Saïd Zouita : le meurtrier fou qui s’est donné la mort (8)

Saïd Zouita : le meurtrier fou qui s’est donné la mort (8)

Il est 7 h du matin de ce dimanche 2 février 2003. Un jour férié. En plus, demain lundi sera la fête de l’Aïd El Adha. Les rues et les boulevards casablancais sont plus ou moins déserts. Si une partie des habitants de cette métropole ont déjà voyagé pour passer la fête en compagnie de leurs familles, l’autre partie plonge encore dans un profond sommeil. Seules quelques personnes qui rôdent dans ces ruelles ou prennent leur café comme celui-ci qui sirote son café noir à la terrasse du bar-restaurant La Presse tout en regardant le carton ficelé qu’un homme qui vient de descendre d’un petit taxi a déposé juste à l’entrée de la rue piétonne Oussama Bnou Zaïd (Ex rue de Jura) donnant sur le boulevard Brahim Roudani. L’homme s’est engagé dans cette rue tout en portant dans ses bras un second carton. Cinq minutes puis dix et vingt passent. L’homme ne revient pas. Le détaillant de cigarettes qui se tient juste à côté du bar-restaurant regarde le carton ficelé. Il semble qu’il est étonné par cet homme qui l’a déposé sans lui demander de le garder jusqu’à son retour. 7h30 sonnent. Et personne ne revient récupérer le carton. Le client du café y est encore et le détaillant de cigarettes s’occupe de quelques clients. Tout d’un coup, il remarque un homme qui semble être attiré par la ficelle qu’il peut utiliser pour pendre le mouton de l’Aïd Al Adha. Sans aucun doute, l’homme croit que le carton est abandonné puisqu’il est déposé à un mètre plus loin d’un bac à ordures. L’homme défait la ficelle, la met dans sa poche et s’apprête à partir. Seulement, sa curiosité le pousse à ouvrir le carton. Une fois ouvert, le sang glace dans ses veines. La sueur froide coule de son front. Cloué à sa place, il ne sait ni quoi faire, ni quoi dire. Les yeux hagards, il n’arrive même pas à appeler le détaillant de cigarettes qui le fixe par ses deux prunelles. Au contraire, il s’évanouit. Le détaillant et le client du bar-restaurant se précipitent vers lui pour savoir ce qui lui est arrivé et le soutenir pour reprendre connaissance. Seulement, ils se plantent eux aussi à leur place sans même échanger les regards. Pourquoi? À l’intérieur du carton, ils remarquent la partie inférieure d’un corps humain emballé dans un sac en plastique. Le numéro 19 composé. Les éléments de la scène de crime se dépêchent sur les lieux. Leurs collègues de la police judiciaire et du laboratoire scientifique et technique les rejoignent. Les enquêteurs apprennent que le carton a été déposé par un jeune homme qui vient de descendre d’un petit taxi qui est parti en longeant la rue piétonne Oussama Bnou Zaïd avec un second carton dans ses bras. Renferme-t-il les autres parties du corps ? Qui est cet homme qui vient de déposer ce carton ? Où doit-il déposer l’autre carton qu’il portait ? Peu de temps après, au moment où les enquêteurs interrogent encore les témoins qui ont vu l’homme qui a déposé le carton, un cordonnier de la rue Ibnou Mounir, à deux rues plus loin de la rue Oussama Bnou Zaïd, arrive et demande aux policiers de l’accompagner. Pourquoi ? «Des pieds, des pieds…», balbutie-t-il tout en demandant aux enquêteurs de l’accompagner rapidement. Quelques enquêteurs restent sur la première scène de crime alors que les autres suivent le cordonnier pour s’assurer qu’il s’agit vraiment d’une partie du corps humain. S’agit-il du reste du corps retrouvé dans le carton déposé par l’homme qui est descendu du taxi ?

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