Russie : cambriolage dans un département d’élite du parquet

Les malfaiteurs ont «forcé 18 bureaux et 25 coffres-forts» dans la nuit de lundi à mardi mais ils n’ont pas emporté de dossiers sur les «affaires criminelles ni de preuves matérielles», souligne le comité d’enquête du parquet russe dans un communiqué. «Selon l’enquête, le but des cambrioleurs était d’emporter des objets de valeur», assure le texte, affirmant que seules une télévision et une caméra ont été subtilisées. Mais une source policière interrogée par l’agence Interfax a pour sa part souligné qu’une «quantité énorme de documents, dont des enquêtes criminelles importantes, a été volée».
«Clairement, les pièces d’une affaire criminelle retentissante ont tout de même disparu», a indiqué une source au sein du comité d’enquête sans plus de précisions, «on ne peut exclure que la cible des malfaiteurs était un dossier en particulier». Le département du comité d’enquête du parquet pour les «affaires criminelles particulièrement importantes» dans la région de Moscou est une unité d’enquêteurs chargés des dossiers sensibles. Il enquêtait notamment, selon la source citée par Interfax, sur l’entourage du chef des forces aéroportées russes, le général Vladimir Chamanov. Ce dernier avait reçu un blâme en octobre dernier pour avoir envoyé des soldats pour empêcher une perquisition dans l’usine de son gendre, recherché pour tentative d’assassinat. Ce département enquête aussi sur l’agression en 2008 d’un journaliste et militant écologiste, Mikhaïl Beketov, qui avait dénoncé la corruption dans le cadre de la construction d’une autoroute à travers la forêt de Khimki au nord-ouest de Moscou, selon la même source. La victime a passé, à la suite de cette attaque, plusieurs mois dans le coma, a dû être amputé d’une jambe et n’a toujours pas retrouvé l’usage de la parole. Les coupables n’ont pas été appréhendés. Le président russe Dmitri Medvedev vient d’ordonner la suspension des travaux dans cette forêt, dont la défense est devenue un point de ralliement de l’opposition pour dénoncer l’arbitraire des décisions des autorités.

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