Rachid Berriyah : «Mes chansons reflètent ce que je ressens»

Rachid Berriyah : «Mes chansons reflètent ce que je ressens»

ALM : Un quart de siècle en tant que chanteur du raï, quel est le secret de cette longévité alors que plusieurs de vos compagnons de départ ont changé de cap ?
Rachid Berriyah : Aucun secret à part le travail et la persévérance. Et Dieu sait que ce n’est pas donné, car au début il n’était pas facile de percer vu la concurrence et les préjugés qui accablaient la mouvance de toutes parts. Par la suite, il n’était pas aisé de rester au top niveau vu le foisonnement des productions. Mais lorsqu’on garde intact le lien avec son public par le biais de participation à des festivals et à une production cadencée qui veille au respect de la diversité des goûts et des normes artistiques, on peut continuer. Et puisque notre travail n’est pas géré de manière professionnelle et rationnelle, il faut ménager la chèvre et le chou.
 
Donc vous travaillez selon une demande et une offre.  Ne pensez- vous pas que cela nuira à l’image que vous voulez présenter ?
Je travaille pour assurer la continuité de ma carrière en me renouvelant au niveau des arrangements et des thématiques abordées. C’est le secret de cette longévité. Une simple astuce corroborée par la mise en vente d’un album tous les deux ans. Je ne suis pas de ces chebs qui produisent avec ou sans raison. Certes, il y a une logique du marché mais il y a aussi une logique propre à l’artiste : ne pas succomber à la banalité. C’est lui qui sait s’il est prêt pour une nouvelle aventure ou non. La production à outrance d’albums est devenue une aventure qui peut vous servir ou desservir vu les rouages du marché, le piratage et le plagiat. Par ailleurs, je ne suis pas de ceux qui succombent  à la tentation du chiffre. Je préfère prendre du recul de temps à autre que de semer à tous les vents, d’ailleurs en 25 ans de carrière je n’ai produit que 12 K7 et CD.

En parlant de production avez-vous du nouveau à proposer à vos fans ?
Je viens de sortir un nouvel album constitué de 9 chansons. La principale porte comme nom «Oujda» et c’est aussi le titre de l’album. C’est une nouvelle compilation à base d’improvisations rythmiques dues à l’intensité du message exprimé et la profondeur du sentiment avec son apport d’affectivité. Ils peuvent  plaire ou déchanter selon l’interprétation qu’on en fait. C’est un hommage à ma ville natale et aux souvenirs qu’elle évoque. C’est aussi l’aboutissement de mon expérience de 25 ans. Sur le plan de la thématique, c’est la solitude, la souffrance, la joie de vivre, la vie en famille et sur le plan des arrangements, j’ai essayé d’introduire des mélodies modernes afin de répondre aux attentes des jeunes mais tout en gardant des rythmiques propres au patrimoine local de l’Oriental. On ne peut prétendre à une continuité si on ne se ressource pas de notre culture et si on ne s’ouvre pas sur ce qui se passe dans le monde. En somme, mes chansons se veulent vraies et reflètent ce que je ressens.
 
Et la vie de famille dans tout cela?
Je suis père de deux enfants : Majd qui a 12 ans et Malak qui  vient de boucler ses 5 ans. Ma femme est tétouanaise avec un tempérament oujdi. Elle  porte un nom d’un téléfilm égyptien : Izate. C’est une adorable femme qui a su imprégner l’équilibre convoité à sa vie de fonctionnaire, de mère et d’épouse.

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