P.Lorin : «qui aime le jazz adorera Tanger»

P.Lorin : «qui aime le jazz adorera Tanger»

ALM : Où en sont les préparatifs de l’organisation du TanJazz et quels seront à votre avis les moments forts de l’édition de cette année ?
Philippe Lorin : La préparation du TanJazz 2004 est d’ores et déjà bouclée. Nous ne pouvions pas nous permettre de nous y prendre tard, à un mois de la date du festival.
Les moments forts de cette année ont été, comme on a l’habitude de le faire, concentrés dans les soirées du vendredi et du samedi. Deux journées où se succéderont les artistes-vedettes de cette année, à savoir la Tunisienne Samiha Ben Saïd avec Stephan Athanas et Contemparabic Jazz Ensemble, le célèbre conguero Ray Barretto et la grande Stacey Kent, parmi d’autres grands noms du Jazz d’aujourd’hui. Les amateurs de Jazz pourront également assister à des spectacles organisées tout au long du déroulement du festival à partir de 23h00 dans le nouveau Club TanJazz aussi, mais sur un registre autre que le Jazz, nous avons également invité des jeunes musiciens du Boulevard des jeunes musiciens de Casablanca qui se produiront lors d’un concert gratuit fait des jeunes Marocains, pour de jeunes Marocains, notamment ceux de Tanger qui n’ont pas souvent l’occasion d’assister à pareils spectacle.
TanJazz en est actuellement à sa cinquième édition. Quel bilan faites-vous de cette manifestation ?
Le festival a grandi presque malgré moi. Il est désormais bien ancré aussi bien au Maroc qu’ailleurs. Les gens viennent de Casablanca et de Rabat pour y assister. D’autant qu’on compte d’ores et déjà une centaine de réservations de la part de touristes étrangers. Cela s’explique notamment par les rapports entre deux esprits, celui du Jazz et celui de Tanger. L’apparition du Jazz en Afrique du Nord date du débarquement des troupes américaines en 1942. tous les régiments avaient leurs propres big band. Mais Tanger n’avait pas attendu les Américains. Depuis les années 1930, et Statut International de la ville oblige, la concurrence mondaine entre les différentes représentations diplomatiques était effrénée. Les échos des derniers enregistrement venaient à grand frais par la valise diplomatique. Mais à partir de la fin des années 1960, c’est la léthargie. Une léthargie que la naissance du TanJazz avait pour ambition de rompre en faisant renaître cette véritable relation amoureuse entre le Jazz et Tanger. Car qui aime le Jazz aimera Tanger.
Qu’en est-il de la problématique du financement, sachant que les sponsors se font de plus en plus nombreux et que vous bénéficiez également de l’appui de l’ONMT ?
Il faut dire que plus en avance, moins il y a des problèmes. Mais c’est toujours très difficile de maintenir la bonne santé financière d’un tel événement. L’année dernière, nous avons certes atteint l’équilibre financier.
Mais les recettes restent maigres. A cela il y a bien une explication. Celle que nous ne pouvons pas dépasser un certain prix pour les billets à Tanger, qui représentent le quart de ce qu’on pourrait payer dans une autre ville comme Casablanca. Cela étant dit, le festival est appelé à se développer davantage. Normalement, il faut dix ans pour qu’une pareille manifestation atteigne le degré de notoriété nécessaire à son succès. Donnez-nous encore 5 ans et le TanJazz sera le premier festival de Jazz d’Afrique.
Qu’en est-il de la promotion du Jazz au Maroc ? Peut-on parler d’une tendance musicale aux couleurs locales ?
Les jeunes Jazzmans marocains évoluent presque clandestinement et individuellement. Il existe peu ou pas d’orchestres de Jazz proprement dits. Comparativement à des pays comme la Tunisie, où existe un bon nombre de musiciens et une musique Jazz de qualité, le Maroc est à la traîne. C’est une musique qu’on n’a tout simplement pas travaillée. Mais on assiste de plus en plus à l’émergence de nouveaux talents, tels que le jeune Mehdi Bennani qui promettent un développement certain de cette musique au Maroc.
D’autant que le Jazz est par définition une forme musicale qui absorbe toutes les tendances, qui suppose une grande capacité d’improvisation et que l’on joue avec les tripes. Il suffit de s’y mettre.

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