Rouicha : mon Ramadan à moi

Rouicha : mon Ramadan à moi

Mohamed Rouicha aime passer ses journées ramadanesques chez lui, à Khénifra. En compagnie de ses enfants, ce célèbre chanteur et compositeur amazigh préfère marquer une pause durant ce mois sacré et laisser de côté sa carrière artistique. «C’est bel et bien à Khénifra, ma ville natale, où j’aime passer le mois du Ramadan près de ma petite famille. C’est aussi une occasion de rendre visite à nos amis et à nos voisins», dit-il avec sérénité.
Ce père veille également à l’éducation de ses quatre enfants et à leur apprendre comment bien mener son bon homme de chemin dans la vie. «Je mène une vie normale et je tiens à inculquer à mes enfants l’idée de vivre dans la simplicité. Etre humble est une qualité que l’on apprend depuis l’enfance», note-t-il. Et d’ajouter sur un ton toujours calme : «un artiste doit rester modeste, car il s’adresse à tout le monde. Chaque chanson relate en fait une histoire puisée dans notre vie quotidienne. Je pense même que l’artiste agit quelque part en sociologue».
Pour Mohamed Rouicha, un artiste n’est pas seulement un sociologue, mais aussi bien un fin psychanalyste : «nous menons vraiment une étude sociologique profonde où l’on décrit avec précision les problèmes et autres souffrances que l’on rencontre dans notre vie. Un artiste militant est bel et bien celui qui arrive à toucher les sentiments des gens !».
Dans sa maison à Khénifra, il dispose d’une chambre-bibliothèque où il entasse des centaines de livres touchant à divers domaines. «J’ai appelé cette chambre Al-Jahid, du nom d’un éminent penseur arabe, auteur du célèbre «Les avares». J’invite mes enfants à prendre de temps en temps un livre pour approfondir leurs connaissances», dit-il en souriant.   
De ses enfants, Mohamed Rouicha parle avec tendresse et affection. C’est ainsi que l’éducation de Hamd Allah, Chokr Allah, Barkate et Aïcha occupe le plus clair de son temps, notamment durant ce mois sacré.
Loin des feux de la rampe et autres projecteurs, Rouicha est avant tout un père qui prend soin de sa petite famille. S’il s’éclipse durant ce Ramadan, ce n’est que pour revenir avec des nouveautés pour son public.   
Ce chanteur compositeur émérite doublé d’un poète est de ceux qui accordent quotidiennement une partie de leurs temps à la médiation. Et il n’y a pas plus idéal que la montagne de l’Atlas pour méditer dans une atmosphère hautement imprégnée de sérénité et de quiétude. La musique de Rouicha est connue pour ses mélodies harmonieuses puisées dans les fins fonds de l’Atlas. Ses rythmes font vibrer les foules, donnent du plaisir à ses très nombreux fans et rappellent les us et les coutumes de sa région. Généralement, ses spectacles sont des plus réussis. En témoigne la frénésie des spectateurs qui la suivent et qui apprécient à chaque fois sa maîtrise à la perfection du l’«Ouatar», pièce maîtresse dans la musique des montagnes. Cet instrument a désormais sa place dans la musique marocaine, grâce notamment à Rouicha qui joue avec excellence sur l’«Ouater ». Les fins connaisseurs du patrimoine musical marocain n’omettent pas de noter que cet artiste khénifri est celui qui a osé faire évoluer le nombre des cordes de l’«Ouater » de deux à trois. Une évolution qui a donné ses fruits sur la scène artistique amazighe nationale, où Rouicha est l’un des chanteurs les plus admirés. 
Des consécrations, il en a reçues des centaines. « Dans ma maison, j’ai un petit musée où je garde soigneusement l’ensemble des Prix que j’ai récoltés depuis le début de ma carrière dans les années 1966 », tient-il à préciser cet artiste original qui ne chante pas comme les autres et voit les choses sous un angle philosophique. C’est ça Rouicha.

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