Salman Al-Farisy (1)

Cette fois, le héros vient de Perse. Plus tard, dans ce pays, l’Islam sera embrassé par de nombreux hommes. Il en fit des croyants à la foi incomparable, au savoir immense tant en religion qu’en les choses de l’ici-bas.
C’est là une des merveilles de l’Islam. Dès qu’il investit un pays, il y déclenche dans un grand mouvement les énergies et la créativité des habitants, si bien qu’apparaissent des philosophes, des médecins, des savants en religion, des astronomes, des inventeurs…
En ces temps-là, ces érudits de savoir surgissaient de partout, de chaque pays, si bien que les premières époques du règne de l’Islam assistaient à une profusion de génies extraordinaires dans tous les domaines. Leurs pays étaient multiples mais leur religion était une. L’Envoyé (ç) avait déjà annoncé cette extension bénie de sa religion. Bien plutôt, il en reçut promesse de véracité de la part de Dieu le Connaissant. Un jour, Dieu lui fit voir l’avenir de l’Islam. L’Envoyé (ç) vit alors de ses yeux l’étendard de l’Islam flotter sur les cités et les palais des monarques de la terre.
Salman al-Farisy était présent. Il avait un lien très certain avec ce qui se passa. Cela eut lieu durant le siège des Coalisés.
En l’an 5 ap. l’Hég., les notables des juifs se dirigèrent vers la Mecque, pour convaincre les associants d’éradiquer cette nouvelle religion.
Leur mission fut un succès, puisqu’ils réussirent à mettre sur pied une coalition impressionnante. Le plan proposé par les juifs fut vite adopté. Les Quraych et les Ghatafan attaqueraient Médine de l’extérieur, tandis que les juifs des Banou Quraydha la prendraient de l’intérieur, par derrière les rangs des musulmans.
Ainsi l’Envoyé (ç) et ses compagnons seraient broyés comme par une meule.
Quand cette armée d’associants se présentera devant Médine, les musulmans seront surpris, malgré les préparatifs faits. Dieu décrit bien la situation d’alors: lors elles surgirent pour vous de dessus et de dessous, et que fléchirent les regards, et que les cours montèrent dans les gorges et que vous conjecturiez force conjectures sur Dieu…
Les troupes ennemies seront composées de 24.000 guerriers, sous le commandement d’Abou Sufyan et Oyayna b. Hiçn. Cette armée ne représentait pas les tribus de Quraych ou Ghatafan mais toutes les tribus associantes et leurs intérêts. Ce sera là la dernière tentative entreprise par tous les ennemis de l’Envoyé (ç).
Quand Médine fut informée des intentions belliqueuses des Coalisés, les musulmans jugèrent la situation très critique. L’Envoyé (ç) réunit ses compagnons pour des consultations. Tous convinrent évidemment, de combattre, de défendre la cité. Mais, comment organiser la défense devant une armée si nombreuse?
Là, s’avança l’homme aux grandes jambes et aux cheveux fournis, l’homme à qui l’Envoyé (ç) portait un grand sentiment de respect. Salman s’avança vers une hauteur, d’où il jeta sur la cité un regard examinateur. Il remarqua qu’elle était, d’un côté, bien protégée par une montagne rocailleuse mais vulnérable par cette grande brèche-là. Une issue bien faite qui n’attendait que les troupes ennemies.
Salman, qui connaissait les tactiques et les ruses de guerre de son pays, suggéra à l’Envoyé (ç) une proposition inconnue jusque-là des Arabes. C’était le creusage d’un fossé le long de la zone découverte.
Dieu seul sait quel serait le sort de l’Islam, si les musulmans n’avaient pas creusé ce fossé.
Quand les associants virent cette grande tranchée, ils en eurent le vertige. Ils restèrent impuissants dans leurs tentes, durant un mois, jusqu’à cette nuit-là où Dieu envoya sur eux une tornade furieuse et mugissante qui les obligea à lever leur camp. Durant le creusement du fossé, Salman tenait sa place avec son équipe, car chaque équipe avait une surface déterminée à creuser.
L’Envoyé (ç) creusait aussi avec son pic. Dans la surface où Salman et ses compagnons travaillaient, un énorme rocher ne voulait pas céder le passage devant les coups répétés de leurs pics. Salman, dont la constitution était solide, ne put pourtant pas avoir raison de ce rocher-là. Lui et ses compagnons aussi ne purent le faire remuer. Ils restèrent impuissants. Alors, Salman s’en alla demander à l’Envoyé (ç) la permission de changer le tracé du fossé, pour éviter le rocher qui leur tenait tête. L’Envoyé (ç) vint examiner l’endroit et le rocher.

• «Des hommes autour du Prophète»
Khalid Mohammad Khalid
Traduction : Abdou Harakat
Ed. Dar Al-Kotob Al-Ilmiyah
Beyrouth, 2001 – 224 pages

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