Succession d’Arafat : Les appréhensions d’Israël

« Cet incident illustre la lutte qui s’engage pour le pouvoir. Avant la tenue des élections, le premier objectif de la nouvelle direction devra être de désarmer les gangs qui font régner le chaos et l’anarchie », a déclaré à l’AFP un responsable de la présidence du Conseil israélien sous couvert de l’anonymat. « Nous sommes prêts, de notre côté, à aller au devant de cette nouvelle direction sur la question des élections, notamment pour ce qui concerne la participation au vote de la population de Jérusalem-Est qui doit faire l’objet prochainement d’un débat au gouvernement », a-t-il ajouté. Ce haut responsable qui estime que « c’est la rue qui règne aujourd’hui » dans la bande de Gaza, commentait la fusillade qui a éclaté à Gaza en présence de Mahmoud Abbas pressenti comme favori aux élections présidentielles annoncées pour le 9 janvier pour désigner le successeur de Yasser Arafat à la tête de l’Autorité palestinienne. Deux policiers palestiniens ont été tués lors de cette fusillade.
L’Autorité palestinienne réclame pour la bonne tenue, des élections présidentielles un retrait de l’armée israélienne des villes de Cisjordanie et le droit de vote pour près d’un quart de million de Palestiniens de Jérusalem-Est, occupée et annexée en 1967. Le gouvernement israélien devrait répondre positivement à cette attente, selon le haut responsable israélien. Immédiatement après la fusillade, M. Abbas a écarté l’hypothèse d’un attentat dirigé contre lui, mettant l’incident sur le compte de « l’émotion ressentie par la population » après la mort d’Arafat et « de la situation sécuritaire chaotique dans les territoires palestiniens » qu’il est urgent, selon lui, de traiter.
Pour le Haaretz qui fait sa « une » lundi, à l’instar du Yediot Aharonot et du Maariv, avec la photo de M. Abbas évacué dans la panique qui a suivi les coups de feu sous la tente de deuil dressée en l’honneur de Yasser Arafat, la fusillade était un clair « avertissement » au nouveau numéro un de l’OLP, « à ne pas mettre fin à l’Intifada ». « Les armes ont parlé. La fusillade a été le coup d’envoi de la bataille pour le pouvoir », estime le Yediot Aharonot. « Abbas mis dehors à coups de fusil », titre le Maariv. Connu pour ses positions modérées, l’ancien premier ministre palestinien avait appelé à la fin de la lutte armée, en présence du président américain George W. Bush et du premier ministre israélien, Ariel Sharon, lors du lancement officiel de la «feuille de route», le dernier plan de paix international, au Sommet tripartite d’Aqaba (Jordanie) du 4 juin 2003. « Israël fera son possible pour favoriser un processus démocratique et la tenue des élections parmi les Palestiniens », a déclaré le ministre israélien de la Défense, Shaoul Mofaz, à la radio publique israélienne.
La ministre israélienne de l’Education, Limor Livnat, une « dure » du parti Likoud (droite) du premier ministre, a elle-aussi indiqué à la radio qu' »il est de l’intérêt suprême d’Israël d’aider les modérés palestiniens à surmonter l’anarchie, en aidant à la tenue des élections ». « Les Palestiniens font face à un double problème : accéder à l’indépendance et à la démocratie », a déclaré de son côté à la radio le chef de l’opposition travailliste, Shimon Peres, reconnaissant toutefois « qu’en l’absence de l’une, il est difficile de parvenir à l’autre ». Pour créer les conditions d’une transition pacifique, M. Peres a engagé les Palestiniens « à unifier de toute urgence leurs 14 services de sécurité qui disposent de près de 60.000 hommes armés » et préconisé que les forces israéliennes « réduisent leur présence dans les territoires » palestiniens.

• Jacques Pinto (AFP)

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