Oued Laou célèbre l’interculture

Oued Laou célèbre l’interculture

Fête interculturelle sans conteste. Le festival Al-Lama de Oued Laou a ceci de particulier qu’il réunit les cultures des deux rives de la Méditerranée et par delà des deux continents, l’Afrique et l’Europe. Deux cultures qui n’étaient qu’une, il y a encore quelques siècles. Oued Laou fête depuis dimanche et jusqu’au 15 de ce mois la culture marocaine, andalouse, andalou-mauresque mais aussi négro-africaine.
Al-Lama est une rencontre des cultures, une fusion des idées et de styles musicaux. C’est aussi une ambiance de fête, une ambiance décontractée qui se prête à la joie et au divertissement. Une ambiance qui invite aussi bien à la détente qu’à la médiation. Le festival de Oued Laou réunit cette année des groupes de renommée. La manifestation accueille les rythmes de l’Andalousie, des Jbala, des Amazighs du Rif des Gnaoua, du Chaâbi, … Des musiques purement ibériques, des musiques entièrement marocaines, des rythmes de l’Afrique et un mélange et une fusion des trois.
Des groupes avec un talent extraordinaire, capables de faire un mariage entre le flamenco de la lointaine Andalousie, le rock et la musique plus moderne de cette partie du Sud de l’Europe qui garde encore des traces indélébiles d’une culture musulmane vieille de plusieurs siècles ou encore de la musique amazighe du Rif, celle des Gnaoua ou le blues de la lointaine Amérique. Le groupe espagnol Taifa, une référence sans doute aux derniers rois musulmans d’Espagne, en fait partie. Il est capable de faire ce mariage des deux cultures et du patrimoine des deux rives du Détroit. Taifa qui se produira sur scène à Oued Laou sera accompagné par un groupe marocain qui a su marier une musique millénaire amazighe des montagnes du Rif et celle qui vient du fin fond des pays subsahariens, mais aussi du blues et d’autres expressions artistiques. La scène du festival de Oued Laou accueillera également un autre groupe et non des moindres, Mazagan.
Mazagan fait, en effet, partie des précurseurs de la fusion marocaine et reste l’initiateur du Chaâbi-Groove. un mélange unique de chant rural et de son international qui met en avant la richesse du patrimoine musical marocain et l’ouverture d’esprit du groupe. Mazagan, grâce à son style original ne cesse de charmer un large public de jeunes et de moins jeunes après chaque concert. Ceci n’étant qu’un avant-goût. Le programme est très riche et tout aussi varié.
Le festival Al-Lama dans sa quatrième édition sera une occasion unique où ces grands groupes d’artistes se partageront la scène. Et ce sera dans cet ancien village de pêcheurs, aujourd’hui une agglomération un peu plus grande qu’un village, mais qui jouit toujours de la quiétude et la tranquillité d’un village de pêcheurs. Oued Laou, cette petite localité loin de 50 km de Tétouan à laquelle on accède par une route sinueuse et impraticable, il y a encore quelques années. Aujourd’hui grâce la rocade méditerranéenne cette petite localité piégée entre les montagnes du Rif occidental et la mer Méditerranée est un peu moins enclavée.
Elle est même devenue une destination très prisée par les touristes aussi bien nationaux qu’étrangers, espagnols en particulier. Et le festival d’Al-Lama est une occasion incomparable pour convaincre les dizaines de milliers de touristes, amateurs de ce genre de musique fruit du mariage entre différentes cultures de faire le détour dans ces contrées reculées du nord du Maroc.

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