Rissani : La mosquée Moulay Ali Chérif

Les rares touristes qui s’aventurent jusqu’à Rissani, ancienne Sijilmassa, capitale du Tafilalet, ont souvent pour point de chute la mosquée Moulay Ali Chérif, du nom du fondateur de la dynastie alaouite. Né en 762 et décédé en 847 de l’Hégire à l’âge de 85 ans, ce dernier est originaire de Yanboua, en Arabie Saoudite. Il a été inhumé, dans un premier temps, à la zaouia de Tighmart à 200 km de Rissani avant que sa dépouille ne soit transférée vers l’actuel mausolée, construit sous le règne de Sidi Mohamed Ben Abdellah en 1206 de l’Hégire.
Sa vie durant, Moulay Ali Chérif a été un grand homme de foi, un moujahid et un illustre savant qui a transmis son savoir à un grand nombre de ses disciples. Ses enseignements ont été suivis jusqu’en Andalousie où il a passé plus de 20 ans.
La  mosquée-sanctuaire qui porte son nom constitue l’un des plus beaux monuments de la région du Tafilalet.
Le mausolée qui a été reconstruit en 1965 après sa destruction par une crue de l’oued Ziz dispose d’un portail imposant décoré de céramiques et qui donne accès à la grande salle abritant la tombe de Moulay Ali Chérif. L’enceinte comprend une vaste cour, un patio et une mosquée pittoresque dominée par une magnifique coupole d’une longueur de 11 mètres sur 7 m de largeur et d’une hauteur de 15 mètres, décorée selon les règles de l’art architectural marocain.
Le sanctuaire comprend, outre les tombres de Moulay Ali Chrif et de ses fils Moulay M’Hamed et Moulay Youssef, celles de Sidi El Habib ben Zine El Abidine Ben Moulay Ismaël et de Moulay Rachid Ben Sidi Mohamed Ben Abderrahmane.
La ville de Rissani où se trouve ce haut lieu de l’histoire a été construite sur les vestiges de Sijilmassa, ville qui a atteint  son apogée au 7e siècle.
D’après les fouilles archéologiques, peut-on lire dans le site d’Errachidia,  cette cité disposait d’une avenue principale qui mesure plus d’un kilomètre de longueur, elle est l’une des plus grandes villes de l’Afrique médiévale. En 1998, une carte de la partie centrale de Sijilmassa, élaborée par une mission maroco- -américaine, montre plusieurs édifices de surface comme la grande mosquée et la citadelle, les murs demeurant visibles.
Une carte de 1996, élaborée à l’aide de prises de vues aériennes et d’images satellite, indique l’emplacement sous-terrain des principaux murs et des majeures artères : une image de la cité qui n’a été décrite, il y a plus de 1000 ans que dans ses grandes lignes. Outre l’emplacement d’un cimetière et du marché des transactions internationales, un complexe industriel, mis à jour à l’ouest de la ville sur la berge de l’oued Ziz, montre plusieurs chambres qui, reliées entre elles par un système de drains, auraient servi au lavage des minerais, sachant que, dans le Maghreb médiéval, tout l’or exporté par les marchands était frappé à Sijilmassa, comme le rapporte Al Masoudi.
Des livres de compte arabes médiévaux attestent de l’importance de dinars almoravides de Sijilmassa, dont quelques pièces ont été retrouvées en France, sur le chemin de leur transit par Gènes vers le Moyen -Orient. En 1992, en Jordanie à Aqaba, d’autres pièces ont été  découvertes lors de fouilles dans l’ancien port, à la porte de la Mer rouge. L’industrie de la céramique aurait été un autre secteur d’activité tout aussi florissant comme en témoignent des objets retrouvés sur plusieurs sites.

Un ancien centre de commerce
Le Tafilalet a joué dans l’ histoire du pays un rôle de premier plan. L’ancienne Sijilmassa vit naître en 1640 la dynastie alaouite . Moulay Ali Chérif en a été le fondateur.  Le Tafilalet, c’est aussi un centre commercial qui fut très important pendant de nombreux siècles. Porte principale du Sahara , le Tafilalet a servi de lieu d’échanges entre le Nord et l’extrême Sud et c’est par cette région que s’effectuait le transit de l’ or et des épices vers le Soudan et la grande Guinée (côte du golfe de Guinée).

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