Ramadan : ce qui change pour notre santé

Ramadan est là ! Bien des choses changeront pour nous et ce n’est pas seulement une question d’ambiance dans les marchés. Le jeûne entraîne avant tout des répercussions médicales au niveau de la santé physique et mentale. S’abstenir de boire et de manger tout au long de la journée dès l’aube jusqu’au coucher du soleil contraint l’organisme à s’adapter à un autre rythme au plan de l’hydratation, des hormones, du transit, mais aussi de la psychologie.
Habitué à étancher sa soif quand il en a besoin (transpiration, respiration, tube digestif…), le corps se retrouve soudainement privé d’eau. Pour assurer son hydratation, l’organisme s’adapte donc en réduisant au maximum ses pertes. Les urines deviennent alors moins abondantes qu’en temps normal et le tube digestif se voit contraint de récupérer l’eau des selles.
Au point de vue des hormones, les modifications qu’impose le Ramadan sont beaucoup plus importantes. L’insuline, l’hormone digestive sécrétée qui permet au glucose de pénétrer dans les cellules et de fournir l’énergie au corps, est sérieusement affectée par le jeûne. Pendant les premiers jours, le manque d’insuline provoque des hypoglycémies.
C’est de là que provient la sensation de faim difficilement supportable au tout début du jeûne. L’organisme rétablit, ensuite, son équilibre lorsque l’insuline laisse sa place au glucagon, l’hormone du jeûne. Cette dernière a pour rôle d’aller puiser l’énergie des stocks que possède le corps. Ce sont surtout les graisses qui serviront à la fabrication du glucose, le carburant qu’apporte l’alimentation au corps. Petit à petit, cette sensation vive de faim devient moins « agressive » qu’auparavant et donc plus supportable.
Les modifications qu’impose le jeûne s’expriment aussi au niveau de calcémie qui, en début de nuit, enregistre une forte diminution sans pour autant atteindre un seuil inférieur à la normale. Par contre, c’est l’effet inverse que l’on remarque au niveau du taux de cholestérol total et de l’oxydation des graisses qui augmentent tout comme l’uricémie.
L’insuline, elle, baisse pendant le jour, mais monte rapidement le soir, comme c’est le cas de la gastrine.
Une légère diminution est perceptible, par ailleurs, en ce qui concerne les globules blancs et les plaquettes. Même répercussion au niveau gastrique dont la moyenne diminue et reste ainsi bien après le Ramadan. D’après les observations cliniques, cela persiste un mois après le Ramadan.
Seules la pression artérielle et la fréquence cardiaque ne connaissent pas vraiment de changements notables pendant le jeûne. Ce qui veut dire que pour une personne en bonne santé, le jeûne est supportable sans aucun problème.
Ce sont plutôt les troubles du sommeil qui entraînent des conséquences néfastes sur la santé. En cette période, on a l’habitude de dormir moins.
Selon les observations médicales, ce manque est de deux à quatre heures. En plus d’être court, le sommeil est souvent fractionné. Voilà, ce qui entraîne la sensation de fatigue continue accompagnée d’une somnolence.   
Résultat : baisse de performances cognitives et sportives pendant la journée. S’ajoute à cela l’état de nervosité dont souffre une catégorie de personnes pour qui la caféine et le tabac sont une sorte de «drogue» tout au long de la journée.
Alors pour que tout aille pour le mieux, il faut suivre à la lettre les règles d’une alimentation équilibrée. Cela veut dire qu’il faut bien manger le soir sans pour autant dépasser les limites faisant du jeûne un justificatif à la gourmandise. Car, il semble que les mauvaises habitudes alimentaires trouvent un terrain fertile en ce mois de Ramadan, n’est-ce pas ?

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