Sanaa Alami : l’art du nu et de la retenue

Sanaa Alami est une jeune autodidacte qui vient de tracer son chemin dans le domaine de l’art et de la peinture. Passionnée pour les formes et les couleurs dès son jeune âge, elle passera un bon bout de son enfance un crayon à la main, face à ses dessins animés favoris, en dessinant les personnages. C’est à l’âge de 5 ans, qu’elle a commencé à croquer et à dessiner les personnages de dessins animés privilégiés «Alice au pays des merveilles». «Depuis mon enfance, j’étais très attirée par les couleurs et les dessins, je crayonnais tous les personnages que je regardais», dit-elle. Née en 1975 à Tanger, Sanaa Alami a grandi dans un milieu artistique. Son père ingénieur dessinateur, sa mère styliste et son oncle décorateur, influenceront sa vision de l’art et l’imprégneront par leur engagement pour la création. Depuis son enfance, elle a voulu toujours être artiste-peintre. «Mon milieu familial m’a encouragée à percer dans le monde de l’art et de la peinture», avoue-t-elle. Mais ce n’est pas pour l’art qu’elle opte quand elle fait ses études. «Après avoir décroché mon Bac, j’ai fait des études en commerce international en suivant les conseils de mon entourage. Puisque ce domaine offre un parcours professionnel plus stable et rassurant», ajoute-t-elle. Mais, elle s’est retrouvée perdue dans ce domaine étrange pour elle. Sa passion et son amour pour l’art triompheront la poussant à s’inscrire en 1999 à l’Alliance franco-marocaine afin d’alimenter son autodidaxie. «Je me suis inscrite à l’Alliance afin de développer mes connaissances, mon talent et me perfectionner dans les techniques de l’huile et du croquis», dit-elle. Dans sa peinture, Sanae Alami présente la femme marocaine et plus exactement la femme traditionnelle. Elle la dévoile en toute beauté avec son haïk ou sa djellaba. Un style qui lui a permis de s’exprimer en tant que femme avant d’évoluer vers un nouveau style, le nu. Ce choix lui a permis de mieux exprimer ses idées et ses pensées. «Je m’inspire de moi-même pour faire mes toiles, j’essaye de libérer la femme», indique-t-elle. Et elle semble avoir trouvé la clef pour sa paix intérieure. «Mes toiles reflètent mes pensées, mes idées et mon âme», confie-t-elle. Et d’ajouter : «C’est par le biais de mes peintures que j’arrive à m’exprimer pleinement sans parole». Elle peint la liberté et la vérité, la solitude et la souffrance. Sanaa aime les couleurs chaudes comme le rouge, le rose foncé ou le marron. Sanaa se bat pour faire accepter son style. Aujourd’hui, elle expose pour la première fois dans un cadre artistique familial et chaleureux vingt cinq tableaux sous le thème «Femmes sans visage». Une exposition qui se déroulera jusqu’au 30 août au Chellah Beach Club à Tanger. Sanaa Alami, qui présente ses œuvres de peinture au public tangérois pour la première fois, entend partager sa vision, à la fois controuvée et réaliste, fougueuse et réfléchie, du corps féminin et des profonds secrets qu’il révèle. Secrètement. Pour elle, le silence assourdissant de ses corps sans visage exprime un romantisme, une fragilité tragique, et un bouillonnement vivace. Cette autodidacte prépare toujours dans le même contexte, le nu, une nouvelle collection en blanc et noir.

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