Salman Al-Farisy (2)

Quand il le vit, il demanda un pic puis il les invita à se retirer un peu plus loin. Après quoi, il cita le nom de Dieu, et de toutes ses mains il trappa le rocher avec force et détermination. Celui-ci dégagea une brillance pleine d’étincelles. Salman dira : «Je l’ai vu illuminer les alentours». C.-à-d. les alentours de Médine.
Au premier coup, l’Envoyé (ç) dit à haute voix: «Dieu est Grand! On m’a donné les clefs de la Perse. Il m’a illuminé d’elle les palais rouges d’al-Hira et les cités de Cosroès. Ma communauté l’emportera sur elle.» il leva haut le pic et frappa une seconde fois. Le roc étincela vivement et se fissura. L’Envoyé (ç) dit à haute voix: «Dieu est Grand! On m’a donné les clefs de Byzance. Il m’a illuminé d’elle ses palais rouge. Ma communauté l’emportera sur elle.» Au troisième coup, le rocher céda complètement, après avoir brillé intensément.
L’Envoyé (ç) lança le tekbîr, ainsi que les musulmans. Il les informa qu’il voyait à ce moment-là l’étendard de l’Islam flotter sur les palais de Syrie, de Çanâ et d’autres cités du monde. Alors, les musulmans dirent à haute voix: «Voilà ce que Dieu, ainsi que son Envoyé, nous a promis! Dieu dit vrai, ainsi que son Envoyé!»
Salman avait eu donc l’idée du fossé, et c’est lui qui buta sur le rocher et assista à la prédiction envoyée par Dieu. Il était tout près de l’Envoyé (ç) à voir la lumière qui se dégageait du rocher et à entendre la bonne nouvelle. Il vivra et verra cette bonne nouvelle se réaliser dans les cités de Perse et de Byzance; il verra les palais de Çanâ, de Syrie, d’Irak : il verra tant de pays entendre l’appel du muezzin fuser du haut des mosquées. Bien plus tard, le voilà assis à l’ombre de l’arbre qui se trouvait près de sa maison, à al-Madaïn. Il racontait aux présents ses pérégrinations pour atteindre la vérité. Comment avait-il abandonné la religion de son peuple persan pour embrasser d’abord le Christianisme et ensuite l’Islam?
Comment avait-il laissé la richesse de son père, pour se jeter dans la misère à seule fin de libérer son âme? Comment avait-il été vendu comme esclave, lors de son voyage pour la vérité? Comment avait-il rencontré l’Envoyé (ç) et comment avait-il cru en lui?
Venez, allons ensemble écouter son récit, dans cette réunion-là. «Je suis originaire d’Ispahan, d’un village appelé Jay, et mon père était une personnalité importante ayant des terres. J’étais, pour lui, le plus aimé des hommes. Je m’étais attaché au Mazdéisme de sorte que je demeurais près du feu que nous allumions, et nous ne le laissions jamais s’éteindre. Mon père, qui avait une ferme, m’envoya un jour pour elle. Je sortis donc. (Sur le chemin), je passai près d’une église appartenant à des Chrétiens. Je les entendis prier. J’entrai pour voir ce qu’ils faisaient. Ce que je vis de leur prière me plut et je me dis alors : «Cela est mieux que notre religion que nous suivons.»
Je ne les quittai qu’au coucher du soleil. Alors, je ne regagnai pas la ferme de mon père et je ne retournai pas auprès de lui qu’après qu’il eut envoyé (des gens) me chercher.
Leur affaire m’ayant plu, ainsi que leur prière, j’avais interrogé les Chrétiens sur l’origine de leur religion. Ils m’avaient dit: "C’est en Syrie…"
Puis, à mon retour, je dis à mon père: «Je suis passé près de gens qui prient dans une église à eux. Leur prière m’a plu et j’ai vu que leur religion est mieux que la nôtre.» Il discuta avec moi et je discutai avec lui… Puis, il me mit aux fers et me fit prisonnier.
Après quoi, j’envoyai quelqu’un aux Chrétiens pour leur dire que j’avais embrassé leur religion. Je leur demandai aussi, si un cortège venait de Syrie, de m’en informer avant son retour. Je comptai partir avec eux en Syrie. Les gens de l’église firent cela. Je brisai mes fers et je sortis. Puis, je partis avec eux en Syrie. Là-bas, je demandai après leur savant. On me dit : «C’est l’évêque, le patron de l’église.» Je le contactai et je lui racontai mon histoire. Puis, je m’installai avec lui à servir, à prier et à apprendre. Cet évêque était un homme de mal en sa religion, puisqu’il collectait les aumônes des gens, en vue de les distribuer, puis les accumulait pour lui. A sa mort, ils le remplacèrent par un autre. Je n’avais pas vu d’homme (plus impliqué) que lui dans leur religion: plus que tout autre, il désirait la vie dernière, était continent de l’ici-bas, assidu dans les adorations. J’eus pour lui un amour, lequel je n’avais pas eu de pareil pour un autre avant lui. Quand la fatalité (de la mort) se présenta à lui, je lui dis: «Voilà que se présente à toi ce que tu vois du décret de Dieu. Qu’est-ce que tu m’ordonnes? Pour qui me recommandes-tu?» Il me dit : «C’est vrai, mon fils. Je ne connais personne qui suit ce que je suis, sauf un homme se trouvant à al-Mawçil…» Quand il mourut, j’allai trouver celui d’al-Mawçil. Je le mis au courant. Après quoi, je m’installai avec lui le temps que Dieu voulut.
Donc, quand la mort se présenta à lui, je l’interrogeai et il me montra un adorateur installé à Naçibin…
J’allai le trouver et je lui racontai mon histoire.
Après quoi, je m’installai avec lui le temps que Dieu voulut. Quand la mort se présenta à lui, je l’interrogeai. Il m’ordonna alors de rejoindre un homme installé à Âmuriya, dans le pays de Byzance. Je fis donc le déplacement et je m’installai avec lui. Et pour vivre, je pris des vaches et des moutons…
Par la suite, la mort se présentant à lui, je lui dis : «Pour qui me recommandes-tu?» Il me dit : «O mon fils, je ne connais aucun qui suit ce que nous suivions, pour t’ordonner de le rejoindre. Mais, tu es dans l’époque d’un prophète qui sera envoyé avec la religion d’Abraharn, le croyant originel. Il émigrera en une terre contenant des palmiers situés entre deux zones pierreuses. Si tu peux l’atteindre, agis en conséquence. Il a des signes qui ne se cachent pas: il ne mange pas l’aumône, il accepte le présent, et il a entre les épaules le sceau de la prophétie. Si tu le vois, tu le reconnais».
Puis, un certain jour, une caravane vint à passer près de moi
Les ayant interrogés sur leur pays, je sus qu’ils étaient de la presqu’île arabique. Je leur dis alors : «Je vous donne mes vaches et mes moutons et vous me prenez avec vous pour votre pays?» Ils dirent : «Oui.»
Ils m’emmenèrent donc avec eux jusqu’à WadI-al-Qoura. La, ils me nuisirent: ils me vendirent à un juif.
Après quoi, je vis beaucoup de palmiers. J’eus la convoitise que l’endroit fût le pays qui m’avait été décrit et qui serait l’asile du prophète attendu. Mais, le pays ne l’était pas.
Je restai chez l’homme qui m’avait acheté jusqu’au jour où un juif des Banou Quraydha vint à lui. Il m’acheta et m’emmena avec lui a Médine. Par Dieu! dès que je la vis, j’eus la certitude que c’était bien le pays qu’on m’avait décrit.
Puis, je m’installai àa travailler pour lui, dans sa palmeraie située dans le territoire des Banou Quraydha, jusqu’au jour où Dieu envoya son Envoyé, et que ce dernier vint à Médine, s’installa à Qubâ’, chez les Sanou Amrû b. Aouf.
Un jour, alors que j’étais sur le haut d’un palmier et que mon propriétaire était assis à son pied, un cousin à lui vint et lui dit : «Dieu combatte les Banou Qila! ils sont a Quba en train de se bousculer autour d’un homme arrivé de la Mecque ; ils prétendent que c’est un prophète.»
Par Dieu! je fus pris de frissons dès qu’il eut dit cela, si bien que le palmier frémit et que je faillis tomber sur mon propriétaire. Je descendis rapidement, en disant : «Qu’est-ce que tu dis? Quelle est la nouvelle?» Mon maître leva alors la main et me donna un coup fort, puis dit: «Qu’est-ce que tu as avec celui-là? Va à ton travail!»
Je m’en allai alors à mon travail. Puis, le soir venu, je rassemblai ce que j’avais et je sortis jusqu’à arriver auprès de l’Envoyé (ç), à Quba. J’entrai et je le trouvai avec un groupe de compagnons. Je lui dis : «Vous êtes des gens se trouvant dans le besoin et en exil, et j’ai une nourriture que j’avais consacrée à l’aumône. Quand on m’a montré votre endroit, j’ai vu que vous y avez plus de droit que d’autres gens. C’est pourquoi je suis venu à vous.» Sur ce, je déposais la nourriture. L’Envoyé (ç) dit à ses compagnons: "Mangez au nom de Dieu." Quant à lui, il s’abstint de tendre même la main. Je me dis alors: "Par Dieu! voilà la première chose. Il ne mange pas l’aumône." Après quoi, je retournai. Le lendemain, je revins â l’Envoyé (ç). avec une nourriture. Je lui dis: "Je t’ai vu que tu ne mangeais pas l’aumône.

• «Des hommes autour du Prophète»
Khalid Mohammad Khalid
Traduction : Abdou Harakat
Ed. Dar Al-Kotob Al-Ilmiyah
Beyrouth, 2001 – 224 pages

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