pour ne pas faire de compromis ! Quand je regarde CasaNégra, je me dis qu’il n’est pas parfait et il y a encore beaucoup de choses à faire. Maintenant, j’ai tourné la page. Le meilleur est à venir !

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