Rentrée scolaire et Aïd : une forte pression sur les bourses ménagères

Rentrée scolaire et Aïd : une forte pression sur les bourses ménagères

C’est vers le 10 septembre que le Maroc fêtera l’Aïd Sghir, quatre jours par la suite c’est la rentrée scolaire, le mardi 14 septembre, selon un communiqué du ministère de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur, de la Formation des cadres et de la Recherche scientifique. Deux évènements importants dans une vie de famille avec notamment une forte charge religieuse et sociale. Deux événements synonymes de dépenses en plus pour répondre aux caprices de nos enfants en quête d’une confirmation vestimentaire devant leurs nouveaux camarades de classe ou leurs amis de quartier. L’Aïd et la rentrée scolaire sont devenus par la force des coutumes des moments d’exhibition livresque ou vestimentaire pour les petits, mais sources de soucis matériels pour plusieurs parents. Le cas de la célébration des fêtes ou autres événements est révélateur de l’intérêt qu’accordent les parents à l’aspect vestimentaire de leur progéniture. Et puisque jamais médaille sans revers, les enfants succombent aussi au charme des apparences et demandent à chaque fois plus. Cela met les parents en ballottage pécuniaire notamment lorsque ces événements sont rapprochés dans le temps. C’est le cas pour cette année, l’Aïd Al Fitr et la rentrée scolaire arrivent juste après les vacances et le mois sacré du Ramadan. Point de répit pour les faux frais et les dépenses occasionnées par des rituels se rapportant à notre mode de vie. Normal, dira-t-on, car la joie et le repos des vacances sont très attendus, la piété et la dévotion du mois sacré aussi. Cela mérite sacrifice et bonne gestion financière.  De fait, la satisfaction des caprices des enfants qui attendent avec impatience l’Aïd et la rentrée scolaire dépendra de la forme des bourses ménagères. Seront –elles pleines, rondes, vides, plates ou à secs.  Les «Chhiwates» du mois de Ramadan avec ce qu’elles occasionnent comme dépenses à goût succulent laisseront certes des trous dans toutes les caisses. Le dilemme c’est que la rentrée scolaire et Aïd Al Fitr ne sont pas des dates anodines dans la vie d’un enfant. Ce sont des moments d’intense joie où il se sent important pour lui-même et pour ses parents. Les nouveaux vêtements et les nouveaux cartables avec ce qu’ils contiennent comme fourniture font la fierté des élèves de la première année de l’école primaire au Bac. «Mais ce n’est pas donné à tout le monde de répondre à toutes les requêtes de nos enfants car mon fils qui vient de passer en première année Bac veut acheter des espadrilles de marque à plus de 900 DH, un jean à 240 DH, un pull body à plus de 200 DH en plus de l’assurance de sa moto qui est à 1500 DH. Et pour répondre à ces doléances, je dois serrer ma ceinture», rapporte à ALM un cadre banquier. «Je viens de casquer 2 000 DH comme fourniture scolaire pour mes deux enfants qui poursuivent leurs études dans une école privée. Plus les 3.000 DH que vient de payer leur maman pour leurs vêtements de rentrée et de l’Aïd. C’est une addition plus salée que la prune des yeux», rapporte Karim Berrichi, un jeune père de famille.
Au fait, la rentrée scolaire, comme les Aïds, est devenue un fardeau avec tout ce qui l’accompagne comme dépenses de scolarité et d’achat de nouveaux habits. Ceci dit, «les prix de la fourniture scolaire de base sont identiques à ceux de l’année précédente exception faite pour les cahiers qui ont connu une augmentation de l’ordre de 10%», explique Hachmi Zaoui, un libraire de la place. «Mais dès qu’on monte dans la gamme des produits et des marques, les prix flèchent», rétorque une maman qui n’arrive pas à expliquer le fait que les gens gaspillent de plus en plus de l’argent à chaque occasion alors que certaines familles trouvent du mal à joindre les deux bouts à cause des débours provoqués par ces mauvaises habitudes. Le retour en classe doit s’accommoder cette année avec d’autres frais se rapportant aux préparatifs de l’Aïd Al Fitr. La fête par excellence des gâteaux. Mais comme par hasard la deuxième mère de famille qu’ALM a rencontrée au souk d’Oujda aborde la situation avec plus de philosophie. «C’est une très bonne chose que l’Aïd coïncide cette année avec la rentrée scolaire. Au lieu d’acheter de nouveaux vêtements pour la rentrée scolaire et d’autres pour l’Aïd on se contentera d’un seul achat».  Et d’ajouter : «Pour ce qui est des frais des ingrédients pour la préparation des gâteux c’est plus ou moins les mêmes prix que l’année précédente. Il suffit de se préparer à temps». Point de vue non partagé par Karima Mokhtari qui avance que les frais de l’Aïd sont plus chers que ceux de l’année dernière car plusieurs produits ont connu des augmentations substantielles. «Je pense qu’une grande majorité des familles se contentera cette année du strict minimum pour ce qui est des gâteaux de la fête. Idem pour les vêtements car de simples habits pour enfants sont à plus de 200 DH l’unité», déclare Mme Mokhtari. Autre fait de société, c’est que cette année les consommateurs ne se sont pas abattus sur les banques ou les sociétés à crédits pour emprunter et résoudre les dépenses de fêtes. «J’ai fait l’expérience l’année dernière pour un emprunt de 20.000 DH pour bien passer mes vacances et fêter l’Aïd. Je le regrette car je n’ai pas encore achevé les échéances de 1.800 DH que je rembourse chaque mois et voilà que la rentrée et l’Aïd me tombent sur la tête», explique un fonctionnaire habitué aux crédits de consommation.

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