Pierre-Robert, l’émir stéphanois (2)

En Afghanistan, pays où il a fini par se plaire et vivre «pleinement» sa foi, Pierre-Robert se livre à d’intenses entraînements militaires sous la direction d’un Palestinien dont le nom de guerre est  «Abou Bakr». Selon ses propres révélations, Abou Abderrahmane est arrivé au bout de plusieurs mois à utiliser, sans grande difficulté, les Kalachnikov, les lance-roquettes RPG et les Makarov. Il s’était également initié à la manière de mélanger les différents composants de TNT pour obtenir des charges explosives.
Abou Abderrahmane aura même le luxe de pouvoir s’exercer lors de séances de tir contre des maisons désertes avant de passer par des entraînements pour la pose des mines antipersonnel. Même en plein Jihad, un islamiste intégriste a besoin de réconfort et, à 26 ans, Abou Abderrahmane exprime le désir d’avoir une épouse, mais  selon les préceptes de la religion islamique tels qu’ils lui ont été inculqués.
La solution est toute trouvée. Un de ses compagnons de camp, un Turc appelé Kuskan (alias Chems Eddine) et marié à une originaire de Tanger lui conseille de chercher une épouse au Maroc. Après avoir bourlingué dans plusieurs pays, Antoine Pierre-Robert finit par jeter l’ancre au Maroc en 1997 et épouser une Tangéroise, K.B, après avoir effectué toutes les démarches nécessaires à la Cour d’appel de Tanger. Il passe quelques mois au Maroc, mais se décide à retourner en France auprès de ses parents.
Il emmène avec lui sa femme, mais décide très vite de regagner le  Maroc car sa femme est tombée malade. Abou Abderrahmane ne voulait pas que sa progéniture naisse hors du monde islamique. La famille de l’émir français aurait émis des réserves sur le fait que le couple habite chez elle. Elle n’aurait pas, non plus, apprécié les  comportements d’Abou Abderrahmane qui, circonstances aggravantes, n’avait pas de véritable boulot.
De retour au Maroc, il confie son épouse à ses beaux-parents et regagne de nouveau la France d’où il entreprend un juteux commerce de voitures d’occasion entre l’Hexagone et le Maroc.
Mais il perpètre aussi plusieurs délits dont des vols en France et en Belgique en compagnie d’un groupe d’intégristes.
L’un de ses derniers méfaits a été de dévaliser une petite succursale bancaire pour repartir avec la somme de 20.000 FF.
Recherché par la police française qui a réussi à remonter la filière des criminels jihadistes et qui enquêtait sur l’éventualité de l’existence de liens entre lesdits vols et la préparation d’actes terroristes, Abou Abderrahmane retourne s’installer définitivement au Maroc d’où il comptait repartir en France après avoir ficelé des plans pour des attaques contre plusieurs cibles dans la région lyonnaise.
D’après les aveux de l’émir stéphanois, il était surtout question de faire exploser la raffinerie de Lyon, de perpétrer un attentat à la bombe contre une synagogue et de s’attaquer à des transports de plutonium qui traversaient la région.
Pour Antoine Pierre-Robert, l’idée de départ était d’embrigader et d’entraîner des islamistes radicaux marocains (Tanger en grouillait et en grouille toujours) avant de les faire voyager, de manière clandestine, en France pour passer à l’acte. En attendant, Abou Abderrahmane ne perd pas de temps et approfondit ses connaissances sur les filières islamistes au Maroc. Il avait également appris à parler couramment le dialecte et l’arabe classique. Quelques semaines après les attentats du 11 septembre 2001, Abou Abderrahmane va à la rencontre de Hassan Kettani, imam de la mosquée «Mekka», pour lui demander une fatwa sur le Jihad. Ce dernier l’oriente à son tour vers Abou Hafs (Abdelouahhab Rafiki) qui “écumait“ à l’époque, les quartiers périphériques de la capitale spirituelle. Dès les premiers mois de 2003, Abou Abderrahmane avait déjà constitué le noyau dur de son groupe avec des ramifications dans plusieurs villes marocaines. Habiter Tanger lui avait énormément facilité les choses.

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