Quel avenir pour les branches littéraires au Maroc ?

Quel avenir pour les branches littéraires au Maroc ?

Ce fut un temps où le choix des branches littéraires n’était réservé qu’à une élite de la société. Une réalité qui avait pour causes principales ; la cherté des prix des livres (Romans ; recueils de poésie, pièce de théâtre, livres d’art…), ainsi que la longueur des années d’études. «J’avais choisi de suivre des études de littérature française à la faculté des lettres et des sciences humaines de Rabat, par amour pour l’univers des arts et des lettres. C’était très dur, du fait que j’étais issu d’une famille très pauvre et que pour me procurer les livres recommandés, il me fallait une fortune. Et pourtant j’ai réussi à décrocher mon doctorat d’Etat avec mention bien», se rappelle Saïd, 56 ans, professeur. Aujourd’hui, le problème des prix ne se pose plus de la même pesanteur. La majorité des jeunes qui s’inscrivent dans des branches littéraires ne le font pas par conviction ou par passion, mais plutôt par obligation. Hanane, 18 ans, ayant raté son Bac lettres pour l’année scolaire 2008, déclare : « Je n’ai jamais choisi de faire un Bac lettres. Mais je n’avais pas le choix. Je suis nulle dans les matières scientifiques. La seule et unique issue était des études de lettres». Pour Sanaâ, 20 ans, le choix des études littéraires se pose autrement. «Je me rends compte aujourd’hui, que j’ai fais un mauvais choix en optant pour des études de littérature. J’ai réussi à décrocher mon Bac. Mes parents n’ayant pas la possibilité financière de me payer une formation dans un institut, je me suis contentée de m’inscrire à la faculté des lettres de Mohammedia, option, littérature française. C’était pour frimer sur mes copines. Je croyais qu’il suffisait de savoir parler un peu français et le tour était joué. Je m’étais trompée. Car l’écrit et le parlé, au niveau de n’importe quelle langue, sont deux univers complètement différents», affirme-t-elle. La majorité des parents interrogés expliquent que cette défaillance est due plutôt à un véritable déclin et un spectaculaire naufrage de la culture en général. S’inscrire dans des branches littéraires, c’est d’abord posséder de véritables bases linguistiques, avoir un minimum de bagage en littérature et art, pouvoir faire la différence entre les différents genres littéraires, connaître, un peu l’histoire des arts et surtout être un grand lecteur… «Nos enfants ne lisent plus et leurs professeurs, censés leur servir de guides, n’ont plus eux-mêmes cet amour pour la lecture», déclare Hassan, dont le fils aîné vient de rater son Bac lettres. Les branches littéraires, ce sont aussi des connaissances en histoire et géographie, en art, en grammaire, syntaxe et sémantique des différentes langues. Dans le temps, les jeunes lycéens avaient la faculté d’énumérer par cœur les différentes étapes de l’histoire du Maroc. Aujourd’hui, une grande majorité des élèves,  lycéens, censés être les étudiants de demain, ignorent une grande partie de l’histoire et de la géographie de leur patrie. «Croyant que mes enfants, lycéens, avaient la même connaissance que moi, quant à une partie de l’histoire de notre pays, je me suis aventuré à interroger ma fille sur l’histoire des Almohades. La réponse était catastrophique : Je ne les connais  pas papa», déclare Larbi, père de famille. Nombreux sont ceux qui dénoncent les méthodologies et les pédagogies défaillantes quant à l’éducation de leurs enfants. «Ce qui est grave, ce sont les erreurs rencontrées au niveau des manuels de nos enfants. Je suis professeur d’histoire et un jour je me suis amusée à lire un manuel d’histoire de mon fils. J’ai pu relever, malheureusement des erreurs au niveau des dates et des confusions quant à certaines époques… », note Rahma, mère de famille.
Un pays sans culture est un pays sans passé ni avenir. Et la culture c’est d’abord dans la famille par le respect et la valorisation des traditions, puis à l’école, par la transmission et l’éducation à l’amour des arts et de la culture par le biais  de la lecture.

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